Un défilé sous tension

1709 Words
Maria Le défilé va débuter, je me regarde dans le miroir pendant que l'habilleuse m'aide à attacher la robe dans le dos. Je suis coiffé d'une tresse égyptienne, et ma première tenue est une magnifique robe longue bustier en dentelle bleue avec une fente de chaque côté jusqu'à mes cuisses. Le maquilleur aussi a fait un excellent travail, il a opté pour un maquillage pastel. Je vais devoir me concentrer pour cet événement. Je suis rongé par l'inquiétude de voir Travis débarquer, et que ma colère m'empêche de faire mon travail. Je suis une sanguine, je n'y peux rien, c'est dans le sang. - Allée Mesdames, rassemblement. Je voudrais vous donner les dernières consignes afin que tout se passe bien pour les changements de tenues. Léon, le styliste, nous donne les recommandations, puis nous, nous plaçons pour le grand show. Je suis la première à monter sur scène, alors je ne dois pas me louper. La musique est lancée, et c'est sur '' Under Your Spell'' de Desire que je monte sur scène. Les changements de tenues s'enchaînent à un rythme effréné. La partie en sous-vêtement annonce la fin pour ce premier soir de divertissement haute couture. En temps normal, j'y vais sans problème, avec mon métier, je ne suis pas pudique, mais là, je me sens observé et ne pas savoir d'où ça vient est un peu désagréable. Je porte un ensemble shorty rouge à dentelle avec des porte-jarretelles de la même couleur, des talons aiguilles noires, et la tresse que j'avais a été défaite. L'effet décoiffé a été accentué par quelques mèches autour de mon visage, et pour maintenir le tout, un léger voile de laque a été pulvérisé. Le tout me donne un charme félin avec cette crinière désordonée. Je dois avouer que je suis épuisé, mais je dois me montrer professionnelle. Je souffle un grand coup et avance, la musique'' The Watcher'' de Dr. Dre annonce mon entrée. J'avance d'un pas déterminé, le regard dur et fixer sur un point au hasard dans la salle pour ne pas chercher d'où vient cette sensation d'être surveillé. La chose qui me rassure et me soulage, est que Giovani restera avec moi cette nuit, je ne pourrais pas veiller jusqu'à tard dans la nuit, mais il pourra m'aider à me déconnecter de tout ça. Travis Cela fait des années que je n'ai pas vu Maria, et mon frère m'apprend que cette femme, qui a déclenché en moi cet incendie, est la même qui me déteste. Les choses ne pouvaient pas être plus mal engagées. Plus jeune, déjà, elle avait un caractère bien affirmé, alors je n'ose imaginer ce que ça a donné avec les années. Je vais aller voir ce défilé ce soir, j'aimerais la voir évoluer sur scène pour voir ce qu'elle vaut. J'y assisterais, mais je vais éviter de me montrer. Avant tout, je dois finir ce qu'il me reste pour être certain de ne pas être appelé à la dernière minute à cause d'un problème à gérer. Après quelques heures de travail et deux coups de téléphone, j'ai enfin terminé. Elliot est venu me chercher, alors je me suis préparé dans la salle de bain qui se trouve dans mon bureau. - Que vas-tu faire si elle te reconnaît ? - Je ne pense pas avoir changé au point ou elle ne se souvient plus de moi. De toute façon, je ne compte pas me montrer pour le moment, je vais assister au défilé dans l'ombre. - Tu vas te cacher dans ton propre hôtel ? Pourquoi tant de discrétion ? - Je veux encore profiter de quelques danses avec elle avant qu'elle ne sache qui est son cavalier. - Tu es au courant que ta tête est dans tous les magasines à cause de ce défilé que tu organises ? En plus, dans ce club, tous les participants sont masqués, alors,à part si elle reconnaît ta voix, tu ne crains pas grand-chose. - Je ne pense pas que ma voix l'a marqué plus que ça, mais tu as raison sur ce point. Je vais éviter pour le moment de la croiser sans mon masque. Elle risque de faire le rapprochement. - Tu prends beaucoup de précautions, je trouve. - J'ai encore envie de m'amuser. - Ton jeu me semble un peu risqué, mais tu es un grand garçon ! - Tu ferais mieux d'aller faire ce pour quoi je te paye. Il s'en va en riant, et nous arrivons dans le hall où se déroule l'événement, les invités sont tous installés et les journalistes continuent à arriver. Je m'installe dans le coin le plus sombre de la pièce, ainsi, une fois que les lumières seront tamisées, je serais invisible. Un homme arrive juste avant que les lumières ne s'affaiblissent, il s'agit de Giovani GIORDANO. C'est un coiffeur assez reconnu dans la profession, il ne me semble pas avoir vu son nom dans la liste des invités... Je le vois qui s'assoit au premier rang, puis les lumières s'éteignent. La musique est lancée, et le premier mannequin qui arrive est Marià. La robe qu'elle porte est magnifique, quant à