Partie 24:
Instinctivement je reculais et en un faux pas je me retrouvais au sol, tremblante de tous mes membres, rampant presque vers la cuisine sous le regard interrogateur d’Ariane.
- Chancy c’est comment ? Demanda-t-elle inquiète en nous regardant à tour de rôle Marc et moi.
- Peux-tu nous laisser seuls s’il te plaît. Demanda gentiment Marc à Ariane.
Cette dernière ne se fit pas prier et se rendit dans la cuisine en jetant un dernier regard d’inquiétude. Je regardais Marc comme si j’avais vu un revenant, un monstre que dis-je la mort elle-même. Je n’arrivais plus à penser tranquillement, j’étais toujours au sol en tremblant, Marc s’approcha de moi mais j’essayais de ramper en arrière, je m’agrippais au bord de la porte en serrant très fort comme d'une corde à laquelle je m’agrippais.
- Ophélie. Dit-il calmement.
Mon être tout entier trembla à l’entente de mon prénom, comme si un être fort venait de le prononcer j’avais dès lors l’impression de voir ma vie défiler, sans que je ne m’en rende compte et ne compris pourquoi je pleurais, je pleurais à chaude larme, je pleurais de peur.
Marc se rapprocha encore de moi, mais j’essayais toujours de m’éloigner au maximum de lui, je n’avais plus la force de faire quoi que ce soit, ni de réfléchir, de parler et encore moins de me lever, j’essayais en prenant le bord de la porte comme appui mais rien mes pieds ne m’obéissaient pas ils étaient comme paralysés.
Ne trouvant pas d’issue j’enfuis mon visage contre la porte en pleurant silencieusement, je n’avais qu’une seule envie fuir, m’en aller le plus loin possible, comment m’avait-il retrouvé ? Je l’ignorais, je ne voulais même pas le savoir à l’instant précis.
Je sentis une présence dans mon dos, celle de Marc mais je n’osais pas me retourner j’avais bien trop peur d’affronter son regard, de l’affronter lui, je n’étais pas prête, je ne m’y attendais pas, je ne voulais même pas m’imaginer qu’il puisse prendre l’avion pour venir, GOD j’avais oublié qu’il n’était pas pauvre, qu’il avait les moyens mais j’espérais au plus profond de mon être qu’il ne le fasse pas.
Marc passa ses bras autour de moi et me porta, il se dirigea vers le canapé où il m’allongea tendrement, je restais cloîtrée me réfugiant entre mes bras en tournant dos à Marc, je n’osais pas le regarder malgré le fait que je ne comprenais pas son geste.
- Ophélie.
Je tremblais encore GOD ! L’homme-là me fait quoi comme ça ohhh !
- Ophélie je te parle.
- Je… Je… T’écoute… Prononçais-je avec difficulté et Dieu, l’homme-là me fait quoi comme ça !!!
- maintenant regardes moi.
- Non…
- Ophélie ! Ne m’énerve surtout pas, je te parle calmement de grâce ne te fais pas prier !
- je n’y arrive pas…
- humm (expira-t-il). Ok.
- Je… Je ne sais pas tu me fais peur… Laissai-je tomber.
- Pardon ? kiakiakiakiakiakiakia je te fais quoi ?
- Je suis coupable Marc. Mon Dieu qu’est-ce que je raconte ohhh je suis en train de me vendre ça c’est quoi !
- ok.
- Je… Je t’ai trompé Marc, je… Et te voir là me fais peur, je ne sais pas comment tu m’as retrouvé, je ne sais même pas comment tu… Ah Seigneur. Dis-je en me retournant. J’ai péché.
Croyez-moi, je n’y comprenais rien, absolument rien, je n’arrivais pas à réfléchir, mes paroles sortaient toutes seules et pourtant j’essayais tant bien que mal de les retenir mais rien, elles coulaient comme de l’eau de roche, j’avais l’impression d’avoir ingurgité un sérum de vérité sans même comprendre le comment.
- Je m’en excuse Marc…
- je te l’ai toujours dit Ophélie, une faute avouée est à moitié pardonnée.
- je sais Marc. Dis-je en baissant la tête. J’étais désormais assise en gardant la tête baissée et en fixant le sol, Marc n’aurais pas fait le déplacement juste pour me dire « une faute avouée est à moitié pardonnée » je le connaissais trop bien, à vrai dire j’avais peur qu’il me batte.
- Ophélie. Dit-il durement.
- … Je levais légèrement mes yeux vers lui mais les rabaissait aussitôt, Marc avait durci son visage et je sentais qu’il se retenait au plus haut point pour ne pas m’administrer des gifles.
