11La locataire du cinquième n’ouvrit la porte que quand Alix brandit sa carte de presse devant le judas. Toute menue dans sa robe beige, la petite femme arborait cependant une coiffure coquette et des bijoux discrets. Une fois la journaliste dans son hall d’entrée, elle reconnut la fillette qui vivait autrefois dans la maison. Passé le cap des retrouvailles émouvantes et des questions sur la famille, la vieille dame se souvint qu’Alix était là pour travailler. — Mille pardons, tu n’as pas que ça à faire. Enfin, si j’ose encore te tutoyer! — Je vous en prie, je ne m’habituerais pas au «vous», répondit Alix en rigolant. Son hôtesse lui fit signe de s’asseoir. Alix respira. Son entrevue avec l’Anglaise n’avait strictement rien donné. L’arrogance avec laquelle cette dernière avait parlé du

