Chapitre8
-Je ne veux pas que tu partes.
-Mais tu sais que c’est pour le boulot.
-*(Ma bagne, ma bagne) * Je refuse tu n’iras nulle part.
-Soumaya, arrête ces enfantillages sinon…
Je l’interromps par un b****r langoureux tellement sensuel qu’il cherche autre chose.
-Mon chéri, si tu me laisses toute seule je jouerais avec qui, je rigolerais avec qui
Il me prend dans ses bras et me fait un bisou au front.
-Mais c’est juste pour une semaine mon cœur.
-Une semaine t’es sérieux, ou je ne pourrais ni te toucher ni t’embrasser.
-Toi quand tu refuses de comprendre personne n'y peut rien, mais remets moi mon passeport.
-Non non, pourquoi c’est obligatoire que t’aille là-bas ?
-On doit discuter des contrats et autres.
- Mais il y a skype et autres pourquoi vous ne le faites pas vos réunions là-bas.
-*(guiss nga yaw danga réw)* Tu sais toi t’es trop mal éduquée donne-moi mon passeport avant que je prenne des mesures drastiques.
-Ce n’est pas la peine de me faire peur.
-Tu sais la dernière fois que t’avais fait cela, je ne suis pas part et j’avais failli perdre le contrat. Et je crois que tu te souviens de ta punition.
-C’est bon je te le rends.
Plus jamais une punition pareille, il est trop sadique quand il veut.
-C’est mieux pour toi. Dit-il en me souriant
Moi je boude en allant lui chercher son passeport que j’avais caché et reviens le lui donner. Je me pose sur le fauteuil et ramène mes jambes contre ma poitrine.
Il se penche derrière moi, son visage sur mon cou.
-*(Kharitou khol)* amie de mon cœur, ne me boude pas toi aussi.
Il vient devant moi, me soulève et me pose sur ses jambes en me berçant.
-Je n’aime pas te savoir fâchée quand je prépare un voyage, c’est juste pour une semaine peut être que ce sera juste pour cinq jours.
Je me tourne vers lui et le regarde dans les yeux. Il est beau macha’allah mon bébé.
-*(Yaw danga maye nakh rek)* Toi tu me nargues seulement.
-Jamais ma princesse, et arrête de me regarder comme ça sinon je vais être obligé de te faire du sale.
-Je te regarde comment ? Lui disais-je en faisant celle qui ne comprend pas.
-Haha tu te souviens avant qu’on ne sorte ensemble, tu me faisais tout le temps les yeux doux quand je venais chez mon oncle.
-Arrête de raconter des bêtises, c’est plutôt toi qui essayais de me draguer.
C’est vrai, en plus à chaque fois que je savais qu’il allait venir je me faisais « belle » ; même un jour ma mère m’avait dit de me laver, et je continuais à jouer à l’élastique avec mes amies, mais dès que je l’avais vu, je suis partie tel Usain Bolt pour me laver.
Malheureusement pour moi il y’avait déjà des gens qui attendaient leur tour, et quand mon tour était enfin arrivé et que je me suis préparée, parfumée et tout, j’étais sortie en faisant la belle ; et là j’entends qu’il était partie et qu’il était juste de passage. J’avais tellement pleuré cette nuit-là que je n’avais pas pu dormir. Mais ça, il ne le sait pas.
-Tu étais trop méchant, tu savais que je te kifais, mais toi tu amenais tes copines avec toi sans même t’en cacher et tu étais partie en Europe sans même me le dire.
-Lol c’est vrai que tu avais toujours le visage en feu quand j’étais accompagné et pour le voyage, je ne voulais pas te faire souffrir.
-Hum ah c’est pour cela que quand tu es rentré et tu as dit qu’on devait parler, la première chose que tu as faite quand on a été seul c’est de m’embrasser.
-Hé ne fait pas ta sainte, tu ne m’avais pas repoussé je te signale, en plus, tu avais de la chance ce jour-là.
