Et la voyageuse montrait à l’appui de son dire une petite blessure noirâtre qui apparaissait sur sa main. Le cri de la voyageuse avait, comme bien l’on pense, provoqué une violente émotion parmi les occupants de l’autobus. L’homme, qui avait violemment dégagé sa main de l’étreinte, protestait hautement de son innocence, cependant que plusieurs voyageurs, parmi lesquels un agent en civil, l’entouraient et l’appréhendaient. Immédiatement fouillé, celui que l’on accusait ainsi ne fut trouvé porteur d’aucun instrument piquant, et les recherches opérées aussitôt sur la banquette et le plancher de l’autobus ne firent rien découvrir de suspect. Cependant la plaie que portait la victime attestait d’une façon formelle qu’elle avait reçu une piqûre. C’est alors qu’une autre voyageuse déclara avoir aperçu quelques instants auparavant, sur la plate-forme, un individu d’aspect singulier, dont le col du pardessus était relevé sur un visage aussi impassible et aussi dur que celui d’une statue… Enfin cet individu semblait avoir la main refermée sur un instrument d’acier… Il n’en fallait pas tant !… « C’est la poupée sanglante !… C’est la poupée sanglante ! s’écrièrent vingt voix.
– Et où est-il descendu ?… demanda l’agent. – Quand Madame a crié, instinctivement, j’ai tourné la tête… Il n’était plus là !… Mais je l’ai aperçu sur le trottoir qui courait dans la direction du boulevard !… Un grand pardessus noir lui descendait jusqu’aux talons !… Son chapeau de feutre marron était enfoncé jusqu’aux oreilles !… » L’autobus s’était arrêté… l’agent s’élançait déjà dans la direction indiquée… dix autres voyageurs sautèrent de l’autobus, derrière lui… Toute cette troupe courait, bousculant tout sur son passage et entraînant dans son sillage tous les badauds !… « Qu’y a-t-il ?… Qu’y a-t-il ?… – La poupée sanglante ! la poupée sanglante !… » Et l’on courait !… Après quelques tribulations, hésitations, puis reprise éperdue de la course provoquée par quelque flâneur qui, après s’être renseigné sur la cause de tout cet émoi, affirmait soudain « l’avoir vu passer ! »… toute la troupe arriva devant le musée Fralin dont la porte était grande ouverte sur une voûte plongée dans une demi-obscurité… Qui ne connaît le musée Fralin ? Il a été l’étonnement de notre enfance et la joie de notre âge mûr… Avec le tombeau de l’Empereur, le Panthéon et la tour Eiffel, il constitue pour les touristes de la province et de l’étranger une de ces rares étapes d’où l’on revient chez soi planter ses choux avec l’orgueilleuse certitude de ne rien ignorer des merveilles de « la capitale du monde moderne »… La porte de fer qui s’ouvrait sur cet antre mystérieux où l’art léger d’une habile statuaire semble avoir ressuscité, en des figures auxquelles il ne manque que la parole, les gestes les plus fameux de l’histoire, était entrouverte. « Il est peut-être entré là ! dit une voix. – Dame ! fit une autre, un automate, ça ne peut pas être mieux caché qu’au milieu des poupées de cire !… » Cette phrase était foudroyante de logique… Les trente personnes qui l’avaient entendue, laissant courir les autres, pénétrèrent sous la voûte, ou plutôt s’y ruèrent, bousculant les employés, sautant par-dessus les tourniquets… Elles arrivèrent ainsi, essoufflées et un peu ahuries, dans les premières salles de ce musée de l’illusion… Un bon père de famille qui s’était ingénié, comme il arrive souvent, à rester immobile sur une banquette, histoire d’intriguer les visiteurs et d’amuser sa petite famille aux aguets non loin de là, s’était levé tout à coup, comme détendu par un ressort, passa là peut-être le quart d’heure le plus désagréable de sa vie… Heureusement pour lui qu’il n’était pas muet. Comme il protestait avec des cris