Chapitre 5 : Le Lendemain du Sacre

1583 Words
Chapitre 5 : Le Lendemain du Sacre Point de vue : Lise Martin La lumière du matin filtrait à travers les rideaux de velours lourd, dessinant des lances de poussière dorée dans l'air immobile. Je m'éveillai avec une sensation de lourdeur inconnue. Mon corps, d'ordinaire si discret à mes yeux, me rappelait son existence par mille courbatures délicieuses et douloureuses à la fois. Entre mes jambes, une chaleur sourde et une légère brûlure témoignaient de la tempête de la veille. Je tournai la tête. Alexandre n'était plus là. La place à côté de moi était encore chaude, l'oreiller marqué par l'empreinte de sa tête. Je ramenai la couette en soie contre ma poitrine nue, me sentant soudainement vulnérable dans cette chambre qui n'était pas la mienne. Hier soir, j'avais tout donné. Ma fierté, mon innocence, et ces cris que je ne me savais pas capable de pousser. Il m'avait mangée, possédée, brisée, puis reconstruite avec une telle ferveur que je ne savais plus qui j'étais. J'étais la fille pauvre qui avait peur, ou la femme riche qui pleurait de plaisir ? La porte de la suite s'ouvrit. Alexandre entra, déjà vêtu d'un costume gris anthracite d'une coupe impeccable. Il tenait une petite boîte en laque noire et un journal. Sa beauté, sous la lumière crue du matin, était presque insupportable. — Tu es réveillée, dit-il. Sa voix était plus douce que la veille, mais elle conservait cette autorité naturelle qui me faisait frissonner. — Oui, murmurai-je. Il s'approcha du lit et s'assit sur le rebord. Le matelas s'affaissa sous son poids. Il posa sa main sur mon front, écartant une mèche de cheveux avec une tendresse qui me surprit. — Comment te sens-tu ? — Je... je ne sais pas. J'ai l'impression d'être une autre personne. — C'est parce que tu l'es, Lise. La fille qui est entrée ici hier soir n'existe plus. Tu es Madame de Vaugirard désormais. Est-ce que tu regrettes ? Je réfléchis un instant. Je pensai à mes parents, désormais à l'abri. Je pensai à la sensation de sa bouche sur ma peau, à la force de son corps m'envahissant. — Non, répondis-je franchement. Je ne regrette pas. Mais j'ai peur de ce qui m'attend. Il esquissa un sourire et ouvrit la boîte en laque. À l'intérieur reposait une bague ornée d'un diamant jaune, gros comme une noisette, entouré de saphirs. — C'est ton premier cadeau de femme mariée. Un gage de notre pacte. Mais avant que je ne te la passe au doigt, nous devons établir les règles. — Des règles ? — Ici, dans ce domaine, tu as tout ce que tu désires. Des robes, des bijoux, des serviteurs. Mais en échange, je veux une loyauté absolue. Tu ne sors pas sans mon autorisation. Tu ne parles pas à la presse. Et surtout... tu es à ma disposition, corps et âme, dès que je le demande. Le contraste entre sa caresse tendre et la dureté de ses mots me fit l'effet d'une douche froide. Mon caractère, cette petite flamme de rébellion, se ranima. — Vous m'avez achetée, je le sais. Mais est-ce que je suis votre femme ou votre prisonnière de luxe ? — Les deux, Lise. Et tu apprendras que dans mes bras, la prison est le plus beau des paradis. Il prit ma main et glissa la bague à mon annulaire. Elle était lourde, magnifique, et pesait sur ma main comme une chaîne d'or. Point de vue : Alexandre de Vaugirard Je l'observais, blottie sous les draps. Ses épaules laiteuses, parsemées de quelques marques rouges que j'avais laissées dans ma fureur nocturne, étaient une vision de pureté corrompue que j'adorais. Elle avait ce regard de défi, cette moue boudeuse qui rendait ses lèvres encore plus appétissantes. Elle n'était pas encore totalement brisée, et c'était tant mieux. Je ne voulais pas d'une poupée de cire, je voulais une lionne apprivoisée. — J'ai une réunion importante à Paris, dis-je en me levant. Martha va s'occuper de toi. Elle va t'emmener au spa du domaine. Je veux que tu sois reposée, parfumée et prête pour mon retour ce soir. — Et si je veux faire autre chose ? demanda-t-elle, redressant le buste. La couette glissa légèrement, révélant la courbe de ses seins. Je sentis un regain de désir immédiat. Je me penchai sur elle, posant mes mains de chaque côté de son visage, l'emprisonnant contre les oreillers. — Tu feras ce que j'ai ordonné, Lise. Ne teste pas ma patience dès le premier jour. — Vous me faites peur quand vous parlez comme ça. — La peur est saine. Elle te rappelle qui commande ici. Mais n'oublie pas non plus ce que j'ai fait à ton corps hier soir. Est-ce