Chapitre 2
Aïcha s’était toujours interdit de s’arrêter.
Pour elle, ralentir était un luxe qu’elle ne pouvait pas se permettre.
La vie lui avait appris à avancer coûte que coûte, même quand le courage s’effritait.
Pourtant, ce jour-là, quelque chose avait changé.
Ce n’était pas une grande révélation, ni une aide venue de l’extérieur.
C’était simplement une décision intérieure : celle d’y croire encore.
Elle avait compris que survivre n’était plus suffisant.
Elle voulait vivre, même timidement, même avec des peurs.
Alors elle a commencé à regarder sa vie autrement, non plus comme une punition, mais comme un chemin à construire.
Rien n’avait réellement changé autour d’elle.
Les difficultés étaient toujours présentes.
Les responsabilités aussi.
Mais en elle, une nouvelle force prenait doucement place.
Aïcha a appris à se parler avec douceur.
À accepter qu’elle n’était pas parfaite.
À comprendre que tomber n’était pas une honte, tant qu’elle se relevait.
Elle a commencé à célébrer les petites victoires.
Un jour sans se décourager.
Un sourire sincère.
Un moment de paix, même bref.
Et même si l’avenir restait incertain,
elle savait désormais une chose essentielle :
tant qu’elle continuerait d’y croire,
elle ne serait jamais vraiment perdue.Aïcha n’avait pas changé du jour au lendemain.
Il n’y avait pas eu de grande victoire ni de tournant spectaculaire.
Mais quelque chose, en elle, commençait à se déplacer doucement.
Elle avait appris à observer ses journées autrement.
À remarquer les détails qu’elle ignorait avant :
un moment de calme,
un rire inattendu,
une pensée moins lourde que la veille.
Les peurs étaient toujours là.
Elles ne disparaissent pas si facilement.
Mais elles n’occupaient plus tout l’espace.
Aïcha leur faisait de la place sans les laisser diriger sa vie.