23.La cigarette Le joli baron Benjamin qui par extraordinaire n’avait pas passé la nuit précédente au café Anglais, s’était levé à la pointe de midi moins un quart et fumotait un cigare, tandis que son valet de chambre l’habillait. Le jeune vieux était livré tout entier aux joies d’une passion de noble origine, la vengeance, ce sentiment chéri des dieux de l’Olympe. — Cet affreux gribouilleur, murmurait-il, ne saura jamais le tort qu’il m’a fait dans le monde en me donnant un coup d’épée. Il y a des femmes qui ne me saluent plus depuis ce temps-là, et je suis, chaque instant, obligé à une politesse exquise avec les gens de mon cercle. Mais ce soir j’aurai ma revanche. Le baron Benjamin, tout en mâchonnant son cigare qu’il avait laissé s’éteindre, regardait l’heure au cartel rocaille de