elle, que puis-je dire d'autres que waouh ! Elle est féminine et élégante, son maintien est parfait, chacun de ses pas est marqué par un déhanchement enivrant, et son regard est est fixe. Elle n'a pas la taille standard, c'est vrai, malgré tout, elle évince toutes les autres. Je ne peux m'empêcher de la déshabiller du regard à chacune des tenues qu'elle porte. Chacune des robes qu'elle a eue était taillée pour elle, et je pense qu'aucune autre femme n'aurait pu les arborer comme elle. Si je pensais que la dernière robe qu'elle avait revêtit était sexy, je peux vous dire que je suis resté complètement niais devant sa dernière apparition. Son magnifique 90 F se balance au rythme de ses pas, son ventre plat me donne envie d'y laisser glisser un glaçon jusqu'à son bas-ventre. Quant aux porte-jarretelles... Il vaut mieux que je garde pour moi ces idées libertines et impudiques qui me passent par la tête. Si cette femme était ma petite amie, je n'aurais jamais permis qu'elle défile dans de telles tenues, je suis bien trop possessif pour cela. Vu toutes les choses immorales qui m'ont traversé l'esprit, je suppose aisément que tous les hommes qui se trouvent ici ont fait exactement la même chose. Je la regarde partir et mes pensées s'affolent, elle a vraiment un corps parfait, à ce stade, c'est un crime ! Les autres modèles défilent, mais je n'ai plus trop envie de regarder la suite. J'ai juste envie de sortir de cette pièce pour me calmer. C'est d'ailleurs ce que je fais en sortant par une des portes qui se trouve sur le côté. Je me dirige vers le petit salon extérieur et m'installe sur le banc en face de la porte vitrée pour fumer une cigarette. Je suis rejoint par mon frère , il regarde sur son écran les photos qu'il a prises. - Elle est vraiment photogénique. - Qui ça ? - Maria, elle dégage quelque chose, elle a un immense charisme et un regard animal. Je me demande pourquoi on n'a pas entendu parler d'elle avant. Des modèles comme elle, il n'y en a pas énormément. - Hum, hum. - C'est tout l'effet que ça te fait ? Ou alors c'est justement parce qu'elle t'a fait trop d'effet. - Tais-toi Elliot. - J'ai vu juste ! Hahaha. Pourquoi tu ne l'embauche pas ? Tu devrais lui proposer un contrat. - Tu ne réfléchis pas quand tu parles ? Maria ne veut pas avoir à faire à moi. Tu imagines vraiment qu'elle acceptera ? En plus, je suis certain qu'elle est satisfaite de son agence - Personne ne résiste à un contrat plus intéressant. - Tu parles de Maria SANCHEZ . - Et alors ? Je te rappelle que tu as nommé Greg Directeur, donc même si c'est ton entreprise, il peut très bien lui faire la demande. - Pourquoi je ferais une chose pareille ? Il fait défiler les images sur son écran, et quand il a trouvé ce qui l'intéressait, il me le donne. - Peut-être que ça sera une raison suffisante si je te montre à quoi, tu ressemblais quand elle est montée sur scène avec sa dernière tenue. Je saisis l'appareil pour regarder la photo. Comment a-t-il pu prendre une telle photo alors que j'étais dans le noir ? J'ai la bouche grande ouverte, les yeux exorbités. On dirait le loup de Tex Avery. - Quand... - Tu étais tellement absorbé que tu n'as pas vu que je m'étais rapproché. Tu as une tête de pervers sur celle-ci. - Tu en as pris combien comme ça. Franchement, tu es pire qu'un paparazzi. - J'ai fait le travail pour lequel tu me payes. Nous continuons à discuter de la soirée et du défilé pendant que certains invités commencent à sortir pour se rendre dans le salon de la réception. Ils semblent tous être ravis et c'est une bonne chose pour moi, ça veut dire que les heures de travail acharnées ont été fructueuses. Je baisse encore les yeux pour regarder les clichés d'Elliot. - Tient, ils se connaissent ? - De qui parles-tu ? - Maria et... Comment s'appelle-t-il encore ce coiffeur ? Gio quelque chose. - Giovani GIORDANO. - C'est ça ! Ils paraissent proches non ? Je sonde la foule du regard, et les trouve. Ils marchent main dans la main et Maria à un sourire qui illumine son visage, je peux même voir ses magnifiques dents blanches. Cette vision me dérange, je sens mon sang bouillir dans mes veines. Ils passent devant nous sans nous voir, Giovani libère subitement sa main et la passe sur sa hanche en lui chuchotant quelque chose à l'oreille. Malgré le fait que je sache qu'il préfère les hommes, le doute me submerge et je n'ai qu'une envie, lui refaire le portrait. - Ils sont partis, tu sais. - ... - Tu devrais te calmer Travis, tu vas finir par faire peur à tes clients et à ton personnel. Je ne l'écoute plus, en ce moment j'ai juste envie d'aller chercher son numéro de chambre. Bon sang, pourquoi il a pris l'ascenseur avec elle ?
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