- Qui je suis ? Tu veux vraiment le savoir ?
- Mais oui, je viens de te parler de moi là, c'est ton tour, je ne sais pratiquement rien de toi en fait. Répondis-tu
- Peut-être que c'est mieux comme ça non.
- Quoi ? C'est mieux d'être amie avec un inconnu, tu te fous de ma gueule ?
- Ok, je vais te parler de moi, mais ce que tu vas d'entendre risque de changer ton opinion vis-à-vis de moi et c'est la dernière chose que je voudrais.
- Je m’en fiche, dis moi simplement qui tu es.
Je t'avoue que ce jour là, je me suis senti faible et pris au dépourvu parce que tu m'as dit tant de choses sur toi que je me sentais mal de te dire les choses à moitié mais il ne fallait pas que tu saches tout, j'avais quand même envie de te dire assez.
- Tu connais déjà mon nom, euh… je suis orphelin de père, je ne l'ai jamais connu, j'ai vécu avec ma mère jusqu'à ce que je vienne ici, je suis fils unique, j'ai 24 ans, je suis de nationalité haïtienne, j'ai eu la chance d'avoir une bourse, j'ai surtout fait ça pour aider ma mère car elle compte beaucoup pour moi et elle compte beaucoup sur moi aussi. Déclarai-je
- Wow ! T'es haïtien et t’as pu avoir une bourse dans cette université, tu dois être super intelligent toi.
- Faut croire que j'ai juste eu de la chance. Retorquai-je en faisant un peu de modestie.
- Tu étudies quoi ?
- La psychologie.
- Ça explique pourquoi tu lis si bien comme ça en moi.
- Mais non, ce n'est pas aussi simple sinon Jessie pourrait aussi le faire, je l'ai vu une fois elle est en 3eme année si je ne me trompe pas.
- Non, 2eme et qu'est-ce qui te fait dire qu’elle ne le fait pas ?
- Tu veux vraiment que je répondes ? Je sais qu’elle le fait.
- Pas vraiment. Répondis-tu en riant.
- Mais elle compte beaucoup pour moi.
- Elle doit être une très bonne amie ?
- Elle l'est.
C'est a ce moment là que tu as commencé à me parler de tes amis. Tu m’as dit qu’ils te soûlaient parfois, qu’ils s'immisçaient dans ta vie et pour plus de précision c'est surtout « Jess » elle se permettait de tout en ce qui te concerne mais ça ne te dérangeait pas car c'était ton amie la plus loyale comme tu disais. Tu parlais d'elle avec admiration, c'est compréhensible vue ce que tu m’as dis. C’est elle qui a demandé à ces parents de faire en sorte que tu trouves une bourse dans cette université. Vous êtes amis depuis enfants, elle était là pour toi quand tu as perdu ta mère et ensuite ton père, elle t’a toujours épaulé et pour ça, je ne la remercierais jamais assez.
A chaque fois qu'on passait de temps ensemble, il y avait toujours une histoire à raconter, tu me parlais avec tellement de liberté et moi j'étais là à entendre chacune de tes histoires avec enthousiasme . On se voyait souvent dans la bibliothèque mais aussi dans un petit resto. J'étais devenu celui qu'il te fallait.
- Tu sais, avec toi, je me sens vraiment différente, je ne sais pas pourquoi mais tu me fais du bien, plutôt te parler me fait du bien.
- Moi, je m'arrêterai juste à « tu me fais du bien. »
- Je vois là où tu veux en venir, attention ! Et puis c'est bien plus ce qu'on partage là car mon copain si je peux toujours l'appeler comme ça était chouette au début, il passait tout son temps avec moi mais à un moment donné, on a commencé à se déconnecter, juste du sexe, des photos pour insta et la plupart du temps il le passait ailleurs et moi avec mes amis alors l'amitié est bien plus importante et nous lie plus que l'amour qui finit généralement avec des cœurs brisés, des souffrances.
- Je comprends très bien et je ne dis pas le contraire mais peut-être que c'est ton soit-disant copain le problème.
- Mais non je t'assure, c'est moi, je ne suis pas doué pour ça, pour que tu puisses comprendre faudrait que tu vives avec moi, genre dans la même maison, que tu puisses être présent à chaque chose que je fais parce que je suis quelqu'un de bizarre.
Me fis-tu comprendre
C'est à ce moment là que j'ai eu l'idée de poser des micros chez toi, je ne l'avais pas encore fait, j'avais juste eu accès à ton ordi et ton portable mais là tu m'avais donné une superbe idée merci beaucoup ma chérie ! Et pour être mieux informé, j'avais aussi pensé à des caméras, car une image comme on dit vaut mille mots.
- Je te comprends et je veux juste être là pour toi car tu comptes beaucoup pour moi. Lui dis-je soudainement tu m’as souri et m’a donné un b****r sur la joue.
Après avoir discuté avec toi, je suis allé faire des courses pour mettre en place l'idée que tu m'as donné. Puis je suis rentré chez moi, attendant que tu sortes de chez toi pour pouvoir m’y introduire.
Installé sur mon fauteuil, j'écoutais ta conversation avec Jessie qui était furieuse de voir que tu étais en retard pour le dîner avec sa famille qui apparemment était rarement présent. Je grimpai sur ma bécane et me dirigeai vers chez toi, j'ai profité de ton absence pour y entrer en douce et poser les caméras ainsi que les micros dans la salle de bain, dans ta chambre.
Comme je te l'ai dis, je ne suis pas un pervers et sache que, une fois arrivé chez toi, j'ai eu des doutes sur ce que j'étais entrain de faire, je sais que ça ne change pas grand-chose mais fallait que tu saches quand même.
A peine sortie de ton appartement, j'ai eu l’une des plus grandes frayeurs de ma vie. Je fis la rencontre de Mathia alors que j'étais devant ta porte, je venais juste de la fermer, il avançait vers moi criant:
- Ey ! Toi qui es-tu et qu'est-ce que tu fous là ?
Une phrase, deux questions, en attente d'une seule réponse, d’un homme qui ,ma belle, instantanément, a perdu sa langue. Alors qu’ai-je fait selon toi ?