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9 Saint-Pierre, 19 février 1874 On l’appelait le Chinois ou bien encore Confucius bien que beaucoup sur l’île ignoraient à qui se rapportait ce patronyme. Cela faisait maintenant plus de six ans qu’il s’occupait de blanchir et de repasser le linge qu’on voulait bien lui confier. Installé dans une minuscule échoppe peinte en bleu sur le quai de la Roncière, il profitait de l’arrivée de chaque bateau relâchant dans le port. Les membres d’équipage et principalement les gradés lui apportaient leurs effets pour être lavés. Il travaillait seul et ses journées commençaient dès cinq heures pour parfois se terminer après vingt-deux heures. Lorsqu’il avait débarqué à Saint-Pierre, on l’avait regardé d’un œil torve. Après tout, c’était la première fois qu’on voyait un chinois en ville. Bien sûr, on

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