- Je ne sais pas pourquoi tu es si pervers, mais tu vas me manquer bébé, mais promets-moi qu’on se parlera toutes les minutes.
-T’es trop têtue mais à chaque instant, oui.
Je l’embrasse et lui donne son avant dernier goût avant son départ.
QUELQUES HEURES PLUS TARD
C’était bientôt l’heure pour le départ de mon bébé, j’ai tout tenté dans la journée pour l’amadouer mais rien. Il veut toujours partir.
Lui : Tu ne vas pas m’accompagner à l’aéroport
Moi : Bien sûr que si.
-Hé ce n’était pas une question mais un ordre.
-Pourquoi ?
-Tu as oublié, la dernière tu avais tellement pleuré que les gens autour pensaient que je t’abandonnais à jamais, en plus t'avais sort des mots, genre 'ne me quitte pas’.
Je rigole et m’agrippe à son dos et lui souffle à l’oreille.
-Tu ne comprends rien du romantisme toi.
-Toi, je crois que tu regardes trop de films romantiques.
-Ah c’est pour alimenter mon esprit.
- Trop folle, fais-moi un bisou et sois sage ; tu vas trop me manquer.
Je lui prends ses deux mains et l’apporte près de ma bouche.
-Tu fais quoi
-Je te récite Ayatoul koursiyou, comme ça Dieu va te protéger et les autres aussi pour que vous fassiez un bon voyage et que tu rentres sain et sauf. Je te remets à Allah.
-Merci, je t’aime.
-Je t’aime aussi.
Je l’accompagne jusqu’à la voiture et lui fais un long bisou d’au revoir avec les larmes, je n’aime pas quand il part aussi loin. Après son départ je vais prier et me coucher.
TROIS JOURS APRES
Ma’ : Tu dois être triste avec son voyage.
Moi : Trop même, mais ma' ces temps si je fais des rêves étranges où quelqu’un me dit de ne pas croire à tout ce que j’entends, que ma vie allait être chamboulée et qu’un désastre est en cours. J’entends juste la voix mais je ne vois jamais personne.
-Hum c’est étrange en tout cas, attends que ton père arrive, je lui en parlerai.
Je me lève et va à la cuisine continuer le repas. Quand bébé part en voyage, la plupart du temps je vais chez ma belle-famille. Après avoir préparé le dîner, je me lave et me couche. Depuis ce matin, j’harcèle monsieur avec des messages, je l’appelle et ça sonne dans le vide. Je n’aime pas quand il fait le mort avec moi.
J’étais en train de dormir quand j’entends la sonnerie de mon téléphone.
Moi : allô !!!
Lui : Salut, il se passe quoi ? J’avais oublié mon téléphone à l’hôtel.
-Hum et tu ne pouvais pas demander à tes collègues ou je ne sais pas de te prêter un phone pour me rassurer ?
-Tu sais quoi, c’est ça ton problème tu vois le mal partout.
-Moi : Je vois, je vois le mal partout ; tu sais quoi je te rappellerais quand je verrai le bien.
Je raccroche. Bon c’est vrai que je suis un peu capricieuse et chiante ; mais je lui en veux toujours de m’avoir laissée même si c’est pour le travail, en plus je n’aime pas rester toute une journée sans nouvelles de lui. Je décide de me rendormir mais après quelques minutes je vois que je n’y arrive pas, donc je décide de l’appeler pour m’excuser mais une voix me dit que c’est à lui de demander pardon. Sur ce, j’éteins le téléphone afin de diminuer la tentation de le rappeler, il va être furax quand il tombera sur mon répondeur. Tant mieux il va vouloir rentrer plus vite.
Ça fait plus d’une heure que je n’arrive pas à me rendormir, donc je rallume le portable et voit des appels manqués ainsi que des messages. Wow je pense avoir poussé le bouchon un peu loin pour si peu. Je décide de le rappeler mais ça sonne dans le vide, quand il se fâche il refuse de parler, jusqu’à ce qu’il se calme ; mais je suis quelqu’un de têtu je commence à lui envoyer des messages.
