Une irrésistible envie
Maria
Je m'appelle Maria Rosa SANCHEZ. J'ai 24 ans et je suis cubaine. Je suis mannequin depuis maintenant huit ans, mais je ne suis pas un modèle comme les autres, j'ai des formes et je les assume. Je mesure 1m68 pour 55 kilos et un tour de poitrine de 90F, tout ça sans chirurgie ! Mes cheveux chocolat m'arrivent sur le milieu du dos. Je suis une boule d'énergie, et j'ai besoin de faire des activités pour me canaliser, alors je fais de la pool dance. Je vais à des cours de salsa et je pratique aussi du sport.
Je suis la dernière d'une fratrie de quatre enfants, mes parents ont eu deux filles et deux garçons. Enrico est l'aîné, il est chef pâtissier et à 32 ans. Ensuite, arrive ma sœur Graziella, 30 ans, expert comptable. Le troisième, c'est Jesus qui a 26 ans, banquier, et enfin moi. J'ai été repéré à mes 16 ans grâce à mes formes. Mes parents ont quitté La Havane pour nous donner un avenir et nous sommes venus vivre à Londres.
Mes parents avaient une petite entreprise, mais à cause de mauvais placements, ils ont tout perdu. Mon père est allé demander de l'aide à son ami, mais je ne sais pas pour quelle raison, il a refusé. Son idiot de fils n'a même pas essayé de le convaincre. Je les déteste ! Heureusement, nous connaissons la valeur du travail, et nous sommes retombés sur nos pieds. Nous ne sommes pas riches, mais nous pouvons nous faire plaisir, et c'est le plus important.
Ce soir après un défilé de maillots de bain, je sors avec mon ami pour décompresser. J'évite de sortir avec des mannequins, elles ont trop tendance à faire attention à leur ligne. Giovani, 25 ans, qui est le coiffeur de personnalités, m'accompagne souvent à mes cours de danse, il est aussi passionné de salsa que moi et c'est un excellent cavalier. Hillary, elle est secrétaire de direction, c'est une sportive dans l'âme. Elle vit une vie d'épouse et de maman comblée. J'ai très peu d'amis, car je n'accorde pas ma confiance très facilement, mais, quand je le fais, je me donne toute entière.
Giovani m'a fait connaître un endroit plutôt particulier, ou les fans de musique latine se retrouvent. Le PORTO, c'est un bar ou les danseurs et danseuses doivent obligatoirement avoir un masque. Le patron à créer ce lieu pour que ceux qui veulent garder leur identité pour eux et assouvir leur passion puissent le faire sans se soucier de rien.
Je finis de me préparer. J'ai enfilé un haut bustier rouge à épaules dénudé en dentelle laissant mon ventre apparent, et une jupe longue blanche à motifs rouge fendu jusqu'à mi-cuisse. Un diamant sur mon nombril pour agrémenter le tout et je finis par mes talons rouge cerise. Je plaque mes cheveux pour les coiffer en queue-de-cheval, mets un rouge à lèvres de la couleur de mes chaussures et je choisis un masque de style Vénitien noir.
Je quitte mon appartement après avoir récupéré mon sac à chaînette. Je prends ma voiture direction Le Porto et quand j'arrive, Giovani gare sa moto Honda CBR 500 R noir et rouge. Il enlève son casque et quand il m'aperçoit, il me fait un clin d'oeil.
- Ciao bella ! ( salut ma belle!) Comment ça va ? Tu es sublime, qui est le génie qui t'a fait tes mèches ?
- Très drôle, envoie-toi des fleurs. Tu ne vas pas boire rassure moi, sinon tu dors à la maison.
- Je suis venu danser et optionnellement trouver uno spuntino ( un encas) pour ce soir.
- Pourquoi ai-je posé la question ?
- Parce que tu adores m'entendre parler !
- Seňor, que le caiga un rayo. Qué idiota. ( Seigneur, que la foudre lui tombe dessus. Quel idiot.)
- Tu es juste jalouse. Allons donc nous amuser.
- Je te suis.
Nous passons dans la ruelle, mettons nos masques rentrons dans notre repère pour enfin laisser place à la danse. À peine avons nous passer la porte que la musique m'envahit, mon corps bouge tout seul au rythme d'un merengue, Addicted to you de Shakira. Giovani et moi, nous laissons emporter par la musique. On se connaît tellement qu'on n'a même pas besoin de se regarder, nous sommes tous les deux sur la même longueur d'onde. Il me tire sur la piste, et c'est ainsi que ma soirée débute, mais c'est aussi le commencement de mon histoire.
Travis
- Écoute-moi bien Greg, si ton mannequin n'est pas capable de se tenir un minimum, elle peut considérer que son contrat chez nous est fini. C'est la cinquième fois ce mois-ci que l'on doit intervenir et je ne tolérerais pas d'autre incident !
- Je suis désolé, vraiment Travis, je n'ai aucune excuse.