- Je vais te poser des questions et tu ferais mieux de me répondre sincèrement gare à toi si tu me mens.
J’hochais la tête en guise de oui sans rien dire.
- Comment s’appelle-t-il ?
- Karim.
- Karim chien !? Hurla-t-il
Je sursautais de plus belle en m’écriant « DAH, Karim DAH » en aucun cas je ne voulais lui donner tout son nom, ne sachant pas pourquoi Marc me demandait son nom complet je décidais de garder certains détails pour moi.
- Quel âge a-t-il ?
- … Pourquoi me demandes tu…
- OPHELIE NE M’ENERVE SURTOUT PAS ET REPONDS !!
Mon Dieu si j’avais une carapace je me serais refugiée à l’intérieure « 24ans, 24ans » répondis-je en tremblant, je ne cessais de me demander comment cela aurait été si nous étions mariés Marc et moi, si déjà le simple fait d’être sa petite amie le faisait réagir ainsi alors étant sa femme j’aurais surement reçu des coups.
- Il fait quoi dans la vie ? Etudiant je suppose.
- Oui il est en dernière année d’étude.
- Bref, vous êtes ensemble depuis combien de temps ?
- … Je roulais des yeux, Marc me rendait folle, il me posait là la question que je redoutais le plus GOD je suis dans la m***e, je levais légèrement mon regard vers lui mais l’expression de colère qu’il affichait me laissait perplexe, j’avais là une forte envie de mentir comme quoi nous sommes ensemble depuis 2 semaines un truc du genre et que c’était un accident que sais-je mais ma conscience me l’interdisait fortement.
- J’attends une réponse madame.
- je… Marc… Excuse-moi…
- tes excuses ne répondent pas à ma question.
- presque deux mois… Laissai-je sourdement tomber.
- Pardon ???
- Presque deux mois Marc…
- COMMENT CA !!!!!!!
GOD !!!!!! Je pleurais de tout mon saoule, qui m’a même envoyé !!!
- Arrêtes ! Arrêtes ta comédie là !!! Presque deux mois tu dis !!!
- …. Sniiif excuse-moi Marc… Sniff excuse…
- FERMES-LA !!! Tu m’as donc fais passer pour un fou or mes doutes étaient fondés ! C’est ça !
- sniiif Marc non, non ce n’est pas ça… Sniiif Je me jetais à ses pieds en pleurant de plus belle, il durcit à nouveau son visage en me regardant fermement.
- Vous avez couché ensemble ?
PAMMMMMMMMM (le coup de feu qui résonnait dans ma tête)
**** mens, mens, mens ****
*** surtout pas ! Il va te tuer ohhhh ! ****
Voilà que le combat entre le bien et le mal avait commencé, tandis que ma conscience me dictait de dire la vérité cette autre maudite voix me dictait de mentir pour m’en sortir…
- ….
- J’attends une réponse Ophélie et n’essaye pas de me mentir car je vérifierai cela, ça se sent quand une femme n’a pas eu de rapport alors gare à toi.
Vérifier !!! KIEEEEEEEEEEEEEEEE J’étais là dans une impasse, comme une gazelle prise au piège je n’avais d’autre choix que de me livrer.
- Je ne comptais pas te mentir Marc, à quoi bon cela servirait-il.
- ok.
Je pris une profonde respiration avant de prononcer un « oui » à peine audible.
- Pardon ? Que dis-tu ? Ophélie parle plus fort ! Quand c’est pour ouvrir ta gueule et me donner tort tu es forte ! Alors parle maintenant comme d’habitude ! Fais ta grande gueule et réponds-moi p****n !
- Oui Marc. Sniif Oui on a couché ens… Je n’eus le temps de finir ma phrase que Marc bondit du fauteuil, les mains sur la tête en s’écriant « QUOI !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! », je bondis à mon tour derrière le canapé en me recroquevillant.
- Ophélie non… Laissait-il tomber. Non Ophélie… Ajouta-t-il faiblement… Ophélie… Cela ressemblait plus au dernier cri d’un animal blessé qu’à autre chose.
Prêt d’un quart d’heure s’écroula sous le silence de Marc qui avait gardé la même position, le silence régnait dans la pièce, j’avais envie de ramper jusque dans ma chambre mais ce dernier me verrait, je décidai donc de ne rien faire et de ne surtout pas bouger.
- Tu… Ophélie… Toi… Balbutiait-il d’un air perdu.
- …
- dis-moi que tu plaisantes.
- …
- Ophélie dis le moi s’il te plaît.
