Chapitre 12

1303 Words
Je cherche mon téléphone pour pouvoir mettre la musique et réalise que je l’ai laissé dans mon sac à main hier soir. J’étais tellement fatiguée que je n’ai pas pensé à le brancher. Va pour l’ipod alors. Je branche rapidement mon téléphone et enfile mon ensemble de sport préféré. C’est un collant court avec un crop top. Ce qui me plait c’est que non seulement il est sans couture, mais en plus le crop top t-shirt n’a pas de décolleté, il est complètement fermé. Donc aucun risque que j’ai les seins à l’air pendant que je m’étire. Vous allez peut-être penser que j’exagère, mais je ne veux pas faire partie de la quantité énorme de filles qui se sont faites snapper les nibards à leur insu. Les gens ne vous regardent plus jamais de la même façon, et en plus, c’est extrêmement humiliant. C’est déjà difficile de les montrer à un homme, alors à la terre entière… Une fois mes basquets enfilés, je noue mes cheveux en un chignon flou, mets un peu d’argent dans ma sacoche à la taille et sors de chez moi. J’ai toujours apprécié les parcs. Il s’y passe des choses tellement belles, des rencontres, des demandes en mariages, des premiers pas ou premiers sourires d’enfants, des retrouvailles, bref de beaux moments. Les gens sont insouciants, ils rigolent, se courent après, se taquinent, ce brouhaha m’a toujours fait chaud au cœur. C’est un peu pour ça aussi que j’ai accepté d’habiter dans cet immeuble. Il y a un magnifique parc à environ 6 kilomètres, donc un demi parcours pour moi. Kukere résonnant à fond dans mes airpods, je laisse mes jambes m’entrainer, et j’oublie tout. Mon enfance, mon atelier, mes problèmes, Samael, tout. Je me vide totalement l’esprit. C’est cette aspect du jogging que je préfère, (en plus du fait qu’il me fasse un fessier et des jambes d’enfer bien sûr). C’est une plénitude qu’il m’est impossible de décrire. Je cours longtemps, je perds la notion du temps, les chansons s’enchainent, et je ne réalise que j’ai dépassé le parc que quand je me retrouve face à l’épicerie. Je décide de m’y arrêter pour prendre quelques douceurs pour me faire plaisir au petit déjeuner. J’entre ensuite dans la supérette qui est juste en face pour acheter de l’eau. Je me retourne pour me diriger vers la caisse mai heurte un mur. -Je suis désolée, je ne regardais pas où j’allais. Je m’excuse tout en ramassant ma bouteille d’eau que j’ai laissée tomber. Lorsque je relève la tête, mes yeux rencontre ceux de Damon, tout souriant. - Damon ?!?!! Je suis contente de tomber sur toi, enfin pas tomber sur toi plutôt te rentrer dedans, enfin te percuter, bref tu vois ce que je veux dire… Mais qu’est-ce j’ai ? Il éclate de rire. J’ai dû penser à voix haute. Oups. - Bonjour ma belle, je suis contente de te voir moi aussi. Il me dit d’un ton moqueur. Je pensais que je te verrais plus tard vu que je dois passer à ton atelier dans deux heures mais je serai ravi de prendre le petit déjeuner avec toi. - Damon, c’est gentil mais… - Allez, il me coupe, comme ça tu te rattraperas pour hier. Il me fait un clin d’œil et en retour je lui lance un regard noir en essayant de ne pas rougir. - Bon, c’est d’accord. Après avoir payé mon eau, on sort tous les deux de la superette et je prends la voix qui mène jusqu’à chez moi, pendant que Damon se dirige vers le parking. -Je suis en voiture. Il me dit avant que je n’ai le temps de lui poser la question. Tu viens ? - Mais, je suis toute en sueur, je vais mouiller tes sièges ! - C’est du cuir Lidi. Il me dit d’un ton moqueur. Je lève les yeux aux ciel. En voiture ! Dommage pour mes 6 kilomètres du retour. Il actionne le déverrouillage et la voiture qui réagit n’est rien d’autre qu’une Ferrari. Ah quand même ! Il rigole. J’ai encore dû réfléchir à voix haute. - Dis-donc ! Mannequin ça paye si bien que ça ? - Euh… On va dire que j’ai eu un héritage plutôt généreux. Il dit un peu gêné. Le parcours jusqu’à chez moi est plein de rires. Il se trouve que Damon et moi avons et même goûts musicaux et que c’est un horrible danseur. Je savais que la perfection n’existait pas. Lorsqu’on arrive à mon appartement, Damon me propose d’aller me préparer pendant qu’il nous fait des œufs et du bacon. Quand je lui ai rappelé que j’avais déjà acheté des viennoiseries, il a répondu je cite, « il faut bien plu que deux croissants pour alimenter 1 mètre 90 de muscles ». Quel arrogant ! Je m’entends de mieux en mieux avec lui. Après une bonne douche, j’opte pour une petite robe en soie vert eau sans manche. Elle est droite sans être moulante mais fait quand même ressortir ma silhouette. Elle a un col bateau, donc, pas de décolleté. On pourrait croire qu’elle est sage, mais vois devez me connaître maintenant. Mes tenues ne sont jamais sages. Il y a toujours un détail pour les rendre mémorables. Celle-là, c’est sa longueur. Cette robe s’arrête à peine 7 centimètres en dessous de mes fesses, traduction, elle est super courte. Fluette, et courte. Parfait pour un jeudi. Pas trop professionnelle, pas trop décontractée. Je l’agrémente avec des chaussures compensées argentées de 13cm. Je décide de laisser mes cheveux libres. Ils retombent en cascade dans mon dos. Je suis déjà maquillée donc je file rejoindre Damon pour le repas. Lorsqu’il me voit, je distingue une lueur appréciatrice dans son regard, mais n’y prête pas attention. On mange tranquillement, on discute de tout et rien, il me fait rigoler jusqu’à en avoir mal au ventre. Il est vraiment sympathique. On fait la vaisselle ensemble en chantant Laissez passer. C’est à mourir de rire. Les voisins doivent me détester. Vers 9h30, on décide de se rendre à l’atelier. Je vais dans ma chambre, enfin dans mon dressing changer rapidement de sac à main, récupère mes airpods dans ma banane de sport, et débranche mon téléphone qui est totalement chargé. Je le déverrouille et constate une quinzaine d’appels manqués de Samael. Mais qu’est-ce qu… Je n’ai même pas le temps de réagir, qu’il appelle à nouveau. - Allo ? Bonjour Sa… Il me coupe, - Qu’est-ce que Scratch fait à ton appartement et pourquoi Diable, ton téléphone était-il éteint depuis hier ? Sa voix est calme mais glaciale. Je peux sentir toute la fureur qu’il essaie de réprimer. - Je… C’est… En fait… Pourquoi je tremble alors que j’ai décidé que c’était fini entre nous ?
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