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Un Yakuza dans le prè

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Blurb

Après le suicide brutal de son père, Aela, une Parisienne cynique au passé douloureux, se retrouve coincée à gérer seule la ferme familiale au fin fond de la campagne française. Entre dettes, vaches dépressives et voisins trop curieux, elle est au bord du burn-out.

C'est alors qu'un inconnu débarque. Un homme aussi mystérieux que séduisant. Kineshi Yamaguchi, mi-français, mi-japonais… et au look de Yakuza tout droit sorti d'un manga. Il répond à son annonce d'aide agricole... mais son passé semble aussi chargé que ses bras sont musclés.

Entre humour décapant, tension sexuelle, secrets bien enfouis et choc des cultures, Aela et Kineshi vont devoir apprendre à cohabiter. Et peut-être à se faire confiance.

Trigger Warning : Ce roman contient des scènes explicites. Réservé à un public adulte.

Pour les fans de slow-burn, d'humour mordant et de romances improbables.

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Épisode 1 :Inattendu
Il est midi. Et bien sûr, je suis déjà à la bourre. La traite des vaches ? Pas commencée. Les autres tâches ? Toujours là, souriantes et moqueuses, en mode : « Coucou, on t’attend depuis l’aube, feignasse. » Le camion de ramassage du lait est passé sans s’arrêter, comme un ex qui fait semblant de ne pas te voir dans la rue. « Quelle poisse », je marmonne entre mes dents serrées, tout en me demandant si une vache peut faire une dépression. Spoiler : moi, oui. Cela fait un mois que mon père a… disons, pris une décision définitive. Pas un accident, pas une maladie. Non, il a tout bonnement décidé de quitter la partie. En guise d’adieux ? Une lettre. Pleine de remords. Et, petit bonus : une montagne de dettes. Charmant, non ? À peine une heure après l’enterrement, j’étais déjà les bottes dans la merde, à nettoyer l’étable comme si de rien n’était. C’est fou, cette facilité qu’a la vie à te remettre au pas. Pas de deuil, pas de pause, juste une pelle et du foin. Moi qui avais juré, juré de ne plus jamais remettre un pied ici… me voilà engluée jusqu’au cou dans la vie rurale, à traire des vaches, oubliant jusqu’à la trace de ma vie d’avant. Alors oui, ma vie à Paris était tout sauf glamour. Serveuse dans un bar à cocktails, payée au lance-pierre, constamment à jongler entre les loyers impayés et les « clients » aux mains baladeuses. Mais au moins, c’était mon chaos. Ici ? Ce sont les dettes d’un autre. Et la terre d’un fantôme. Une semaine après mon retour, j’ai publié une annonce sur f*******:. Quelque chose du genre : « Cherche bras solides, prêts à échanger leur sueur contre une chambre confortable et trois repas (frugaux) par jour. » Résultat ? Trois appels de pervers, deux propositions louches et un type qui voulait juste squatter avec ses chèvres. J’ai laissé tomber. Mais il va bien falloir que je recrute quelqu’un. Avant que tout ça ne me tombe littéralement sur la tête. Ou que je m’effondre dans la boue, ce qui revient au même. À 15 heures, alors que je rêve secrètement de devenir une plante verte « zéro responsabilité, zéro dette », on frappe à la porte. Et là, surprise ! Jérémy. Le gars avec qui j’ai quasiment grandi. Et aussi le gars dont j’ai brisé l’égo d’un revers de main, il y a quelques années, quand il m’a proposé une vie de ferme, de marmots et de dimanches chez ses parents. Ironie du sort : me voilà, paumée, dans une ferme. Mais pas la sienne, merci. — Salut, dit-il. — Salut, je réponds. Traduction : « Dégage. » — Je voulais venir plus tôt, mais… tu sais, la ferme, le boulot, tout ça… Il parle avec son air de chiot mal dressé, la tête penchée, les épaules en dedans. Toujours aussi irritant. — Tu veux quoi, Jérémy ? craché-je. — T’inviter à mon Mariage. Ah. Bien sûr. Parce que ma vie manquait cruellement de malaises. Il me tend une enveloppe blanche. Probablement choisie par sa fiancée, modèle « chic rustique ». — Ton père a reçu une carte, au cas où tu ne l’aurais pas vue… — Ah. Je verrai si j’ai une minute entre deux existences. Traduction : « Compte pas trop dessus, mon grand. » Il a du culot, sérieux. Venir me parler Mariage quand mon père n’est même pas froid dans sa tombe. — Désolé. Le Mariage était prévu avant la… la mort tragique de ton père. Personne ne s’attendait à ce que… — À ce qu’il se suicide ? terminé-je, aussi tranchante qu’un couteau à désosser. — Oui… Il rougit, baisse les yeux. Gêné. Maladroit. Ridicule. — Vraiment ? Toutes ces dettes et personne n’a rien vu ? Je croise les bras. Et le regard. Glacial. Inébranlable. — Mon père dit qu’il aurait pu s’en sortir. Qu’il