- …
- Ophélie…
Je me levai armée de courage je me rendais vers lui, j’avais l’impression qu’il m’appelait à l’aide, que la douleur que je venais d’infliger à son cœur était son égale et que je devais le traiter comme cela. Marc n’avait plus cette expression de dureté de tout à l’heure, son visage ne laissait paraitre que douleur, je crus voir des larmes dans ses yeux mais elles ne coulèrent pas. Je me blottis contre lui comme pour le réconforter, je réalisai à cet instant que ce que je ressentais pour Marc était son égale.
GOD ! Qu’avais-je fais ! Qu’avais-je fais ! La distance m’avait transformé, la solitude, l’adaptation, la vie chez mon oncle Dieu tous ces facteurs avaient fait de moi un monstre, j’avais fait du mal à mon homme mais surtout à mon être car oui j’avais mal, j’avais énormément mal non seulement de voir Marc ainsi mais je m’en voulais également, je me sentais tout à coup sale, repoussante, dégueulasse mon Dieu Marc ne m’aimerait plus jamais !
Je venais là de briser un amour fort, un sentiment sans nom, une vie, un monde, le nôtre… Marc ne me repoussa pas mais il ne m’accueillit pas non plus dans ses bras, il se contentait de ne rien dire.
- Excuse-moi Marc, mais c’est toi que j’aime, je le jure c’est avec toi que je veux être, je ne veux pas gâcher ce que nous avons construit…
- Tu l’as fait Ophélie. Dit-il en me repoussant. Tu l’as fait. Je… Je ne sais plus où j’en suis… J’ai besoin de prendre mes distances.
- Marc je…
- Non s’il te plaît ne dis rien, s’il te plaît.
- …
- Saches juste que je t’aime Ophélie, je t’aime plus que tu ne te l’imagine, je ne sais pas ce que je vais devenir maintenant mais je suis un homme, j’ai l’habitude des coups durs, j’ai l’habitude d’être déçu mais je ne sais pas, je ne crois pas que mon amour pour toi sera encore pareil.
- …
- Je ne sais même pas si j’arriverai à te pardonner. Si tu t’es aussi facilement donné à lui comme une p**e…
- Ne dis pas ça sniif non, ne me dis pas ça sniiiff…
- Mais c’est ce que tu es devenue Ophélie, une p**e ! Tu t’es donnée aussi facilement à un inconnu pendant que moi j’ai dû attendre 3 MOIS ! Trois putains de mois pour que tu te donnes à moi mais en l’espace d’un mois tu t’es donné au premier venu, je ne veux même pas savoir quand a eu lieu votre première partie de b***e…
- Sniiiif Marc non, ne parle pas ainsi sniiif, Marc pardon ne parle pas ainsi sniiif pardon Marc pardon…
Que me lance la première pierre celle ou celui qui n’a jamais péché, nous ne savons pas de quoi est fait demain, cela ne sert à rien de me juger, apprenez juste de mes erreurs. Chacun de nous à ses fautes, chacun d’entre nous s’est au moins retrouvé 3 ou 4 fois à mentir à celui ou celle qu’il aime.
Je ne dis pas que toutes les femmes sont infidèles et que tous les hommes le sont mais nous faisons tous de ceux que nous aimons ceux qu’ils sont ou deviennent dirai-je, si j’avais su à cette époque que ma bêtise changera définitivement Marc et ferait de lui celui qu’il est devenu par la suite sachez que je ne l’aurais jamais faite mais la vie étant ce qu’elle est nous laisse parfois devant des épreuves semblables à des casses têtes chinois.
- Tu es une p**e Ophélie… Dit-il en me regardant avec dégoût. Mais malheureusement tu es la p**e que mon cœur a choisi.
Cela me faisait tellement mal entendre Marc m’appeler ainsi, tellement, pour moi connaitre un autre homme était important, je voulais être sûr que plus tard j’aurais à douter de la façon dont mon homme me ferait l’amour à l’allure où évoluait ma relation avec Marc j’étais convaincue qu’il deviendrait l’homme de ma vie, celui avec qui je partagerais mon lit, si je n’étais pas déjà fiancée j’aurais envisagée une certaine possibilité qu’il le devienne toujours mais bon comme je le dis la vie est telle qu’elle est
- Non Marc je ne suis pas une p**e, sniif je t’ai trompé je le sais, j’ai eu des moments de faiblesse, j’ai craqué, j’ai été curieuse de vouloir goutter autre saveur que la tienne, juste pour comparer, juste pour être sûr qu’il n’y a que la tienne que je voudrais à vie, sniif pour ne pas être tentée et prise par cette curiosité plus tard lorsque nous serons marié par exemple, sniif j’ai voulu pécher maintenant, je me sentais si faible, tu étais si loin et ta jalousie excessive n’arrangeait pas les choses. Je me suis sentie si seule, j’ai eu de ces moments difficiles, je criais à l’aide et Karim est tombé à pic, au moment où j’avais le plus besoin de quelqu’un, de toi, tu étais sensé venir mais tu ne venais pas, l’attente devenait insupportable et je… J’ai… Sniiif je l’ai fait. Mais je ne suis pas une p**e Marc, sniiif non je ne le suis pas…
- ok. Alors tu es quoi ?
