Chapitre 5 : L'Épreuve du Feu

939 Words
Chapitre 5 : L'Épreuve du Feu Point de vue de Léna Les rideaux de soie dorée du grand salon des Sinclair étaient tirés, mais Léna avait l'impression que des milliers d'yeux la fixaient à travers les murs. Depuis que la nouvelle de son union avec Gabriel avait fuité, elle était devenue la cible préférée des tabloïds. Elle jeta un œil sur la tablette posée sur la table basse. Le titre d'un magazine people l'agressa : "Cendrillon ou manipulatrice ? Qui est vraiment Léna Martin, la serveuse qui a piégé le Requin de la City ?" Léna sentit une boule d'angoisse se nouer dans sa gorge. Elle portait une robe de maternité en cachemire léger, mais elle se sentait déguisée. Chaque fois qu'elle croisait son reflet dans les miroirs dorés du manoir, elle cherchait la fille à la peau farinée de la boulangerie, celle qui était invisible mais au moins... en paix. — « Ils disent que j'ai tout calculé, » murmura-t-elle alors que Gabriel entrait dans la pièce. « Ils disent que je t'ai suivi dans ce club parce que je savais qui tu étais. » Elle se tourna vers lui, les yeux brillants de larmes. — « Gabriel, même tes partenaires d'affaires me regardent comme si j'étais une maladie contagieuse lors des dîners. Je vois leurs sourires polis, mais leurs yeux disent que je ne suis qu'une fille de rien qui a eu de la chance. Comment peux-tu supporter que ta future femme soit traînée dans la boue ainsi ? » Point de vue de Gabriel Gabriel observa Léna. Elle semblait si fragile au milieu de ce luxe imposant. Sa détresse le touchait plus qu'il ne l'aurait cru possible. Lui qui avait passé sa vie à ignorer l'opinion publique se retrouvait à vouloir brûler chaque imprimerie qui osait salir son nom. — « Léna, regarde-moi, » dit-il en s'approchant. Il posa ses mains sur ses épaules, une ancre dans la tempête. « Le monde déteste ce qu'il ne peut pas contrôler. Ils voient une femme qui n'appartient pas à leur caste et qui, pourtant, a conquis l'homme qu'aucune de leurs filles n'a pu approcher. Ce n'est pas du mépris, c'est de la peur. » — « Mais je n'ai rien conquis du tout ! » s'écria-t-elle. « Je suis juste... moi. » — « Et c'est précisément pour ça que tu es ici. » Gabriel savait qu'il devait frapper un grand coup pour faire taire les rumeurs. Il ne pouvait pas simplement cacher Léna. Il devait l'imposer. — « On va organiser un gala de charité ici, au manoir. Ce week-end. Toute la haute société sera là. Les journalistes aussi. On va officialiser notre mariage et la venue de l'héritier. Tu ne te cacheras plus, Léna. Tu vas marcher la tête haute. » Le Gala : Le Venin et la Soie Le soir du gala, le manoir scintillait sous des milliers de bougies. Léna, dans une robe émeraude sur mesure qui dissimulait avec élégance son ventre de quatre mois, tremblait de tous ses membres. Alors qu'elle s'était isolée un instant près du buffet pour reprendre son souffle, deux femmes de la haute société s'approchèrent, feignant de s'intéresser aux fleurs. — « Vous vous rendez compte ? » dit l'une d'elles assez fort pour être entendue. « Passer du fast-food au velours de Gabriel... Elle doit avoir un talent bien particulier pour s'être ainsi imposée. Pauvre Gabriel, il est tellement obsédé par sa lignée qu'il est prêt à épouser n'importe quelle intrigante. » Léna sentit le sang quitter son visage. Elle s'apprêtait à s'enfuir, comme elle l'avait toujours fait, quand elle sentit une présence familière derrière elle. Gabriel ne l'avait pas quittée des yeux. — « Madame de Valmont, » lança Gabriel d'une voix de velours mais glaciale. Les deux femmes sursautèrent. « J'ignorais que vos compétences en généalogie s'accompagnaient d'un tel manque de tact. Léna n'a pas eu besoin de "talent particulier" pour m'éblouir. Elle a simplement eu la dignité et la force que beaucoup de personnes dans cette pièce ont perdues depuis longtemps derrière leurs parures de diamants. » Il prit la main de Léna et l'embrassa devant tout le monde. — « Et pour clarifier les choses : ce n'est pas moi qui lui fais une faveur en l'épousant. C'est elle qui me fait l'honneur de porter mon nom. » Le Choix de Léna Plus tard cette nuit-là, après que les invités furent partis, Léna et Gabriel restèrent sur la terrasse, observant les lumières de la ville au loin. Le silence était apaisant. — « Tu l'as fait pour me défendre, » dit-elle doucement. — « Je l'ai fait parce que c'est la vérité. » Léna posa sa main sur son ventre. Elle sentit un léger mouvement, une vie qui réclamait sa place. Elle comprit alors que les préjugés ne disparaîtraient jamais vraiment, mais qu'elle avait désormais quelque chose de plus grand à protéger que sa propre réputation. — « Gabriel... je veux qu'on se marie vite. Pas pour l'argent, pas pour faire taire les gens. Mais pour que cet enfant sache qu'il est né d'une union solide, pas d'un scandale. » Gabriel sourit, un vrai sourire qui n'appartenait qu'à elle. — « Les papiers sont prêts. La cérémonie sera privée, loin des caméras. Juste toi, moi, et l'avenir. » Léna se blottit contre lui. Elle savait que la route serait longue pour se sentir vraiment à sa place dans ce château de verre, mais pour la première fois, elle n'avait plus peur de l'ombre que Marc et Chloé avaient jetée sur sa vie. Elle était prête à devenir la femme que Gabriel voyait en elle.
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