a juste paniqué… Oh, bien sûr. Le grand spécialiste du « après-coup ». Je serre les dents. Très fort. Si j’ouvre la bouche maintenant, je vais lui planter une fourchette dans l’œil sans cligner des yeux. — Bon, je… je vais te laisser. J’espère que tu viendras, quand même. Compte là-dessus, connard. Dès qu’il tourne le dos, je froisse la carte dans ma main. Direction : poubelle. Et franchement, elle n’aura jamais contenu quelque chose d’aussi sale. Quand le soir tombe, je traîne mes bottes jusqu’à la maison, complètement épuisée. Je n’ai rien mangé depuis ce foutu petit-déjeuner, et mon estomac se tord de douleur à chaque pas. Je sens mes jambes flancher sous la fatigue, mes bras vibrer à chaque mouvement. Même mes cils me semblent douloureux, ce qui, franchement, devrait être médicalement impossible. Alors que je m’approche de la porte d’entrée, mon regard accroche une silhouette figée devant moi. Large. Solide. Taillée à coups de serpe. Il a cette carrure de type qu’on ne bouscule pas sans y laisser une dent, avec des épaules assez larges pour faire de l’ombre à un lampadaire. Musclé, mais pas façon salle de sport en selfie — musclé comme quelqu’un qui porte des choses lourdes, souvent, et qui cogne quand il faut. Il est planté là tel un avertissement. Mon cœur bondit, prêt à détaler sans moi. Une goutte glacée me glisse dans le dos — parfait, il ne manque plus que la b***e-son flippante pour compléter ce chef-d’œuvre d’horreur à petit budget. Mais je serre les dents. Hors de question de reculer. J’attrape un vieux râteau appuyé contre le mur. Super. L’arme fatale du jardinage. Si ça dégénère, au moins j’aurai le style : « assassinée en défendant sa pelouse ». Je m’avance, le râteau brandi, avec toute la conviction d’une pro… qui n’a aucune idée de ce qu’elle fout. L’ombre, immobile, semble m’attendre. Elle ne bouge pas, pas même quand je fais crisser le gravier sous mes bottes. À mesure que je m’approche, je distingue ses traits. Un homme. Grand. Massif. Il porte une queue-de-cheval noire et se tient droit telle une statue. — Bonsoir ! lancé-je, la voix tendue mais ferme. L’homme se retourne. D’un mouvement lent, presque calculé. Son visage, sévère et sculpté, accroche aussitôt mon regard. Il a les épaules larges, le cou tatoué, et une posture d’une droiture presque militaire. On dirait un personnage échappé d’un autre monde. D’un autre temps. — Bonsoir, répond-il d’une voix grave, un léger accent glissant sur chaque syllabe. Il incline le buste avec une élégance parfaitement dosée — trop, justement. On aurait dit qu’il jouait à l’homme bien élevé pour mieux faire oublier le loup sous le costume. Je le fixe sans filtre, parce que les politesses, c’est pour ceux qui ont encore quelque chose à perdre. Ses yeux, noirs et brillants, m’analysent tel un objet d’étude. Pas d’agitation, pas de colère, juste ce calme précis, chirurgical. Le genre de calme qui annonce toujours une catastrophe bien emballée. Je reste figée un instant, hypnotisée par sa présence, avant de reprendre mes esprits. — Je viens pour l’offre de travail, dit-il. Je cligne des yeux. — Quelle offre de travail ? — L’annonce sur f*******:, précise-t-il, tout simplement. Il avance d’un pas. Ses mains tatouées captent aussitôt mon attention. Son cou aussi. Des symboles encrés s’étirent jusqu’à sa mâchoire. Je déglutis. — Mon avion a atterri du Japon hier soir, ajoute-t-il. — Un japonais ? Sérieusement ? — À moitié. Ma mère est française, répond-il avec un mince sourire. Je m’appelle Kineshi Yamaguchi. Il s’incline à nouveau. Mon Dieu, la beauté du métissage, c’est une arme de destruction massive. — Vous allez bien ? demande-t-il, alors qu’il relève son regard vers moi. — Oui… oui, bredouillé-je. Je suis Aela. Comme vous le savez sûrement déjà. Ma gorge se serre. Mon cœur cogne. Reprends-toi, Aela. Reprends-toi bordel ! — Le poste n’est pas encore pourvu ? enchaîne-t-il, la voix plus posée. Son regard, lui, est glacial. — Non, pas encore. Enfin… Il est toujours libre, oui. Mais vous débarquez sans prévenir, comme un épisode de gastro en pleine réunion, et j’ai besoin de savoir : est-ce que vous avez déjà bossé dans une ferme, ou vous comptez juste venir foutre le bordel avec style ? Je le fixe droit dans les yeux, genre scanner à bullshit. Qu’il cligne des yeux de travers, et je l’enterre sous le fumier, CV ou pas. — Je suis robuste. Résistant. Testez-moi, dit-il avec une assurance déconcertante. Ce n’est pas l’envie qui me manque, je pense en rougissant telle une idiote. — Très bien, je finis par répondre. Mais je précise une chose : ici, pas d’ambiguïté. Vous êtes logé, nourri, blanchi. En échange d’un