- Une femme Marc, une femme avec des faiblesses comme tout être humain, j’ai connu des moments de faiblesse mais cela ne fait pas de moi une p**e, non Marc, non…
- je ne peux m’empêcher de te voir ainsi… Maintenant je te vois ainsi… Auparavant je voyais en toi une femme, ma femme, un temple sacré dont seul moi avait la possibilité de pénétrer mais maintenant… Maintenant Ophélie… Tu es une femme faible, tu n’as pas su te conserver, tu as succombé à ta faiblesse… Je hum, j’ai besoin de temps. De beaucoup de temps.
Je ne disais rien et continuais de pleurer silencieusement.
- Rahanne…
Je me redressai brusquement qu’est-ce qu’elle venait faire dans notre conversation ! Marc comptait-il prendre sa revanche ? Avec elle ? Non, il n’oserait pas, il n’oserait pas !
- C’est par elle que j’ai eu ton adresse. Dit-il pour répondre à mon interrogation muette. Elle a demandé ton contact à ton amie qui vit en Angleterre, je n’ai pas fait de magie pour atterrir ici j’ai juste remué ciel et terre pour te retrouver, pour t’entendre, te voir, mais surtout avoir des réponses, je les ai eu Ophélie et je m’en doutais, seulement je venais ici avec l’espoir que tout cela était faux.
- … sniif.
- Mais j’ai une dernière chose à te demander.
Je levais mes yeux embués de larmes vers lui en une muette interrogation.
- Je veux voir ton fameux petit copain.
- Par… pardon ???
- Tu as très bien entendue, je veux vous voir tous les deux, je suis encore sur paris pour 1 semaine, je suis dans le 73, voici mon numéro et l’adresse. Dit-il en me remettant un bout de papier. Je vous attends tous les deux, je veux voir le visage du c*n qui a aussi pénétré mon temple, tu as 4 jours Ophélie, ce délai passé s’il ne s’est pas présenté avec ou sans toi, je viendrai ici et sois en sûr je serai moins chaleureux que ce soir.
Marc s’en alla sans que je dise mot, je restais là ébahie ne comprenant pas sa dernière requête, j’avais surtout peur, pour Karim je ne savais pas ce que Marc lui réserverait mais je connaissais mon homme je savais qu’il ne pouvait supporter qu’un autre homme que lui me touche GOD que va-t-il faire à Karim !
Je n’arrivais même plus à pleurer, j’étais restée dans la même position mon bout de papier en main telle une statuette lorsqu’Ariane fit son entrée en tapant dans main.
- Je me disais bien que la bouille du gars là me disait quelque chose mais je ne me souvenais pas. Dit-elle.
Je la regardais sans rien dire évidement que son visage lui disait quelque chose, Marc est un footballeur connu dans notre pays donc…
- C’est le footballeur là non ? Demanda-t-elle, cela semblait plus être une affirmation qu’une question. Marc Bengone, le footballeur non.
- heu oui…
- Donc tu le connais même hum si j’ai bien suivi votre conversation c’est ton boy hein. Dit-elle d’un air de dégout.
- heu oui.
- pff dans tout le Gabon là c’est lui que tu as trouvé. Je vais te dire la vérité, je le déteste et pour celà je ne veux plus voir sa tronche dans ma maison.
- qu’y a-t-il ? Demandais-je sceptique.
- Avant de sortir avec des gens, renseigne toi d’abord sur leur vie. Ton Marc là c’est un Salop de la pire espèce.
- hein ? Comment ça ? Je ne comprends pas.
- Beaucoup de gens le déteste à cause des choses qu’il fait, et franchement ce n’est pas quelqu’un qui en vaut la peine, tu n’es pas obligée de me croire encore moins de m’écouter mais c’est un conseil que je te donne là, renseigne toi bien sur la vie des personnes avec qui tu sors avant de te mettre en couple avec eux.
J’étais abasourdie, qu’est-ce qu’Ariane voulait me dire par là…
****** Notez bien une chose mes amours, un Homme vit avec un passé, un présent et un future, lorsque nous, nous mettons en couple nous devons faire une croix sur le passé et ne profiter que du présent et espérer faire partie du futur, quand on est du présent il vaut mieux ne jamais laisser le passé essayer de vous nuire encore moins essaye de le remmener ********