épouvantés contre l’affreux traitement qu’on lui faisait subir, quelqu’un fit observer que la poupée ne parlait pas, ce qui le sauva d’un dépeçage en règle ; mais on ne l’en rendit pas moins fort endommagé à ses enfants en larmes. Il quitta l’établissement en jurant de n’y plus remettre les pieds et il reprit le soir même le train pour Angoulême. Malgré les efforts des employés, le groupe envahisseur continuait sa folle inspection, secouant les mannequins à n’en plus laisser que la carcasse. Nous n’insisterons pas sur cette déplorable expédition, qui ne fut qu’un incident, du reste, dans le tumulte général qui gagna la capitale. Rappelons seulement que dans les caveaux où sont exposées quelques scènes de la Révolution, des personnages historiques, qui avaient le tort d’être habillés à peu près comme l’était Gabriel quand il était apparu pour la première fois dans les boutiques de la rue du Saint-Sacrement – costume qui avait été complètement décrit par les journaux –, furent réduits en miettes par ces nouveaux iconoclastes… Qu’auraient-ils laissé, ces sauvages, de tant de tableaux charmants et familiers qui font la joie de nos dimanches, si la police n’était enfin intervenue ?… Dehors, c’étaient les messieurs en pardessus noir et au chapeau marron qui couraient le risque du martyre… Que de scènes grotesques qui faillirent tourner au tragique !… Le geste un peu bizarre de la personne la plus inoffensive donnait le signal de l’assaut !… Enfin, quand on ne faisait pas de geste du tout, on s’exposait à être déchiré !… Rappelez-vous !… Rappelez-vous !… Un assoupissement pouvait vous être fatal !… Un monsieur qui s’était endormi dans un tramway et qui avait le malheur de ne pas ronfler était soudain secoué comme un panier par les voyageurs en délire qui lui criaient : « Parlez !… Parlez !… – Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? suppliait le pauvre homme, au comble de l’épouvante. – Rien ! cela suffit !… » Tout de même, il était dangereux d’avoir, comme on dit, un « sommeil d’enfant » ! Les jours suivants, l’affaire des piqûres prit des proportions fantastiques… Il y eut dix, vingt, trente, cinquante piqués entre onze heures du matin et sept heures du soir, car l’événement se passait généralement dans les grands magasins, à l’heure de la pleine vente, quand la foule se presse devant les « occasions » !… Cela devenait une maladie, une épidémie !… Des femmes criaient qu’elles étaient piquées quand elles ne l’étaient pas ! Mais elles avaient cru l’être, ce qui était autrement terrible, car cela ouvrait la porte à une suggestion générale qui rappelait, dans le moderne, les suggestions de saint Médard et les fanatiques de la fontaine des Innocents !… « En voilà assez ! s’écria le préfet de police, qui était un homme d’une intelligence remarquable, il faut en finir !… » Et voilà, en effet, comment on en finit… ou à peu près… Comme il était impossible d’arrêter le ou les piqueurs, on arrêta les piqués !… Nous avons eu l’occasion de parler d’un M. Thibault, petit rentier des Batignolles, qui avait causé une sorte de scandale dans une brasserie des grands boulevards en déclarant que « la poupée sanglante » n’était qu’une invention du gouvernement destinée à détourner les esprits de problèmes autrement graves ! Or, il arriva que ce M. Thibault, qui, bien qu’habitant les Batignolles, venait tous les jours prendre son apéritif sur le boulevard (M. Thibault disait volontiers : « Je suis le dernier boulevardier »), il arriva, disons-nous, que ce M. Thibault, en passant devant un grand magasin dont les trottoirs étaient particulièrement encombrés par une clientèle féminine alléchée par un solde de bas de soie, s’arrêta quelques secondes pour contempler un spectacle qui – peut-être eut-il tort de le dire trop haut – ne manquait point d’un certain piquant !