IAphorien n’avait donc pas dormi cette nuit-là. Pas plus que celle d’avant. Allongé sur le dos, la tête calée sur deux oreillers, le corps sous deux édredons de plume, il montait le guet dès le milieu de la nuit. Il avait entendu craquer les parquets, les poutres. Il reconnaissait dans ces bruits nocturnes les manifestations des esprits de ses ancêtres disparus. — Tiens, c’est le père, Ki Du Koz qui arrive, murmurait-il, quand une porte grinçante faisait vibrer le silence. Il vient bien tard ce soir. Il a été retardé. La mère devait être occupée. Il identifiait ainsi toutes ces manifestations de l’au-delà, aussi sûrement qu’il l’eût fait des balises ou des bouées de l’océan. Tout cela ne l’inquiétait guère puisqu’il s’agissait de sa famille et qu’il n’avait rien à craindre d’eux. Voguai

