Le véhicule se gara devant le domaine des Loyd, celui de mon feu père, mais aussi de sa mère, ma grand-mère.
Edouard et Heinrich m'aidèrent à décharger mes bagages.
Devant la maison, m'attendait Sarah, l'intendante du domaine de ma grand-mère.
Ses cheveux grisonnants étaient attachés en chignon, ce qui donnait plus d'attrait à ses yeux bleu. Son âge, ne lui avait pas tellement ravi sa beauté qui était douce et calme. Chez elle, n'était remarquable aucune extravagance dans ce que lui avait pourvu la nature.
Son regard était triste et compatissant. Je la pris dans mes bras, et elle me souhaita ses condoléances.
Edouard, remit mes bagages à l'un des employés de la maison. Et Sarah pris mon manteau lorsque nous regagnâmes l'intérieur.
Le vestibule resplendissait toujours autant, à travers son marbre et son immense lustre en cristal.
— Mr Loyd, je me vois dans l'obligation de vous quitter, j'espère qu'auprès de votre grand-mère, vous aurez des jours plus heureux que ces deux dernières années.
— Edouard. Je vous en remercie. Vous avez toujours été loyale et bon envers ma mère, ainsi que moi. Pour cela, je vous en suis reconnaissant. Tâchez de prendre soin de vous, dans votre nouvelle vie, et si vous le pouvez écrivez moi de temps à autre.
— Je n'y manquerai pas, monsieur, termina-t-il en baissant son chapeau. Excusez-moi, dit-il en se retirant.
— Une brave personne cet Edouard, ajouta Sarah.
— Tellement, declarai-je.
Sarah s'excusa auprès de moi, me laissa l'obligeance de m'installer au salon principal, et assigna une domestique à m'apporter une tasse de thé et quelques biscuits pour patienter. Ma grand-mère, se reposait et je n'avais pas à cœur de la réveiller.
Lorsque sonna seize heures, je déposai le livre que je lisais, et je montais les escaliers pour rejoindre ma grand-mère dans sa chambre, au vu du fait qu'elle n'avait point quittée cette dernière.
Le mur de l'escalier, était couvert de tableaux, pour la pluspart représentant les aïeux de ma famille paternelle. Ils étaient bien différents de moi. Leurs peaux blanches, leur nez aquilin, et leurs cheveux lisses, étaient autant d'attributs physiques que je ne possédais pas.
Ma mère m'avait légué ses lèvres, ses cheveux bouclés et noirs, sa beauté légendaire comme aimait le dire ma grand-mère. De mon père, j'avais pu hériter de ses iris verts, de sa grande taille, et de sa fine corpulence.
La chambre de ma grand-mère était plongée dans le noir, une atmosphère pesante semblait s'y déployer. Cela me paraissait peu agréable. Loin de la joie et de l'amour qu'elle dégageait, ou que dégageait une pièce lorsque Marylise Loyd l'occupait.
— N'allume pas, mon enfant. La lumière que dégagent les fenêtres m'irrite déjà assez.
J'étais éberluée par ses propos. Cette lumière était faible et tamisée par d'épais rideaux de velours.
— Comme vous le souhaitez, grand-mère.
Je me rapprochais de son immense lit en baldaquin, et je m'assis près d'elle.
Elle était suante, le teint fade, presque livide. C'était difficilement que sa main réussit à se poser sur la mienne.
L'inquiétude se fit vite ma compagne, je peinais à comprendre pourquoi elle se trouvait dans un tel état. Était-ce pour cela qu'elle n'avait pas assisté à l'enterrement de sa belle-fille qu'elle chérissait tant ?
— Grand-mère, que vous arrive-t-il ? Vous êtes pâle et semblez plus que fatigué.
— C'est juste une simple grippe. Ne vous inquiétez pas pour moi, je ne suis pas encore morte.