Chapitre 13 — Les vérités enfouies

945 Words
La pluie ne s’était pas arrêtée. Gabriella et Adrien marchaient rapidement dans les rues désertes derrière le motel. Leurs vêtements étaient trempés. Leur respiration encore irrégulière. Mais ils étaient vivants. Et pour l’instant, c’était tout ce qui comptait. Ils s’arrêtèrent finalement sous l’auvent d’un vieux café fermé. Gabriella regarda autour d’elle. Aucune voiture. Aucune silhouette. — On l’a semé. Adrien essuya le sang séché sur sa lèvre. — Pour le moment. Gabriella observa son visage. — Tu vas tenir ? Adrien esquissa un sourire fatigué. — J’ai connu pire. Elle leva un sourcil. — J’aimerais bien entendre cette histoire. Adrien resta silencieux quelques secondes. Puis il dit : — Ce n’est pas une histoire agréable. Gabriella croisa les bras. — Les meilleures ne le sont jamais. Le silence s’installa entre eux. La pluie frappait les pavés avec régularité. Adrien finit par soupirer. — Très bien. Il s’appuya contre le mur. — Il y a quelques années, je travaillais pour une organisation. Gabriella fronça les sourcils. — Quelle organisation ? Adrien répondit calmement : — Le Cercle Delta. Le mot sembla figer l’air. Gabriella resta immobile. — Tu plaisantes. Adrien secoua la tête. — Non. — Tu étais membre ? — Pas exactement. Il réfléchit un instant. — Disons que j’étais… utile. Gabriella sentit une vague de colère monter. — Tu m’as menti depuis le début. Adrien la regarda droit dans les yeux. — Si je t’avais dit la vérité au premier jour, tu m’aurais arrêté. Elle ne répondit pas. Parce qu’il avait raison. Adrien continua : — Je travaillais comme intermédiaire. — Pourquoi ? — Transactions. Œuvres d’art. Transferts d’argent. Gabriella serra la mâchoire. — Blanchiment. — Entre autres. Elle se détourna un instant. Essayant de digérer l’information. — Et Salazar ? Adrien répondit immédiatement. — Il faisait la même chose que moi. Gabriella se tourna brusquement. — Donc vous étiez complices. — Au début, oui. — Et ensuite ? Adrien regarda la pluie tomber. — Ensuite il a décidé qu’il pouvait gagner plus d’argent en les faisant chanter. Gabriella soupira. — Mauvaise idée. — Très mauvaise. Adrien reprit : — Quand j’ai compris ce qu’il faisait, j’ai quitté le Cercle. — Et ils t’ont laissé partir ? Adrien eut un petit sourire. — Pas vraiment. Gabriella observa son visage. Elle comprenait maintenant certaines choses. Sa prudence. Son sang-froid. Sa capacité à anticiper. — Ils te cherchent depuis combien de temps ? — Trois ans. Le chiffre resta suspendu entre eux. Gabriella secoua la tête. — Et maintenant je suis dans la même situation. Adrien la regarda. — Oui. Elle eut un petit rire sans joie. — Formidable. Le téléphone de Gabriella vibra. Un message. Elle regarda l’écran. Marcos Adrien observa. — Qu’est-ce qu’il veut ? Gabriella ouvrit le message. "Le mandat est suspendu pour 24 heures. Je peux vous aider. Rendez-vous au parking nord du port." Elle fixa l’écran. Adrien parla doucement. — Tu vois ? — Quoi ? — Il sait où nous sommes. Gabriella secoua la tête. — Impossible. Adrien haussa légèrement les épaules. — Alors comment a-t-il envoyé ce message exactement maintenant ? Elle réfléchit. Adrien continua : — Peut-être qu’il t’aide vraiment. — Peut-être. — Ou peut-être qu’il travaille pour Vargas. Gabriella soupira. — Tu vois des complots partout. Adrien répondit calmement : — Parce qu’ils existent. Elle regarda encore le message. — Marcos m’a sauvé la vie plus d’une fois. — Et Delmas ? Elle resta silencieuse. Adrien ajouta : — Le Cercle infiltre les institutions depuis des décennies. — Je sais. — Alors pose-toi la question. Gabriella leva les yeux vers lui. — Si Marcos travaille pour eux… pourquoi m’aider ? Adrien répondit : — Peut-être parce qu’il a besoin de toi. — Pourquoi ? Adrien réfléchit. Puis dit doucement : — Pour récupérer la clé USB. Gabriella serra instinctivement sa poche. Le petit objet semblait soudain beaucoup plus lourd. Ils marchèrent encore quelques minutes. La ville commençait lentement à se réveiller. Les premières voitures apparaissaient. Gabriella finit par dire : — On doit prendre une décision. Adrien hocha la tête. — Oui. — On continue à fuir… — Ou on attaque. Gabriella sourit légèrement. — Exactement. Adrien la regarda. — Tu penses à Vargas. — Oui. Elle inspira profondément. — Si on prouve publiquement l’existence du Cercle Delta… — Tout s’effondre. Gabriella hocha la tête. — Exact. Adrien réfléchit. — Le problème, c’est que Vargas est intouchable. — Pas totalement. Adrien leva un sourcil. — Explique. Gabriella sortit son téléphone. Elle ouvrit un fichier sur la clé USB. Une liste d’événements apparut. — Gala de charité ce soir. Adrien lut. Puis il sourit. — Vargas sera là. — Oui. Le silence s’installa quelques secondes. Puis Adrien dit : — Tu veux infiltrer la soirée. Gabriella hocha la tête. — Exact. Adrien eut un petit rire. — C’est complètement fou. — Peut-être. Elle le regarda. — Tu viens ? Adrien la fixa quelques secondes. Puis il répondit simplement : — Évidemment. Quelques heures plus tard. Dans son bureau. Le sénateur Vargas observait un écran. Un homme entra. — Monsieur. — Oui ? — Nous avons localisé leur voiture abandonnée près du motel. Vargas hocha la tête. — Bien. — Nous pensons qu’ils se dirigent vers la ville. Vargas sourit légèrement. — Parfait. Il se leva. — Préparez la sécurité pour ce soir. — Le gala ? — Oui. L’homme hésita. — Vous pensez qu’ils viendront ? Vargas regarda la ville à travers la fenêtre. Puis il murmura calmement : — Gabriella Reines est une enquêtrice. Il ajusta sa veste. — Et les enquêteurs ne fuient jamais longtemps. Son regard devint froid. — Ils viennent toujours chercher la vérité.
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