que c'était de la peur que tu ressentais quand tu criais mon nom ? Elle rougit violemment et détourna les yeux. — C'est bien ce que je pensais. Apprends à m'obéir par l'esprit, et je te récompenserai par le plaisir. C'est un échange équitable. Je déposai un b****r possessif sur sa bouche, sentant sa résistance fondre une fois de plus sous mon contact. Je me redressai, boutonnai ma veste et sortis sans un regard en arrière. J'avais un empire à diriger, mais mon esprit ne quittait pas cette chambre. Point de vue : Lise Martin Une fois seule, je restai de longues minutes à fixer la bague à mon doigt. Le diamant semblait se moquer de moi. J'étais riche. Immensément riche. Ma famille était sauvée. Mais à quel prix ? Martha entra quelques instants plus tard avec un plateau de petit-déjeuner digne d'un hôtel cinq étoiles. — Monsieur a demandé que vous mangiez tout, Mademoiselle... Madame. — Je n'ai pas très faim, Martha. — Vous devriez. La journée sera longue. Monsieur a invité une couturière de renom pour vos essayages de cet après-midi. Il veut que vous soyez la plus belle pour la réception de la semaine prochaine. — Une réception ? — Oui. Monsieur veut vous présenter au monde. Le Tout-Paris parle déjà de ce mariage mystérieux. Ils s'attendent à voir une icône de mode. Je regardai mes mains, mes rondeurs sous les draps. L'angoisse monta en moi. Ces gens allaient me juger, me disséquer du regard. Ils verraient tout de suite que je n'étais pas des leurs. — Je ne suis pas prête pour ça, murmurai-je. — Monsieur pense que vous l'êtes. Et ce que Monsieur veut... — Je sais, Martha. Ce que Monsieur veut, il l'obtient. Je me levai et me dirigeai vers la salle de bain. Dans le grand miroir, je vis les traces de la nuit. Des marques de dents sur mon épaule, des rougeurs sur mes hanches là où il m'avait tenue avec trop de force. Au lieu de me dégoûter, ces marques me firent frissonner. Il m'avait marquée comme sa propriété, et une part obscure de moi en tirait une fierté étrange. Je passai la journée entre les mains expertes de Martha et des esthéticiennes. On m'épila, on me massa, on me fit des soins du visage à l'or pur. À chaque instant, je me sentais de plus en plus comme une création d'Alexandre, une statue qu'il polissait pour son propre plaisir. L'après-midi, la couturière arriva. Des dizaines de robes furent étalées devant moi. De la soie, du satin, des dentelles de Calais. — Monsieur a précisé qu'il voulait des coupes qui mettent en valeur vos "formes généreuses", dit la couturière avec un sourire professionnel. Il ne veut pas que vous vous cachiez. Au contraire. Elle me fit essayer une robe en soie rouge sang, si serrée qu'elle semblait être une seconde peau. Le décolleté était si plongeant qu'il laissait deviner presque tout le galbe de mes seins. — C'est... c'est trop, dis-je en me regardant dans le miroir. — C'est exactement ce qu'il a demandé, intervint Martha depuis le pas de la porte. Le soir tomba. J'attendais Alexandre dans le petit salon, vêtue d'une robe de chambre en satin noir, mon cœur battant la chamade à chaque bruit de voiture dans l'allée. Quand il entra enfin, il semblait fatigué, mais ses yeux s'illuminèrent dès qu'il me vit. Il ne dit rien. Il s'approcha, me prit par la taille et me fit pivoter pour inspecter mon dos, mes hanches. — Tu as été sage aujourd'hui ? — J'ai fait tout ce que vous avez demandé. — Bien. Alors tu mérites ton deuxième cadeau. Il sortit de sa poche un écrin contenant un bracelet assorti à ma bague. Il le fixa à mon poignet, puis ses mains remontèrent vers mon cou. Il écarta le satin de ma robe de chambre, dévoilant mes épaules. — Tu sens bon, Lise. La vanille et la soumission. — Je ne suis pas soumise, Alexandre. J'obéis parce que je n'ai pas le choix. Il rit doucement contre mon oreille. — C'est ce que tu te racontes pour sauver ta dignité. Mais ton corps ne ment pas. Regarde tes mains, elles tremblent d'envie que je te touche. Il fit glisser la robe de chambre de mes épaules. Elle tomba au sol. J'étais nue devant lui, sous la lumière tamisée du salon. — Ce soir, dit-il en déboutonnant sa chemise, je ne vais pas seulement te prendre. Je vais t'apprendre à me donner du plaisir à ton tour. Tu vas apprendre que tes mains et ta bouche sont aussi à moi. Je sentis une vague de chaleur m'envahir. La peur était là, toujours, mais elle était désormais mêlée à une soif de découverte que seul cet homme pouvait étancher.
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