~T’es fâché ~
Pas de réponse
~*(Wa mala togne, balema)* C’est moi la fautive, pardonne moi~
Encore pas de réponse
~Depuis tout à l’heure je pleure, répond moi s’il te plait j’ai besoin de toi. ~
Quelques minutes après il me rappelle
-Pourquoi tu pleures alors que tu sais que t’es en tort ?
-Je sais, suis désolée *(bale ngama)* Tu me pardonnes
-J’aurai quoi en contrepartie ?
-Tu es très dur en affaire.
-C’est pour cela l’entreprise fonctionne bien.
-Ok ce sera une surprise.
-Hum j’ai hâte, mais sinon comment va Mouhamed et la famille ?
-Et si c’est pour ça raccroche tout le monde va bien, tu rentres quand ? Je veux te voir.
-Allume ton ordi, on va parler par Skype comme tu disais.
-Pf t'es méchant.
On se parle presque toute la nuit.
********
Deux mois de sérénité, de paix et de bonheur se sont écoulés. Pourtant depuis quelques temps, je ne me sens pas bien, Je suis tout le temps fatigué et de mauvaise humeur.
J’entends la voiture de monsieur rentrer. Mais je ne sors pas, en fait je n’ai envie de rien. Je veux juste m’enfermer et me reposer, pourtant je ne fais rien de mes journées, si ce n’est passer dans mes boutiques. En fait je n’ai même plus envie de faire la cuisine et quand je décide de le faire, je ne le termine jamais, tout me donne la nausée maintenant.
Monsieur : *(tay guénno guatandouma.)* Aujourd’hui t’es pas venue m’accueillir
Moi: Hum je suis fatguée.
-Je t’avais bien dit de laisser Marianne gérer les boutiques pour toi.
Marianne c’est une de mes demi-sœurs, elle ne voulait plus étudier après son bac, donc je lui ai délégué la charge des boutiques.
- Oui, oui mais sinon comment s’est passée ta journée ?
-Pas terrible, il y’a de nouveaux investisseurs et plus de demandes pour la création de nouveaux bâtiments. Al hamdoulilah tout semble bien marcher.
- D’accord Dieu est Grand.
Quand j’ai voulu me lever, je me suis sentie un peu étourdie, j’ai failli même tomber mais heureusement monsieur m’a rattrapée. Là ça devient inquiétant.
-Ma chérie tu vas bien ?
-Oui je pense que c’est juste une baisse de tension, rien de bien grave.
-Non non je préfère qu’on aille à l’hôpital, c’est plus sûr.
-Wah mais pas aujourd’hui, là j’ai juste envie de dormir.
-Tu es sûre bébé
-Oui mon cœur, aide-moi juste à aller dans la chambre.
Monsieur me prend dans ses bras et me conduit dans la chambre, il me pose délicatement sur le lit et augmente le volume de la clim. Et me fais une bise sur le front, je m’endors directement.
DANS LA PEAU DE KHALIFA
Je ne sais pas comment elle a fait pour avoir mon nouveau numéro parce que je l’avais changé pour ne plus avoir de problèmes avec ma femme. C’est surement Diodio qui le lui a donné, celle-là il faut qu’on parle parce que je crois que je lui laisse trop de liberté. Je décide donc de l’appeler.
TIN TIN
- Allo Diodio, tu es chez toi
-Oui.
-Ok j’arrive.
Je décide de ne même pas me changer et remonte dans ma voiture.
**********
-Diodio, c’est vrai que tu es ma sœur, mais ce n’est pas pour autant que tu dois croire avoir tous les droits.
-(Khana sa diabar diou seuytaané bi moma fénalat.)* C’est encore ta maudite sorcière de femme qui me calomnie ?
