Contrairement à Symphonie, Gratien lui, a effectué de longues études. Ayant choisi une carrière de gestionnaire d'entreprise, son but est d'évoluer à compte propre plus tard, comme son père. Son rêve n'a pas été un échec parce qu'il pilote aujourd'hui la plus grande société de production d'huile d'olive de son pays. Sa sœur quant à elle, a très tôt raccroché d'avec les études après juste quelques pas posés au collège. Symphonie n'a donc à son actif aucun autre diplôme à part son laisser-passer pour entrer au collège. Elle a toujours gardé un œil sur l'héritage familial malgré son jeune âge, de peur que tout ne soit octroyé à son frère aîné plus tard.
En effet, les parents de Symphonie et Gratien, appelaient affectueusement Gratien, « unique héritier », un pseudo très mal digéré par sa petite sœur. Sans jamais que personne ne s'en doute, Symphonie a toujours été jalouse de son frère, même si elle ne le paraissait pas. Les deux héritiers ont ainsi grandi dans une atmosphère apparemment hypocrite, mais paraissant harmonieuse. Gratien quoi qu'enfant de riche, menait une vie sobre et idéale. À la fin de ses études secondaires, il s'était trouvé un job de gérant de commerce, à titre temporaire, ce que ses parents avaient beaucoup apprécié. Car son autonomie financière ne l'a pas empêché de se faire humble. Au lieu de jouer à l'enfant nanti, il a préféré accepter un salaire dérisoire pour un poste qui lui enseignera beaucoup sur la gestion de sa future entreprise, et a ainsi valorisé positivement sa capacité financière. Il apprendra à être professionnel et gérer plusieurs difficultés d'entreprise aux côtés de son employeur. Il était aimé de tout le monde.
Pendant ce temps, Symphonie ne menait aucune activité que celle de se dépraver. Elle n’avait aucun diplôme fier, et n’avait appris aucun métier. Ce choix était le sien, et son père l’y a piégé, pour sauver la vie de son frère. Car, pour imposer à ses parents sa déscolarisation, Symphonie avait choisi de jouer à l’enfant malade.
En fait, enfants, lorsqu’ils étaient encore au collège, Symphonie avait tenté l’impossible pour valider son plan de déscolarisation. Et pour cela, elle simulait des crises successives, et corrompait à chaque fois des agents de santé pour qu’ils confirment son mauvais état de santé. C’est ainsi qu’elle réussit à imposer à ses parents une fausse dispense, la même année ou son frère devait passer le baccalauréat.
Etonnés, les parents de Symphonie tentèrent d’élucider les points d’ombre sur la santé de leur fille en vain. Se sentant menacée par la détermination de son père à l’époque, à voir clair dans cette histoire, elle décida de souiller la santé de son frère, afin de faire croire à leurs parents, que tous deux sont malades. Gratien s’est alors mis à faire des crises en classe. Symphonie empoisonnait quotidiennement la gourde d’eau de son frère, d’une substance toxique pour le cœur. Ce dernier subissait des attaques cardiaques sans explications, ce qui inquiéta leurs parents, qui ont décidé de faire recours à un spécialiste étranger, pour confronter les résultats des tests de santé effectués par les professionnels de santé de chez eux. Le père NOA, suspectait l’existence d’un obstacle permanent à propos de l’état de santé de ses enfants. De commun accord avec son épouse, il décida de passer la suite de ses investigations sous silence absolu. Symphonie n’avait donc plus aucune information sur les prévisions de ses parents concernant les problèmes de santé d’elle et son frère, ni Gratien. Le père NOA était un agrégé, précédemment docteur en médecine, spécialisé en psychiatrie. Il enseignait également la psychologie en tant qu’enseignant occasionnel dans les enseignements supérieurs à internationaux. Il est l’unique de son département de résidence. Il était très compétent et était sollicité un peu partout. Il savait donc distinguer les bonnes réactions des mauvaises. Si il avait choisi de travailler pour l’Etat, il n’aurait jamais pu ouvrir son propre cabinet ce qui ne lui convenait pas du tout. Après ses études, il travailla comme stagiaire dans plusieurs hôpitaux d’état et joignait les deux bouts avec une entreprise de distribution de sucre qu’il avait confié à son épouse. Au bout de cinq années de sévères économies, son cabinet vit le jour, et vint donner un gout plus savoureux à son existence ainsi que celle de sa petite famille. Sa compétence qui n’est plus à démontrer, et sa passion pour son travail, n’ont fait que le suivre de chaque poste qu’il avait quitté, pour rester à ses côtés dans son cabinet. Ses anciens patients ruèrent d’autres vers son établissement privé, en le recommandant comme meilleur Psychiatre. Comment pouvait-il alors lui, le meilleur psychiatre du département ne pas voir qu’il se passait quelque chose d’anormale dans sa maison ? Il en est certain désormais.
Symphonie, n’ayant su que profiter du respect que les gens avaient pour son père dans la plupart des hôpitaux, en soumettant les agents les plus vulnérables au pouvoir de l’argent, avait totalement oublié qui était vraiment son géniteur. Trop occupée à détruire son frère, les détails les plus importants ont semblé lui avoir échappé. Fixée et figée donc sur son unique manœuvre qui consiste à échanger les résultats des analyses en ce qui la concerne, et empoisonner constamment son frère dont les résultats sont réels, sa réflexion n’allait plus au-delà du bout de son nez. Elle célébrait pourtant victoire au fond de son être, car malgré tout ce que ses parents lui administraient comme traitement, Gratien continuait de faire des crises.
De son côté, le père NOA avait subtilement lancé son enquête. Il soupçonnait sa fille silencieusement, car voyant en tant que psychiatre, en sa réaction une nouveauté négative. Symphonie n’était pas du tout sensible à ce qui arrivait à son frère.Pour parvenir à ses fins, il fit lui- même les prélèvements de sang pour Gratien, puis entraina affectueusement Symphonie à effectuer un don de sang pour sauver des vies, dont la campagne venait de tomber à pic. C’était vraiment une belle occasion. Tout se passa comme l’eau qui coule. Les différents prélèvements furent précieusement envoyés par ses soins, à l’un de ses collègues Belges, pour identification de toutes sortes de problèmes de santé concernant les individus, dont les identités sont l’anonymat. Il lui fallait maintenant patienter pendant huit bons jours, et prier pour que rien de grave ne soit arrivé à son fils avant l’arrivée des résultats.
Malgré tout ce qu’il subissait comme secousses dans son corps, Gratien n’avait pas perdu son engouement pour ses études. Il avait un examen à passer, et n’entendait donc pas laisser son malaise lui prendre le dessus. On aurait même dit qu’il devenait encore plus fort après chaque crise car il redoublait d’efforts pour se mettre aux pas. Ses notes n’avaient pas chuté encore moins son rang car, toujours le meilleur élève de sa classe. Il se relevait après chaque crise, et renouait avec ses cahiers. Mais une fois, Gratien ne s’était pas réveillé de sa crise, il était comme mort et toutes les tentatives habituelles pour le réanimer avaient parues vaines. Entre consternations et désolations, enseignants et camarades de classe ne pouvaient pas retenir leurs larmes. C’était la panique totale. Ses parents comme d’habitude avaient été avertis dès la survenue immédiate de la crise. Mais il se réveillait toujours après les séances de réanimations. Mais ce jour-là, il ne s’était pas réveillé.