52En fait, Benjamin Girard se fichait complètement de Napoléon. Il avait choisi ce thème à l’insistance de son aîné et parce qu’il avait pensé qu’avoir un ancêtre illustre pouvait être un fameux atout de séduction devant les filles de bonne famille ; il aspirait en effet à faire sa place dans une société d’étudiants et ces racines profondes seraient un sésame idéal. Mais Benjamin s’était surtout lancé dans ce travail sur la Genève française pour faire plaisir à son demi-frère qu’il admirait plus que tout. On ne pouvait lui faire plus joli compliment que lui dire qu’il ressemblait à Lucas sur qui toutes les filles se retournaient. Et Lucas, lui, avait un seul amour : Héloïse. Benjamin le savait très bien. Cela ne datait pas d’aujourd’hui. Quand Lucas était encore à l’Université, il interdi

