8 Durant leur séjour, les matelots rescapés ne purent guère goûter aux plaisirs qu’offrait Saint-Pierre. Ils restèrent confinés au sein des bâtiments du sanatorium, n’en sortant que rarement pour se mêler à la vie des habitants. Ces derniers étaient partagés entre l’empathie naturelle que tout îlien ressent à l’égard de marins ayant survécu à un naufrage et l’horreur éprouvée quant aux nombreux morts que celui-ci avait entrainé. Les hommes furent admis au sein de la petite société saint-pierraise, mais personne ne chercha à se lier intimement avec eux. Tout le monde avait hâte qu’ils puissent quitter la colonie. Le temps s’étant considérablement détérioré durant cette période hivernale, les liaisons maritimes furent grandement perturbées et le port fut même pris dans les glaces. Un navire

