La famille avait dit à Anaïs qu’il était mort sans bruit, à peine un ouf ! de soulagement. Ce qu’elle faisait, ce n’était pas grand-chose. Elle lavait le visage, les mains et les pieds. Elle aidait à l’habillage, coiffait, arrangeait la moustache ou la barbe. Chaque fois, la famille du mort semblait satisfaite. On lui disait : — Vous êtes si gentille. Vous lui apportez un dernier rayon de soleil. Elle coiffait aussi les vivants à domicile. Personne ne s’en offusquait. Les vivants et les morts n’appartiennent-ils pas à la même famille ? Le vieux Jarre ne pouvait plus se déplacer. Mme Cécilia avait dit à Lisette, la petite-fille de Jarre : « Je vous envoie Anaïs, c’est une perle. Vous serez enchantés. » Et le vieux Jarre attendait chaque mois le coup de peigne d’Anaïs. Ravie, la jeune fil

