Chapter Six

1046 Words
Hôpital Saint-Louis, Paris [23h04] Je suis allongé sur l'herbe à observer ce ciel assombri, éclairé par la lune et les étoiles. Je ressemble sûrement à une folle mais moi j'aime beaucoup regarder le ciel la nuit. Je sens des pas se diriger vers moi, j'en ai déduis que c'était Azhar. J'ai compris depuis le temps que je le "connais" que si une personne venait vers moi la nuit dans cette hôpital ça ne pouvait être personne d'autre que lui. -Tu fous quoi par terre ? me demande t-il en riant. -Je regarde les étoiles. -Sah ? (sérieux) -Ouais. Il s'allonge à mes côtés et prend la même position que la mienne, les deux bras sous sa tête. -Ça va pas ? lui demandais-je en voyant qu'il avait l'air perplexe. -Si, mais...j'ai l'impression que la maladie de mon frère...je sais pas ça le bouffe, il a que 7 ans il mérite une belle vie, il mérite pas d'être malade. -Personne mérite d'être malade. -Surtout pas lui. -... -En ce moment l'hôsto c'est ta maison. -Comme tu dis, ils me disent une nuit ça se transforme en trente nuits, soupirais-je. -T'es forte hein, désespère pas. -Je suis pas forte, j'ai pas le choix. -Ça change rien, t'es malade mais t'as vu tu te plains pas. J'esquisse un petit sourire et continue de regarder le ciel sans lui répondre. -en se redressant, Viens on bouge non ? me dit-il. -Hein ? Bouger où ? -Je sais pas, t'en a pas marre de rester tout le temps ici ? -Si mais on fait pas autrement. -Bah ce soir si, allez suis moi. J'étais pas trop partante pour cette idée mais mon côté folle me hurlait de le suivre. J'avais jamais quitté mon petit quartier toute seule sous l'ordre de ma mère et mon frère par peur que je fasse une crise trop loin d'eux. C'était soit avec Tarek, ma mère ou bien Kamar. J'en parle pas de mon père, vous avez dû remarquer que je l'ai jamais évoqué. Il est mort quand j'avais 14 ans d'un accident. Je sais pas exactement de quoi et honnêtement j'ai jamais voulu savoir. Mon père c'était un homme bien quoi que puisse dire la famille de ma mère sur le fait qu'elle ait "épousé un espagnol et pas un arabe". Il a toujours tout fait pour nous et nôtre bonheur. Il me manque énormément. Je me suis un peu égarée, revenons. -Arrête Azhar t'es fou je te suis pas. -D'ailleurs je connais toujours pas ton nom moi, la "malade". -Change pas de sujet, je suis pas les inconnus. -Je suis un inconnu moi ? dit-il faussement blessé. -Oui, jusqu'à preuve du contraire. -Je pensais que nos discussions nocturnes avaient créées un certain lien d'amitié. -Ouais mais...c'est pas le sujet déjà. -Dernière fois, tu me suis ou pas ? Je réfléchis quelques instant avant de souffler et monter dans sa voiture. Il roule direction je ne sais où. Durant tout le long du trajet, je tortillais mon masque nasal pour éviter de paniquer parce que je ne veux pas faire une crise devant lui comme ça. -Quelle idée de te suivre. -Ça va, c'est pas la mort. -Je devrais être à l'hôpital si il me retrouve pas je fais quoi moi ? -Arrête de stresser pour une fois et profite de cette balade. -On va où ? -On va faire un tour vite fait vers la Tour Eiffel -Jamais vu. -T'as jamais vu la Tour Eiffel ?! dit-il choqué. -Non j'ai jamais vu, en l'imitant, la Tour Eiffel ! C'est pas au pied de mon bâtiment que je vais la voir. -Eh bah au moins tu t'en souviendras toute ta vie de cette balade. Le reste du trajet se fait en silence. Il se gare sur une grande place et on descend tous les deux de la voiture. Je le suis de près, les rues étaient bondées de monde malgré l'heure tardive. C'est Paris quoi. -Regarde. Je tourne ma tête et aperçoit la Tour Eiffel, étincelante devant moi. Le spectacle qui s'offrait à moi était juste magnifique. -Ouaah ! dis-je en admiration. -Tu veux des churros ? -Attend, laisse moi regarder. Je reste encore quelques minutes, émerveillée devant autant de luminosité. Et dire qu'il a fallut que j'attende 20 ans pour voir la Tour Eiffel. Ils nous emmènent vers un stand où il vendait des churros au Nutella. Il nous prend un grand paquet pour deux et nous marchons dans les rues tout en mangeant. -Pourquoi t'es gentil avec moi ? -T'es la seule meuf que je supporte, les autres elles me sortent par le t*********l. Je souris légèrement face à sa bêtise et tape un croc dans mon churros. -T'as des frères et soeurs ? lui demandais-je -Tu compte m'en poser beaucoup ? -Tranquille je veux faire la discussion. -J'ai une petite soeur et un petit frère. -... -Et toi ? -Un grand frère. T'es de quelle origine ? -Je... -Non attend laisse moi deviner ! -... -Algérien ? -Mauvaise réponse ! -Marocain ? -en souriant, Ouais. -Trop forte ! -rire -Qu'est-ce que tu veux ? -Finir ma glace sans que tu me les casses. -Azhar, dis-je en me stoppant, qu'est-ce que tu veux de moi ? -Rien, qu'est-ce qui te fais croire que je veux quelque chose de toi ? -Pourquoi t'es gentil alors ? -Je veux empêcher que ta plus grande peur se réalise, je veux que tu voyages, que tu vois des choses extraordinaires, que tu t'amuses, que tu profite de la vie, que tu profite au point que t'en oublies ta maladie, que...tu connaisse ce que tu n'a jamais connu. Il venait de répéter mes paroles mot pour mot. J'ai fais un petit sourire en coin en le fixant puis j'ai embrassé sa joue. Ça m'avait tellement touché ce qu'il venait de dire que je ne savais quoi répondre. J'aurais voulu qu'on se taise jamais pour que ses paroles résonnent encore et encore dans la tête. -Viens on fait la grande roue, me propose t-il -Je sais pas si je vais supporter...m'inquiétais-je. -T'inquiète pas viens. -Mais... -Toi même tu m'as dis que jamais ta maladie te freinera dans un truc. Il me tend sa main pour me convaincre. Je racle ma gorge et pose ma main dans la sienne. Il sourit et me tire vers la grande roue. On monte dedans et plus on prend de la hauteur et au final, mieux je me sens. Je sais pas, je me sens libre et pour une fois je ne me sens pas malade. On a vu une magnifique sur Paris, tout était éclairé et lumineux, c'était magique. Nous faisions notre tour main dans la main et de temps en temps, il me la serrait pour me rassurer. Je lève les yeux et observe la vue qui m'est offerte : Paris c'est beau la nuit. -Arina. -Hein ? me dit-il imcompréhensif. -Je m'appelle Arina mais...on m'appelle Rina aussi.
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