vrai travail. Et rien de plus. — Bien entendu, dit-il avec un sourire qui me fait instantanément regretter mon « rien de plus ». — Demain, c’est jour d’essai. Je vous dirai le soir si je vous garde. Et si oui, on signera un petit contrat. — D’accord, acquiesce-t-il sans sourciller. — Vous êtes venu en voiture ? Vous avez un endroit où dormir ce soir ? — J’ai pris le bus jusqu’au village, puis j’ai marché. Et non, je n’ai nulle part où passer la nuit. Je le regarde. Une alarme clignote dans un coin de mon cerveau, genre gyrophare rouge accompagné d’un « tu vas le regretter » en boucle. Et pourtant, je sens déjà ma bouche s’ouvrir pour dire une connerie. Classique. C’est presque une tradition familiale chez moi : héberger les ennuis le sourire en prime. Je soupire et lâche : — Suivez-moi. Je le conduis jusqu’à la dépendance. Un studio simple, séparé de la maison. Juste ce qu’il faut pour rester à distance… Enfin, en théorie. — Voilà votre chambre pour ce soir, dis-je en poussant la porte du studio, le cœur battant un peu trop fort pour quelque chose d’aussi banal. — Vous avez votre espace à vous ici, j’ajoute d’un ton que je veux neutre, genre : « Je contrôle la situation », alors que pas du tout. C'était l’ancien repaire des skieurs l'hiver, le petit coin douillet que mon père louait à prix d’or à des parisiens en manque de neige et de pittoresque. Mais cette année, surprise : pas de vacanciers en doudoune fluo, juste un inconnu au look de samouraï tatoué. Sacrifice nécessaire, paraît-il. Il entre sans un mot, ses yeux explorent chaque recoin, aussi attentifs que ceux d’un chat face à l’inconnu. Le studio est modeste, oui, mais fonctionnel. Lit une place et demie, kitchenette qui sent le pin désinfecté, une salle de bains où tu peux te doucher et t’asseoir sur les toilettes si tu tends les jambes. Luxe rural. — C’est parfait. Arigato, dit-il avec ce calme désarmant qui m’agace autant qu’il me fascine. — Je vais avoir besoin de votre passeport, dis-je un peu trop sèchement, soudain très consciente de mon propre stress. — C’est une question de sécurité, au cas où il arriverait… quelque chose, je précise, comme si je n’étais pas en train d’imaginer sa photo dans un article de faits divers. Il me regarde avec une lueur de surprise, puis hoche la tête, presque solennel. — Je comprends. Et sans discuter, il sort son passeport de son sac à dos. Comme si c’était la chose la plus normale au monde de confier ses papiers à une inconnue vaguement boueuse, planquée au fin fond de la cambrousse. Je le prends. Vérifie la photo. Lui, en plus jeune. Même regard droit, même mâchoire trop bien dessinée pour mon propre bien. Super. Non seulement il a une tête parfaitement craquante, mais en plus, il est légal. Mon instinct de survie me hurle de le faire fuir. Ma curiosité, elle, s’installe avec du pop-corn. Je lui tends la clé du studio, et il s’incline légèrement. — Arigato, dit-il encore, avec ce sourire en coin. Le genre de sourire qui peut vouloir dire « merci » ou « je vais te découper en fines tranches pendant ton sommeil ». — Reposez-vous bien. Demain, ce sera le grand test, je préviens, presque en mode militaire. Je tourne les talons, histoire de ne pas rester plantée là à le fixer telle une ado en manque de jugeote. Je m’éloigne de quelques pas, les bras ballants, l’air de rien — sauf que mon cœur, lui, s’est mis à faire des claquettes comme un hystérique sur scène. Derrière moi, la porte se referme dans un clac sourd, marquant la fin de la scène avec un excès de solennité. Je me retourne et fixe le bois. Parce que manifestement, j’en suis à attendre que le bois me donne des réponses. Super. La dignité est morte, paix à son âme. — p****n de bordel de merde… qu’est-ce que je fous ? je murmure. Mais vraiment, qu’est-ce que j’ai foutu ? Je viens littéralement d’installer un inconnu chez moi. Un mec sorti de nulle part, qui a débarqué tel un mirage en queue-de-cheval et baskets poussiéreuses, et à qui j’ai remis une clé. Et si c’était un tueur en série ? Un ancien yakusa en cavale ? Un fétichiste du lait cru ? Je secoue la tête, me maudissant intérieurement. Trop tard pour faire marche arrière. Demain, peut-être, je serai découpée en morceaux dans le congélateur que je n’ai pas encore dégivré. Mais bon. Faut bien mourir de quelque chose. Et puis, soyons honnête : j’ai besoin d’aide. Pas de bras, pas de ferme. Et moi, je ne tiens plus la route. Alors je fais confiance à mon instinct. Même si, entre nous, mon instinct a la fiabilité d’un parapluie Ikea en pleine tempête. Disponible à l'achat ici : https://books2read.com/u/bpokMl

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