Ne te perds pas dans les contes de fées (4)

700 Words
« Pourquoi es-tu toujours aussi têtu ? » Malgré l'agacement qui transparaissait dans son ton, sa voix était plus douce que je ne l'aurais cru. « Tu as besoin d'analgésiques ? » Il sortit du lit, étirant ses muscles, tandis que je restais allongée là, à l'observer comme un chiot aux yeux de biche. « Non. » Il resta planté là, me fixant d'un air stupide jusqu'à ce que je cède. « Oui. » Je soupirai en me forçant à me redresser. Pendant qu'il allait dans la salle de bain pour en chercher, j'en profitai pour vérifier rapidement les draps afin de m'assurer que je n'avais pas coulé partout sur son lit. Je ne pense pas que je m'en remettrais un jour si cela arrivait. Je pense que je rendrais mon adhésion à Boss b***h et que je me retirerais dans un monastère au Pérou. Au moins, il ne s'en prendrait jamais à moi au Pérou. En fait, je ne pense pas qu'il s'en prendrait à moi où que ce soit. C'était juste une pensée mélancolique d'une histoire d'amour que je n'aurais jamais. Heureusement, les draps blancs étaient encore impeccables, je n'ai donc pas eu besoin de réserver un vol pour le Pérou. « Tiens. » Il jeta le paquet sur le lit tout en me tendant un verre d'eau. « Tu n'es pas obligé de faire ça, Costa. » Ma voix était encore étouffée par le sommeil tandis que je sortais les pilules du plateau. « Je viens quand même avec toi ce soir. » « Tu crois que je ne m'inquiète que pour ça ? » « Mmh. » J'avalai les analgésiques avec un peu d'eau, sans le quitter des yeux. « Tu l'as dit hier soir : tu feras tout pour me remettre en forme pour ce soir. » Costa semble rarement pris au dépourvu – si tant est que ce soit la meilleure façon de décrire son expression. C'était un mélange de prise de conscience et peut-être… de regret ? De qui je me moque ? Costa ne montrerait jamais le moindre regret. « Je ne voulais pas dire ça comme ça. Si tu ne vas pas bien… » « Je vais bien. » Je l'ai interrompu d'un ton aussi méchant que possible. « Je n'ai pas besoin que tu me chouchoutes. Je peux gérer les crampes menstruelles sans ton aide. » Mon ton méchant semblait avoir fait l'affaire. Il serra les mâchoires, ses yeux verts s'assombrissant légèrement de frustration. « D'accord. Sois prête à 8 heures. » La vérité, c'est que je ne supportais pas la douleur. J'avais toujours souffert de crampes atroces jusqu'à ce que Mme K me mette sur une longue liste de vitamines et de compléments alimentaires à base de plantes qui m'aidaient. Elle préparait aussi une boisson verte chaque jour avec un tas de trucs santé dont je ne me souvenais plus. Elle m'a bien donné la liste très précise, mais je ne savais pas comment en acheter en Sicile et je ne voulais pas demander de l'aide aux Accardi. Surtout pas pour quelque chose qui me faisait paraître si vulnérable. C'était peut-être stupide, mais la mafia sicilienne était déjà tellement sexiste par nature. Je ne voulais pas alimenter ce mal-être en pleurant à cause de mes douleurs menstruelles et en réclamant une tonne d'ingrédients rares pour me soulager. Je n'étais plus la bienvenue chez mon père, donc je ne pouvais pas vraiment aller lui demander de l'aide. Elle travaillait pour mon père, il ne m'aurait jamais laissé faire. ^^^ À 20 heures, je n'allais pas mieux. Je ne suis allée travailler que quelques heures avant de rentrer prendre un bain chaud et faire une sieste. Ensuite, j'ai pris des analgésiques avec ma soupe avant de me préparer pour l'événement. On peut dire que prendre soin de moi n'a pas été d'une grande aide. D'habitude, m'habiller me mettait de bonne humeur. Au lieu de cela, ce jour-là, j'ai regardé mes yeux sans vie en vérifiant une dernière fois ma tenue. Ma robe noire en satin tombait par terre, fendue haut sur ma jambe gauche. J'ai opté pour une pochette vert foncé et des talons assortis pour ajouter une touche de couleur.
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