… Il fut immédiatement puni de cette innocente critique à l’adresse de la coquetterie de ces dames au milieu desquelles il s’était glissé avec la bonne humeur d’un vieux Parisien nullement ennemi de la gaudriole, par la sensation fort désagréable d’une aiguille qui lui entrait assez profondément dans la partie la plus charnue de son individu !… Il poussa un cri en portant la main à la place attaquée, se retourna d’un bloc pour surprendre son lâche agresseur, n’eut que le temps de voir disparaître au coin de la rue une forme vague et bondissante, appela immédiatement à son aide : « À moi !… je suis piqué !… je suis piqué !… » Aussitôt des sergents de ville accoururent… qui l’arrêtèrent ! « Oui, oui ! mon vieux ! tu l’es, piqué !… tu l’es plus que tu ne le crois !… Mais, calme-toi ! nous allons te soigner ! » D’abord il ne comprit point ce qu’on lui voulait. Il ne commença à se faire une idée approximative de son aventure qu’au poste où il fut projeté, en attendant l’arrivée de M. le commissaire, dans une petite pièce sombre et puante déjà occupée par quelques clients d’occasion. « Mais, messieurs les agents !… je ne demande qu’à être examiné !… protesta-t-il, éperdu : je souffre !… Je vous jure que j’ai été piqué !… – Ah ! tu as été piqué !… grogna l’un de ces dévoués représentants de la force publique, en avançant sur le pauvre homme un visage de guerrier énergique, fortement, moustachu… Ose dire encore que tu as été piqué !…
– Oui, monsieur l’agent, j’ai été piqué ! – Eh bien… et ça, « est-ce que ça pique ?… » Et le représentant de la force publique envoya rouler sur le banc, d’une solide caresse de son poing entre les deux yeux, M. Thibault, petit rentier des Batignolles. Sur quoi, la porte se referma… Une demi-heure plus tard, elle se rouvrait : « L’homme qui a été piqué ! » appela l’agent… M. Thibault, à peine remis de son émotion, se présenta ; l’agent le conduisit devant M. le commissaire. Celui-ci paraissait de la plus méchante humeur du monde. Il jeta sur le prisonnier un regard à la Fouquier-Tinville : « Vos nom, prénoms et qualités ?… – Aurélien Thibault, rentier aux Batignolles. – Il paraît, monsieur, si j’en crois le rapport de mon brigadier, que vous auriez été piqué ?… – Erreur !… monsieur le commissaire, erreur !… j’ai pu penser, j’ai pu croire… mais maintenant je puis vous jurer… je vous jure que je n’ai pas été piqué !… » Alors le commissaire se leva. Il n’avait plus son regard à la Fouquier-Tinville. Le plus aimable sourire s’épanouissait sur sa lèvre en fleur… « Je crois, mon cher monsieur Aurélien, que vous avez compris ? – Oui, monsieur le commissaire, j’ai compris !… – Vous êtes un homme remarquablement intelligent, mon cher monsieur Aurélien. Permettez-moi de vous serrer la main ! – Trop aimable, monsieur le commissaire !… Et maintenant, je puis me retirer ?… – Non, monsieur Aurélien, non !… Nous vous garderons encore vingt-quatre heures !… Un homme intelligent comme vous comprendra que, pour que les autres comprennent, eux aussi, nous sommes dans la nécessité de vous garder encore vingt-quatre heures !… Quand les autres sauront qu’il en coûte vingt-quatre heures de boîte pour avoir été piqué ou pour croire que l’on a été piqué, personne ne le sera plus !… » M. Thibault ne protesta point. il ne croyait plus à la justice de son pays, il ne croyait plus à rien de ce qui fait la force morale des petits rentiers des Batignolles. Il ne croyait plus qu’à la poupée !