75Deux semaines durant, en attendant le jour de l’attaque, Mikael avait étudié les mouvements des gardes du pont. La relève se faisait toutes les six heures. Ceux dont le tour de garde avait pris fin remontaient à cheval et rentraient au château. Chaque fois, un seul des quatre menait son cheval par la bride jusqu’à la rive du torrent, l’attachait à une branche basse, se déshabillait et allait se rafraîchir dans les eaux limpides. À ce moment-là, il était vulnérable. Ensuite il se rhabillait et remontait au château en saluant les deux remplaçants. Ce matin-là, Mikael se tapit derrière un buisson de sorbier sur la rive de l’Uque, peu avant la relève de la garde. Il attendait, la main nerveusement serrée sur son poignard, en essayant de calmer sa respiration. Le convoi que les rebelles de

