— Vous rêvez Daniel ? — J’étais perdu dans mes pensées. — Agréables, si j’en crois votre demi-sourire ? — Effectivement. Je songeais à… — Oui ? À quoi ? — Rien de bien important, mais c’était très plaisant. — Soit. Je préfère ce visage calme à celui, crispé, que vous aviez dans l’avion. Vous ne semblez pas apprécier ce mode de locomotion. Il est pourtant indispensable pour se rendre dans des contrées aussi reculées. — Les avions me rappellent de mauvais souvenirs d’enfance. — Liés à la guerre, je suppose ? Vous ne deviez pas être bien vieux quand elle s’est déclenchée. — J’avais sept ans à la libération, mais la peur des avions remonte à l’année précédente, lors du bombardement par les Anglais du nœud ferroviaire de Lomme-délivrance, à côté de Lille. Mais je ne veux pas vous ennuy