- Tu ne devrais pas t'excuser pour une gamine qui n'a rien compris au monde du travail. Débarrasse-toi de ce contrat si tu ne veux pas que ta carrière soit plombée. Elle n'est pas professionnelle, elle arrive complètement ivre aux shootings, ça, c'est quand elle a daigné se réveiller, et j'en passe. Je t'ai accordé une faveur parce que je te connais bien, mais je refuse que mon entreprise soit entachée à cause de ses frasques. C'est mon dernier avertissement. Et la encore, je te fais une fleur !
- J'en suis conscient. Merci beaucoup.
- Rappelle-lui que la beauté ne fait pas tout.
- Je m'en occupe.
- Bien ! Et soit plus ferme Greg, je ne t'ai pas nommé Directeur du site pour que tu te ramollisses devant ta petite sœur !
- Je règle tout ça dans l'heure.
- Je l'espère.
Ça y est, je suis encore énervé. Ces mannequins qui pensent qu'on leur accordera tout ce qu'elles désirent me sortent par les oreilles. Je vais devoir ajouter une clause dans les nouveaux contrats qui indique qu'elles devront payer une indemnité plus grosse que leur salaire si elles salissent le nom de l'entreprise. Je vais y penser sérieusement.
Je m'appelle Travis BARKLEY, 32 ans. J'ai créé ma propre entreprise de mode aux États-Unis quand j'ai eu 22 ans. Aujourd'hui, la plupart des top-modèles viennent de chez moi. Après le décès de mon père, il y a maintenant trois ans, j'ai souvent fait la navette entre Londres et les Etats-Unis pour m'occuper de sa chaîne d'hôtels de luxe qui est maintenant la mienne, puisqu'il m'a désigné comme héritier. Mais ça devenait ingérable, alors, j'ai nommé Greg comme Directeur et je suis revenu à Londres il y a deux semaines. Je garde quand même un œil sûr qui se passe.
Il faut absolument que je me change les idées, je décide d'appeler Elliot. C'est mon demi-frère. Mon père a eu une aventure avec sa mère, mais ne l'a jamais reconnu. Il est né quatre ans après moi. Malgré ça, nous avons toujours été proches. C'est un excellent photographe, alors je l'ai aidé à monter sa boite, et quand j'ai besoin de ses services, je fais appel à lui. Sa mère m'a toujours traité comme si j'étais son fils, au contraire de ma chère mère qui préférait ses repas mondains à son fils. J'ai presqu'été soulagé à son décès. C'est terrible à dire, mais j'en ai eu assez d'essayer de gagner son amour.
- Salut Travis !
- Salut Elliot, tu fais quelque chose ce soir ? J'ai besoin de décompresser.
- Je comptais aller danser, ça te dit ?
- Danser genre boite de nuit ?
- Genre club privé pour les amoureux de salsa. Il te faudra juste un masque.
- Tu es certain que c'est un club de danse et pas un cercle sadomasochiste ?
- Tu aurais adoré, j'en suis sûr, ha, ha. Je t'envoie l'adresse et j'appelle William et Julian. Rendez-vous à 20H.
- Ok, à tout à l'heure.
Je raccroche pour boucler ce qui me reste comme dossier à signer. Une fois que c'est fait, je rentre chez moi pour me préparer. Sur la route, je me suis arrêté pour acheter deux masques romains qui cachent la moitié haute de mon visage. Je les ai laissés dans ma voiture, pour ne pas avoir à les oublier.
J'ai suivi les instructions du GPS, et je me gare quand je vois mon demi-frère et mes amis réunis près de la voiture, ils ont déjà leurs masques, donc j'enfile aussi le mien. Je les rejoins, et après nous être saluer, nous passons dans une ruelle et atteignons une porte. Je commence à avoir de sérieux doutes concernant l'endroit où nous nous rendons. Mais une fois que nous rentrons, je change vite d'avis. Le lieu est splendide, les lumières sont tamisées et la piste est éclairée par des spots multicolores. Nous nous rendons à une table et une serveuse masqué, habillé d'un pantalon en cuir noir et chemisier blanc vient prendre notre commande.
- Alors, tu as eu peur avoue.
- Te connaissant, avec tes penchants particulier, j'ai vraiment flipper.
- Comment tu parles de ton frère ? J'ai l'impression d'être un pervers-sado.
- C'est exactement ça.
- Et les gars, regardez à 12H. La nana en rouge et blanc avec un masque vénitien. Une vraie bombe ! Regardez-moi ce déhanché.
Je regarde dans la direction qu'il a indiquée, et ce que je vois me plaît. Elle danse en symbiose avec un homme, et leurs sourires indiquent qu'ils sont proches. À quel point, je l'ignore. J'éprouve une irrésistible envie d'être le prochain avec qui elle danse. Et c'est d'ailleurs ce qui va se passer. Je me lève de table les yeux fixés sur cette déesse masquée.
- Désolé les gars, mais je me la réserve.
Je les entends rire et se moquer, mais je m'en moque. J'avance tel un lion qui a repéré une antilope. Au moment où j'arrive auprès d'eux, la musique s'arrête et c'est une bachata, sur la musique d'Obsession d'Aventura qui commence.
- Excusez-moi, vous m'accordez la prochaine ?