Le 05 décembre 2016, lundi, 21h00, Cité Djily Mbaye Dakar, Yoff
Bon un mois est passé depuis la dernière fois que je t'ai écrite et tout va bien. En un mois, ma relation avec Mouhamed s'est bien améliorée. En effet, nous nous sommes mis ensemble.
Il veut aussi que je lui raconte les conditions de la procréation d'Ami, que je lui parle de son papa ce que je ne compte absolument pas faire. Mais je vais te le dire à toi et à toi seulement cher journal.
C'était mon professeur de maths de l'année dernière : jeune, beau, souriant et gentil. A son passage, nombreuses étaient celles qui souriaient. Pas moi !
J'étais plutôt l'élève parfaite, polie, disciplinée, travailleuse. Cependant, mes notes commençaient à baisser petit à petit puisque l'une de mes amies me dérangeait durant ses cours. J'allais oublier de vous dire son nom : Mansour Ndiaye.
Il m'a alors appelé un jour à la récré pour me demander ce qui clochait avec mes notes. Je lui dis alors que je ne comprenais pas certains trucs. Il m'a alors proposé des cours particuliers. J'en ai alors parlé à ma mère et elle a été enchantée par l'idée. Tout se passais bien jusqu'à la préparation de la semaine culturelle avec les répétitions.
On ne pouvait plus s'entendre parler à l'école et il m'a donc proposé de passer faire la séance chez lui. Et je pense que c'est la plus grande erreur que j'ai faite de ma vie
Flashback
-bonjour monsieur, le saluais-je un peu fatigué du trajet fait.
-bonjour mademoiselle, entrez, me répondit-il
Je pénétrais alors dans sa maison et observais le hall d'entrée. Il était géant, dans les tons clairs et avec quelques tableaux accrochés çà et là. Une image parmi tant d'autres m'avait subjuguée : celle d'une mère tenant en enfant par la main. Quelque chose de doux et tiède se mit alors sur mon bras me faisant frissonner. Je me tournais alors vers la seule autre personne dans la pièce.
"C'est moi avec ma mère, me dit-il le propriétaire de la main. Elle est morte il y a quelques années.
-mes condoléances, lui ai-je, triste pour lui
-hum, fit-il, venez "
Il m'amena alors dans son salon où figurait une table à manger où nous nous assîmes. La première heure de cours se passa alors sans encombre. Puis, arriva ce qui devait arriver.
"-Mademoiselle, est ce que cela vous dérangerait que je vous appelle par votre prénom ? Demanda-t-il
-non bien sûr que vous pouvez m'appeler ainsi ..., lui répondis-je
-Mariama, je me souviens du premier jour où je t'ai aperçu l'année dernière, m'avoua-t-il, ta beauté m'a totalement subjuguée. Tu étais unique parmi tes amies : simple, naturelle, souriante. Quand je t'ai vue dans ma classe, j'ai pu ajouter un autre objectif pour te qualifier : Intelligente, j'ai pu t'observer et je connais tes manies par cœur ; que ce soit celle de te ronger les ongles quand tu es stressée ou même celle de cligner les yeux trop rapidement. A force de t'observer, j'ai senti cette admiration se transformer en autre chose, en un sentiment plus profond. Je suis profondément amoureux de toi, de ta façon d'être, de marcher, de parler. J'aime tout de toi et je serais plus que comblé si tu acceptais ne serait-ce que de t'te intéresser assez à moi, un simple professeur, pour accepter d'entamer une relation amoureuse avec toi.
-je, je ne sais pas, tu es mon professeur et c'est indécent, interdit, enfin je crois, bégayais-je alors
-cela n'est pas un problème, est-ce que tu m'aimes ?
-je ne sais pas, peut-être
-alors regarde-moi reprit-il, on peut faire ce que l'on veut de notre vie. Personne n'en saura rien. Alors je te le redemande : est-ce-que tu veux sortir avec moi ?
-euh oui, je veux bien."
Fin du flashback
Ce jour-là fut le début d'une relation dont ne connaissais l'existence que ma meilleure amie Bintou. Trois mois après, il ne convainquit de faire la pire erreur de ma vie : lui donner ma virginité.
