Chapter Seven

1000 Words
Hôpital Saint Louis, Paris -Madame, vous devez prendre vos médicaments, dit l'infirmère désespérée. -Mais ça sert à rien, mon état il fait que s'aggraver, lui répondais-je. -Les médicaments vont vous aider à faire moins de crises. -Ah ouais et en quoi ? -Madame s'il vous plait, soupire t-elle. -Non, vous comptez me les donner de force ? -Très bien, comme vous voulez. Elle sort de ma chambre avec son plateau en main. Je vois pas l'utilité de se bourrer de médicaments si mon état ne s'améliore pas, bien au contraire, il ne cesse de s'aggraver. Les seules visites que je reçois sont celle de ma mère et de mon grand frère. De toute façon je vois pas trop qui pourrait venir me voir à part eux. Je n'avais jamais eu de réels amis dans mon enfance. Kamar a décidé de faire sa vie sans moi alors moi aussi je ferais de même. Je dois me forcer à l'oublier et l'ignorer même si au fond de moi elle me manque. C'était la soeur que je n'avais jamais eu. Yassin était repartit à Aulnay mais ça ne l'empêchait pas de prendre très souvent de mes nouvelles. Sa copine avait accepté de l'épouser et c'est en petite communauté que s'est fait le mariage religieux. Malheureusement j'ai pas pu y assister. Voilà maintenant trois longues semaines que je suis dans cet hôpital. Je préfère ne pas me voiler la face et dire très clairement que mon état s'aggrave. À chaque crise que je fais, je sens la mort me frôler. J'en ai même plus peur. Aujourd'hui, je suis légèrement de bonne humeur. Sûrement le souvenir de nôtre balade avec Azhar me diriez vous. C'est vrai que j'apprécie beaucoup sa présence. Et puis je n'avais jamais vu ce côté là de Paris donc j'ai bien aimé le voir avec lui mais tout s'arrête là. Je voyais en lui un simple ami. On rigole beaucoup ensemble, on parle un peu de tout et de rien mais je sais pas vraiment dans quelle situation je m'entraîne avec lui. Au fond je ne le connais pas, certes je lui parle pratiquement tous les soirs depuis maintenant trois semaines et je lui parlais déjà bien avant donc on a eu le temps de se connaître mais je ne connais pas ses réelles intentions envers moi. Alors, vaudrait mieux que je reste tout de même sur mes gardes. Quelqu'un toque à la porte de ma chambre ce qui me sort de mes pensées, celle-ci s'ouvre sur ma mère et ma tante. C'est la petite soeur de mon père. Elle et ma mère sont vraiment très proches, tellement proches qu'on croirait voir deux soeurs. Elle fait partit des rares personnes qui ont acceptés ma mère en tant que "femme arabe". Leur union n'était pas approuvé partout, que ce soit du côté de ma mère ou de mon père. Mais l'amour était bien plus fort que leurs préjugés. Il avait également un grand frère qui lui refuse catégoriquement de nous parler. Ses parents, donc mes grands-parents ne parlent qu'à Tarek et moi mais ne veulent pas parler à ma mère. Alors, de temps à autre, durant les vacances d'été, on se rend en Espagne avec Tarek vu qu'ils habitent là-bas. Enfin bon, je me suis un peu égaré. Elles rentrent dans ma chambre et s'installent sur les chaises après m'avoir embrasser. -Ça va Rina ? dis ma tante. -Très bien et vous ? -Ça va, dit ma mère en soupirant. -Tarek il va bien ? -Ouais, il est partit à Marseille avec des amis. -Et toi maman ? T'es toute seule à la maison ?m'inquiétais-je. -Mais non il y a ta tante, dit-elle en souriant. -Tu perds deux enfants pour en avoir une autre, dis-je en rigolant. -Eh ! Tu me traites d'enfant ? dis ma tante faussement choquée. -Ça c'est ma fille ça, dit ma mère en rigolant. On a passé un bon moment, un moment où j'ai vu ma mère sourire et rigoler et j'étais rassuré de savoir qu'elle n'était pas au plus mal. [18h53] Ennuyée de rester dans ma chambre à rien faire, je décide de descendre à l'accueil me prendre de quoi manger. Ça me fera faire une petite marche par la même occasion. Je mets mes claquettes et mon gilet Nike avant de sortir de ma chambre. Je me dirige vers un distributeur et prend une canette de Coca-Cola, des M&M's ainsi que des Kinder Bueno. Je me retourne pour remonter et me retrouve nez à nez avec Azhar. Il était à fond sur son téléphone mais notre proximité l'a interpellé alors il lève la tête. -Oh la malade ça va ou quoi ? dit-il en souriant. -Et toi ? en lui rendant son sourire. -Ouais, je te cherchais mais je connais pas le numéro de ta chambre. -330. -Eh y'a moyen vers 19h tu me rejoins sur le parking ? -19h ! C'est mort, c'est trop tôt, la dernière infirmière elle passe dans ma chambre vers 20h -Beh vas-y 20h30 alors, propose t-il. -21h. -Bon ok, tu descends sur le parking. -Ok. -Crois pas je vais t'attendre comme un bouffon. -Oui oui c'est bon. -Bon vas-y. -À tout à l'heure, dis-je en souriant. Je le contourne en le laissant se prendre de quoi manger et remonte dans ma chambre. Je me mets un épisode de ma série sur mon téléphone tout en mangeant ce que je venais d'acheter. [21h15] L'infirmière vient tout juste de sortir de ma chambre. D'habitude elle met pas autant de temps donc j'espère qu'Azhar ne m'a pas trop attendu. J'enfile un gilet et des baskets et sors de ma chambre. Le couloir était vide donc je descend et me précipite vers la sortie de secours pour enfin rejoindre Azhar. Il était assit sur le capot de sa voiture, dans son ensemble du et ses baskets, encore en jogging pour ne pas changer. -J'ai faillis attendre, dit-il en crachant sa fumée. -Te plains pas, je prend des risques pour toi. Il jette sa cigarette et monte côté conducteur. Je monte également et il démarre la voiture. -Tu as décidé de t'occuper d'une enfant malade, tu fais de l'humanitaire maintenant ? -en rigolant, Même pas, t'as l'air de t'ennuyer à rester ici sans rien faire donc je vois mon frère et quand les visites sont finis beh je te prend t'as vu. -On va où cette fois ? -Regarde derrière. Je me retourne et aperçois un polaroïd sur la banquette arrière. -Je veux des souvenirs de toi, dit-il en souriant.
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