Je n’entendis pas la porte s’ouvrir. C’est un craquement discret dans le bois de l’entrée, qui me fit tourner la tête. Il était là. Adossé au chambranle, les cheveux légèrement en bataille comme s’il avait marché contre le vent. Il portait encore cette veste sombre, celle qui lui donnait toujours l’air un peu trop élégant pour un endroit si reculé. Ses yeux verts, intenses et insondables, me fixaient avec une douceur tranquille. - T’es réveillée depuis longtemps ? demanda-t-il en posant ses clés sur le buffet, le ton posé, presque doux. Je hochai la tête, incapable de lui répondre tout de suite. Il s’avança, silencieux comme une ombre, et vint s’asseoir en face de moi. Son regard s’attarda une seconde sur mon assiette, puis sur ma tasse presque vide, et un sourire discret étira ses lè

