Mais une fois, Gratien ne s’était pas réveillé de sa crise, il était comme mort et toutes les tentatives habituelles pour le réanimer avaient parues vaines. Entre consternations et désolations, enseignants et camarades de classe ne pouvaient pas retenir leurs larmes. C’était la panique totale. Ses parents comme d’habitude avaient été avertis dès la survenue immédiate de la crise. Mais il se réveillait toujours après les séances de réanimations. Mais ce jour-là, il ne s’était pas réveillé. L’infirmier de l’établissement, contrairement à l’assistance qui se lamentait, refusait par son comportement, d’accepter ce qui était pensé de tous. Plus concentré que jamais, il avait continué sa séance de réanimation. Il n’avait jamais arrêté de palper le torse de Gratien, en chantant presque on dirait, …un, deux, trois… qu’il répétait sans cesse, en corrélation avec les mouvements de ses mains. Ses yeux larmoyants sous sa tête baissée, laissaient échapper des gouttelettes de larmes silencieuses s’assimilant à de la sueur par une vue de loin. Personne ne l’avait su en larmes, jusqu’au moment où les parents de Gratien apparurent totalement désemparés. Mme NOA accouru et se jeta sur son fils inerte, en poussant un cri strident de désespoir. C’est en ce moment que l’infirmier se laissa choir, en revenant assis sur le sol, révélant à tous son visage inondé par des larmes de longues minutes. Il avait pleuré comme tous, depuis les premières minutes de réanimation. Le père NOA, comme le vrai homme qu’il était, était assis sur une chaise face à la scène, et tenait son visage entre ses mains, en silence. Son épouse inconsolable, avait interdit à tout le monde de dire que son fils était mort. Elle avait relevé Gratien, l’avait entouré de ses bras, et l’avait serré contre elle de toutes ses forces, sans jamais cesser de pousser des cris très aigus de douleur.
Soudain, Gratien éternua. Toute l’assistance se tu d’un seul trait. Mais personne n’arrivait à demander à personne si c’était Gratien, ou sa mère, qui venait d’éternuer. Tous les regards étaient fixés sur la mère et son fils. Le père NOA avait relevé la tête lui aussi, et tout le monde s’était rendu compte qu’il pleurait également en silence. Mais avant qu’il ne se lève pour se rapprocher de son fils et de son épouse, Gratien éternua à nouveau. Et ce fut un moment indescriptible de joie. L’infirmier bondit et reprend l’enfant à sa mère, le ramena couché sur son dos, avant de lui administrer les différents soins qui avaient attendus désespérément son retour à la vie. Gratien fut ensuite immédiatement transporté à l’hôpital, par ses parents, avant de regagner le domicile parental quelques jours plus tard.
Complètement abattu par cette mésaventure de quasi deuil, Le père NOA se sentait très impatient de voir les résultats des tests qu’il avait commandés en Belgique. Les huit jours qu’ils avaient convenus étaient dépassés de bientôt huit autres, et il n’avait pas reçu d’appel. Embarrassé, il décida de consulter sa boîte mail pour voir si de nouveaux messages lui avaient été laissés. Et il n’avait pas tort. Un mail lui était parvenu de la Belgique à très bonne date. Il était plutôt celui qui n’était pas venu le lire à temps. Tous les évènements malheureux qui ont secoués sa maison par ces temps-là l’avaient complètement absorbé. Maintenant il faut se presser de voir de près ce qu’il se passait dans le corps de ses enfants, avec beaucoup plus de certitudes. Tout comme pressenti, Symphonie n’avait jamais été malade. Elle n’avait jamais souffert d’aucunes de ces maladies qu’évoquaient ses différents tests de santé qui étaient brandis ici au pays. Quant à Gratien, il était empoisonné constamment. Il consommait en permanence une substance très agressive pour le cœur, à faible dose. Mais comment cela était possible ? Le père NOA ne s’en revenait pas. Il préfère ne pas en informer son épouse, qui ne s’en remettrait jamais puisque c’est elle qui s’occupait personnellement de l’alimentation d’eux tous dans la maison. Le chef de famille, déboussolé, ne sachant plus quoi faire, décida de poser des caméras cachées dans sa maison. Et pour se faciliter la tâche, il opta pour les miniatures à aimas qu’il pourrait disposer de lui-même, ce qu’il fit. Dans toutes les chambres sauf celle où il restait avec son épouse, il espionna désormais toute la maison, jusqu’au portail, dans l’espoir de retrouver le coupable de l’empoisonnement de son fils. Gratien achetait rarement à manger au dehors. Il préférait toujours emporter les petites glacières rechargées par sa mère, ainsi que sa gourde d’eau dont il s’occupait lui-même de l’hygiène tous les matins avant d’aller s’apprêter pour l’école. C’est pourquoi il fallait approfondir l’enquête. Et les résultats de l’enquête ne se feront pas trop attendre. Seulement le lendemain du piège, le gibier s’était fait prendre. Le père NOA a failli lui-même faire une crise cardiaque, lorsqu’il a fait la douloureuse découverte du vrai bourreau de son fils. Noyé de colère dans ses propres larmes, il annonça à son épouse, les résultats de son enquête, qui révèlent que c’est Symphonie, leur si innocente fille, qui empoisonne son frère au quotidien. Quelle horreur ! Ce n’est pas vrai ! Symphonie ! Oh non mon Dieu!