… Comme nous l’avons fait prévoir, cette méthode eut d’excellents résultats, et déjà M. Bessières, bien que l’initiative en eût été prise par son collègue de la préfecture, était le premier à s’en réjouir, quand il vit apparaître dans ses bureaux de la rue des Saussaies un homme dont il n’avait pas eu de nouvelles depuis le jour où il l’avait envoyé en mission. « Ah ! vous voilà, l’« Émissaire » ! s’écria-t-il sur un ton assez joyeux, car ce jour-là il n’y avait pas eu de piqués du tout. Eh bien, qu’êtes-vous devenu ? Je croyais que la poupée sanglante vous avait mangé ? – La poupée sanglante ne mange pas, répondit M. Lebouc sur un ton si grave que le directeur de la Sûreté générale en perdit aussitôt le sourire. Du reste, je ne reviens pas ici pour vous entretenir de la poupée ! – Tant mieux ! Monsieur Lebouc, tant mieux ! moins on en parlera, mieux cela vaudra ! Déjà elle ne pique plus personne. Dans quinze jours, il n’en sera plus question, une autre affaire éclatera et celle-ci sera enterrée. Et je vous prie de croire que ce n’est pas moi qui la regretterai. – Monsieur le directeur, l’affaire que je vous apporte est autrement grave que celle que nous avions imaginée ! – Mais je n’ai rien imaginé du tout, moi ! Allez dire cela à M. Gassier et à ces messieurs de la place Vendôme ! – Monsieur le directeur, si je suis resté à Corbillères tous ces jours-ci… – À Corbillères ! Mais on ne vous y a pas vu, à Corbillères ! J’ai demandé de vos nouvelles à tous mes agents, à mes inspecteurs ! – Eh bien, monsieur, j’y étais… et si j’y étais, alors que la poupée n’y était plus, soyez persuadé qu’il y avait une puissante raison à cela… – Qu’est-ce que vous allez encore me raconter ? – Une chose épouvantable ! – Épouvantable ? – Épouvantable !… Nous sommes bien seuls ? » M. Lebouc se leva, s’assura de la fermeture des portes, revint à son chef et lui parla bas à l’oreille pendant au moins cinq minutes… M. le directeur d’abord jura, puis injuria… et puis se tut et écouta. Et puis croisa les bras sur sa poitrine haletante et enfin éclata : « Ça n’est pas possible ! ça n’est pas possible ! » Lebouc, un peu pâle, se taisait maintenant. M. Bessières lui saisit les mains à les lui broyer ! « Écoutez… l’« Émissaire » ! vous n’êtes pas un imbécile. Eh bien, il faut vous taire ! et ne rien faire, absolument rien ! sans que je vous aie dit : « Allez ! » Je cours tout de suite chez le ministre. Attendez-moi ici !… » Un quart d’heure plus tard, M. Bessières était de retour dans son cabinet. Il en était parti congestionné, la figure prête à éclater et tel un boulet rouge. Il y revint plus pâle que M. Lebouc. « Savez-vous ce que le ministre m’a dit, l’« Émissaire » ?… Il m’a dit que vous étiez plus dangereux que la poupée ! Et maintenant, f… le camp ! Et surtout, silence, n. de D. !… » Le lendemain matin, on lisait ces quelques mots en première page, sous une grosse manchette de L’Époque : L’affaire de la poupée sanglante, qui a déjà fait couler tant d’encre… et tant de sang, va entrer dans une phase nouvelle et prendre une ampleur effroyable, si on a le courage d’aller jusqu’au bout… Ceci était signé des XXX que l’on avait déjà remarqués au bas de l’article qui avait fait éclater l’affaire à son début…
Si l’inspecteur Lebouc, pour des raisons que nous connaîtrons bientôt, avait abandonné la piste de la poupée sanglante, Jacques Cotentin, que nous avons laissé à Corbillères, en face des vêtements en lambeaux de Christine, s’était mis, lui, plus que jamais à la poursuite de Gabriel… Après l’épouvante du premier moment, le prosecteur croyait avoir acquis, sinon la certitude, au moins l’espoir que sa fiancée vivait encore. Il n’eût pu dire exactement comment s’était terminé, entre la jeune fille et le redoutable automate, le drame qui avait tout bouleversé dans cette chambre ; mais bien des indices lui permettaient de croire que s’il n’avait retrouvé de Christine que sa