A l'époque, j'étais encore innocente et tout est parti d'un bisou. Alors qu'il ne m'avait jamais embrassé sur la bouche, ce jour-là, il le fait bien. Et quand j'y repense, je ne peux m'empêcher de reconnaître qu'un agréable feu m'avait brûlé le ventre. J'étais confuse je pouvais plus penser rationnellement. On a passé une vingtaine de minutes à flirter et je lui ai avoué l'existence de ce feu qui brûlait agréablement mes entrailles. Et comme solution il m'a proposé de le faire.
Au début j'ai un peu protesté mais il a su me convaincre et faible, comme je l'étais, j'ai cédé. Après cela, je me suis senti sale, je ne voulais plus croiser ma mère dans la maison par honte.
Puis, lorsque je fus bien posé, vingt jours après je me suis souvenue que nous n'étions pas protégés. Je faisais alors un test de grossesse qui se révéla positif, Ne pouvant pas y croire, j'en fis alors deux de plus, qui à ma grande détresse, donnèrent un résultat semblable.
Je me dépêchais alors d'aller le dire à Mansour qui rejeta toute responsabilité, disant que rien ne l'assurait de la véracité de mes propos. J'ai bien essayé de le cacher à ma mère mais, perspicace, elle le découvrit bien rapidement. N'ayant aucun intérêt à cacher le nom du père, je le lui dis. Elle me regarda surprise et avec une lueur de déception dans les yeux. Je baissais alors ma tête et retournais dans ma chambre, quelques minutes après, je l'entendis parler à quelqu'un avant de m'endormir.
Le 01 janvier 2017, Dimanche, 12h00, Cité Djily Mbaye, Dakar, Yoff
Si tu savais comme je me sens mal. Je suis maudite, on dirait que toutes mes relations sont vouées à un échec lamentable. Après des semaines incroyables, me voilà de nouveau trahie. Hier je me sentais pourtant tellement bien, tout avait si bien commencé.
Flashback
J'avais parlé de ma mère d'aller prendre l'air seule pour pouvoir sortir et ça avait marché. J'ai donc pu aller à mon rendez-vous avec Mouhamed à chez Katia.
En arrivant, je l'ai aperçu adossé à une voiture en train de parler au téléphone. Je me suis donc rapprochée furtivement de lui pour lui faire la surprise et là je l'ai entendu dire « Je sais tout a mais elle m'énerve vraiment ».
J'allais me manifester lorsqu'il enchaîna « Je sais que c'est nécessaire de passer par là papa mais même lui parler m'énerve et en plus j'ai dû lui faire des compliments sur sa beauté inexistante pour pouvoir sortir avec elle. Vivement que tout ça se termine ».
Je me suis alors manifestée en lui demandant :
« -De quoi tu parlais Mouhamed ??
-Tu es déjà là mon amour ?? Je disais juste à un pote que j'avais hâte que l'année scolaire se termine... »
Il a essayé de me faire un câlin alors je l'ai repoussé en lui disant : « Tu parlais à un pote qui s'appelle papa ?? »
Il a ouvert la bouche pour se défendre, les yeux écarquillés alors que je renchérissais :
« -J'ai tout entendu, je voulais juste savoir si t'allais mentir ou non. C'est de moi que tu parlais ??? lui demandais-je en haussant le ton légèrement
-Je ne parlais pas de toi Aria, bégaya-t-il, qu'est ce qui te fais penser à ça ???
-Alors tu me trompes c*****d ?? Dis la vérité espèce de gros mytho.... Lui criai-je n'ayant plus aucun contrôle sur mes émotions »
Il ne dit rien pendant une bonne minute. Je me retournais alors pour m'en aller alors que mes larmes coulaient. Et quand il a répondu, ohhh je pense que j'aurais préféré qu'il se taise.
« Qu'est-ce que tu pensais ?? Qu'on est dans un film où c'est le populaire et la nouvelle ?? Je t'annonce que nous sommes dans la vraie vie ma pauvre et les mecs comme moi ne sortent pas avec les filles comme toi. Tu te penses irrésistible mai hum ma pauvre regarde toi dans un miroir... »
Sa réponse m'a détruite et je me suis enfuie en courant. Je pense que j'ai par la suite pleuré une bonne heure jusqu'à ce qu'il ne me reste aucune larme. J'ai pris un taxi en vitesse pour rentrer, dévastée.
Fin du flashback
NB : Je souhaite dire à tous mes lecteurs de se souvenir qu'un acte sans intérêt n'existe pas. XO XO