-Hé je ne te permets pas ok Ma femme n’a rien à y voir et laisse la tranquille. Je parle plutôt de ta chère amie Amina *(nénako nama bayi tout tranquille sou bakhone doumako f bayi takk Soumaia.)* je lui ai dit de me laisser tout tranquille, si elle était une bonne femme jamais je n’aurai choisi Soumaya à sa place.
-Mais c’était une erreur, ce gars l’harcelait.
-Han donc il l’harcelait tellement qu’elle lui a envoyé des photos nues d’elle ? Et je suis sûr que ce n’est pas la seule chose qu’elle ait faite, c’est une vraie vipère et heureusement pour moi que je m’en suis débarrassé.
-*(Wa yaw est ce que wouyou ngako bimoula wowé.)* Mais toi est ce que tu lui as répondu la dernière fois qu’elle t’a appelée
-Toi tu n’entends pas bien, celle-là je ne veux même pas la croiser dans l’au-delà.
-Hum en tout cas, ce qui est mieux pour toi maintenant c’est que tu lui répondes, parce que y’a anguille sous roche.
-*(Lo beugueu wakh fofou.)* Qu’est-ce que tu veux dire par là ?
Elle allait me répondre quand mon téléphone s’est mis à sonner. J’ai vu qu’il s’agissait de mon bébé, elle veut surement savoir où je suis.
-Allo bébé je suis sorti, mais t’inquiète j’arrive bientôt.
-Hum désolée monsieur, ce n’est pas madame, c’est Aicha, madame s’est sentie mal tout d’un coup et avec le chauffeur, on a décidé de l’amener à l’hôpital.
-Quoi ? Comment ça ? Elle était bien entrain de dormir quand je l’ai laissée tout à l’heure.
-Oui mais…
Je n’écoutais même plus ce qu’elle me disait, j’espère vraiment qu’elle ne lui ait rien arrivé, j’en deviendrai fou si quelque chose lui arrive. Pas ma Soumaia. J’étais en train de courir quand ma sœur m’a demandé qui s’était. Je lui ai un peu expliqué ; qu’il s’agissait de Soumaia et qu’elle avait eu un malaise et qu’on l’avait amené à l’hôpital. Avant de conduire en trombe. Mon Dieu faites que rien ne lui arrive s’il vous plait.
DANS LA PEAU DE DIODIO
J’espère bien qu’elle passera de l’autre côté cette g***e, pf je la déteste tellement. Elle a tout ce que j’ai toujours rêvé d’avoir dans ma vie. Un bon mari, une bonne belle famille qui m’aime ; mais non. Alors qu’elle, elle s’est même accaparée ma propre mère, mon père n’en parlons même pas. A chaque fois, ma mère prend exemple sur elle en me disant ; Soumaia a fait ceci, Soumaia a fait cela. Comme si elle était la sainte Marie. Et moi qui n’ai rien d’autre comme mari qu’un soulard, qui me bat matin, midi, soir. J’ai même fait deux fausses couches à cause de cet imbécile et le docteur me dit que si ça continue je risque de ne plus pouvoir enfanter.
Et pour qu’il garde sa bouche fermée, j’ai dû lui donner énormément, et l’autre-là qui me refuse catégoriquement le divorce parce qu’il vit à mes dépends. Ces quatre mois qu’il vient de passer avec moi étaient les pires, il découchait presque tous les jours. *(Boléci wakhdiou bonne, bounakhari bokhameni foko khalate rek wéssounako)* et n’hésitait même pas à draguer mes amies devant moi, il n’avait aucun respect pour moi. C’est pour cela que j’avais décidé de venir un peu ici au Sénégal me reposer. Mais on dirait qu’il voulait me pourrir la vie, heureusement pour moi, il vient de rentrer aux Etats Unis.
Mais l’autre là, elle pense que parce qu’elle a eu un repos de deux mois, qu’on l’a oublié, elle se trompe. *(Bou khamone likoy kharr falay diarai guéneu adouna.)* Si elle savait ce qui l’attend...
Merci à tous ceux qui prennent le temps de commenter et d'aimer. Bisou