sinistre défroque, c’est que Gabriel la lui avait fait quitter pour qu’elle revêtît du linge frais et des vêtements décents… quelques étiquettes restées sur le parquet et révélant les prix d’un magasin de nouveautés de Melun le mirent à même de faire une rapide enquête qui aboutit vite à des renseignements précieux. D’autre part, il découvrit, sous le hangar, la preuve du passage de la petite auto à conduite intérieure volée à ce pauvre M. Lavieuville ; et même mieux que son passage : les raisons évidentes de son stationnement dans le mystérieux enclos. Quelques boîtes de peinture fraîchement ouvertes, deux gros pinceaux abandonnés encore enduits de la matière colorante, non seulement attestaient la toilette que l’on avait fait subir à la petite auto, mais encore apportaient le plus formel des témoignages sur son mode de camouflage… Si bien qu’après un voyage de quelques heures à Melun, Jacques Cotentin était suffisamment renseigné pour se faire une idée de la façon dont étaient habillés et la voiture et ceux qui l’occupaient. N’ayant rien laissé derrière lui, dans la maison de Corbillères, de ce qu’il y avait trouvé, de façon à n’être point gêné dans ses propres recherches (car il redoutait par-dessus tout, dans cette affaire, l’intrusion de la police), il put donc se lancer aux trousses de son automate avec toutes les chances de le rejoindre au plus tôt. Il n’avait déjà que trop perdu de temps. Le sort de Christine devait être lamentable. Les traces de la dernière lutte qu’elle avait eue à subir à Corbillères contre les exigences de la poupée prouvaient que la malheureuse fille de Norbert n’avait accompagné le monstre qu’à son corps défendant et continuait à être sa proie… Aussi, quelle ne fut pas la surprise du prosecteur quand, sur le chemin suivi par les fugitifs, dans une petite auberge des bords de la Marne, il apprit que c’était la jeune fille qui était descendue de l’auto et avait fait elle-même toutes provisions nécessaires avant d’aller rejoindre dans la voiture le jeune homme qui l’y attendait, assis tranquillement au volant… Après les sanglantes étapes d’une piste où il n’avait découvert jusqu’alors que coups et blessures pour Christine, Jacques ne pouvait que se réjouir de voir que les choses tournaient moins au tragique que le début de l’aventure ne le faisait prévoir… Il s’en réjouit certainement, mais il n’en fut pas moins intrigué… Les voyageurs avaient fait le tour de Paris et pris le chemin de la Touraine, que Jacques connaissait bien… Pour reconstituer cet itinéraire, il perdit encore un certain temps, car la petite voiture à conduite intérieure ne suivait pas toujours la grand-route… Les voies détournées dans lesquelles elle s’était engagée plus d’une fois témoignaient d’une telle astuce de la part du conducteur que Jacques, en d’autres circonstances, eût pu s’en montrer fier. Hélas ! depuis qu’il avait mis son automate au monde, événement qui devait le remplir d’orgueil et de gloire, ce n’est pas trop nous avancer de dire que Jacques Cotentin n’était plus fier de rien !… Chose extraordinaire, sa taciturnité naturelle ne faisait qu’augmenter au fur et à mesure qu’il avait de nouvelles preuves que Christine ne suivait plus Gabriel comme une prisonnière, mais comme une compagne… S’il se réjouissait d’un pareil changement, comme nous l’avons présumé, il faut avouer que Jacques Cotentin avait la réjouissance triste ! Il y a des caractères ainsi formés qu’ils se montrent indifférents et d’autant plus moroses qu’ils sont intimement satisfaits. La surprise de Jacques Cotentin ne fit qu’augmenter quand il constata que nos jeunes gens, en quittant Tours, avaient pris le chemin de Coulteray. « Ce doit être là une idée de Christine », se dit-il.