Dépasser par les événements

1425 Words
Nabila ne savait pas que sa petite sœur était à la porte et avait écouté sa mère lui demander de la laisser mourir. C’est en pleur qu’elle regagne la chambre qu’elle partage avec sa grande sœur. Elle s’est effondrée sur le lit. Elle pleure si fort que Nabila a pu l’écouter. Cette dernière quitte sa mère pour aller voir sa sœur. Corine est couchée sur le ventre. Nabila la redresse. _ Eh mais qu’est ce qui se passe ? On t’écoute pleurer dans toute la maison. Qu’est ce qu’il y a Corine ? Corine essuie ses larmes, en gardant la tête baissée, elle dit : _ J’ai suivi comment maman demandait à ce que tu l’as laisse mourir. Mais comment elle peut dire ça Nabila, elle s’en fout de nous c’est ça ? Qu’est ce qu’on fait si elle n’est plus là ? S’il te plait, Nabilla fait quelque chose pour sauver maman. Nabila la prend dans ses bras pour la consoler. _ Maman ne pensait pas ce qu’elle disait. Tu sais très bien qu’elle nous aime beaucoup. _ Mais pourquoi elle veut mourir ? _ Elle ne veut pas mourir Corine. Écoute, garde ton calme parce que si Kobi sait ça il va aussi se mettre à pleurer. Je n’ai pas la force de surveiller maman et vous consoler aussi. Facilitez-moi la tâche s’il vous plaît. La désolation règne dans la maison. Corine pleure sans retenue. De son côté, Kobi reste silencieux, le regard triste et perdu. Quant à Nabila, elle ne sait plus où donner de la tête, partagée entre veiller sur sa mère et tenter de consoler ses petits frères. Avant que la nuit ne tombe, elle décide de se rendre chez son oncle. Le seul membre aisé de sa famille paternelle. Le portail est ouvert, ce qui l’arrange. Elle entre aussitôt dans la cour. Deux grosses voitures s’y trouvent. Sur la véranda, un homme âgé est assis, les pieds croisés, des lunettes posées sur le nez. Absorbé par son téléphone, il ne semble pas remarquer sa présence. Nabila s’approche avec précaution. A travers ses lunettes, il l’aperçoit enfin. _ Euh tonton bonsoir. Le monsieur, décroise les pieds, retire ses lunettes et la regarde comme s’il voulait se rassurer qu’il n’était pas en train de rêver. _ Hum, toi chez moi. Je rêve ou bien ? Tu t’es trompée de maison ? _ Non tonton. Excuse-moi de venir à l’improviste. C’était vraiment urgent et important. _ Qu’est ce qu’il y a ? _ Tonton, c’est maman. J’ose croire que tu as appris qu’elle est très malade. Elle a un diabète qui s’amplifie de plus en plus faute de traitement, en plus de l’hypertension. Nous avons épuisé toutes nos économies en vain. Ses remèdes sont finis et je n’ai plus rien pour lui en acheter. Dieu seul sait combien ils coûtent chers. _ D’accord, et ? _ Euh tonton, je t’en supplie je voulais que tu m’aides à lui payer son traitement. _ Oh, que je t’aide. Donc tu as fait tout ce chemin pour venir me demander une aide financière ? _ Oui tonton, s’il te plait. _ Ah Dieu ne dort pas. J’ai toujours dit que le Seigneur vengera mon petit frère que vous avez tué. _ Pardon ? _ Oui, ta mère a tué mon frère et aujourd’hui elle paie. Hahahahaha ça c’est la meilleure. J’attendais impatiemment ce moment. Ce jour où elle va baver pour tout ce qu’elle a fait subir à mon frère. Oui, je parle de ta sorcière de mère. Cette femme indigne. Cette même femme qui m’avait craché au visage qu’elle ne mettra plus jamais les pieds chez moi pour me demander une aide. Mais curieusement elle envoie sa fille parce que c’est chaud hahahahaha. _ Tonton, elle ne m’a pas envoyé, j’ai pris cette décision moi-même. Écoute, je ne sais pas ce qui s’est passé entre vous dans le passé et ça ne me regarde pas. Papa est mort ça fait plus de cinq ans tonton, l’eau a coulé sous les ponts. Je crois qu’il est temps de faire la paix surtout que tu accuses maman pour rien. On sait tous que papa était malade. _ Tu fais bien de dire que ça ne te regarde pas parce qu’effectivement ça ne te regarde pas. Ta mère sait ce qu’elle a fait à ton père. Sa maladie n’était pas simple. Mon frère meurt après trois jours de maladie et tu veux me faire croire que c’était naturel ? Jamais. Je n’y crois pas. _ Si ce que tu dis est vrai tonton, tu peux me dire ce qu’elle a gagné en le tuant ? _ Bah la maison. Cette vieille maison dans laquelle vous vivez. Ta mère a eu la chance qu’il l’avait épousé légalement sinon vous ne serez pas dans cette maison. Je vous aurai jeté dehors. Maintenant elle est malade, qu’est ce que tu veux que ça me fasse ? Elle récolte ce qu’elle a semé. Son mari qu’elle a tué l’attend de l’autre côté, si elle est prête qu’elle aille le retrouver au lieu de déranger les honnêtes citoyens. _ C’est méchant ce que tu dis tonton. Tu parles de Dieu tout le temps mais tu ne poses aucun acte divin. _ Je vois qu’il y a de l'eau dans ta tête hein. Quand je pose des actes je dois te faire un compte rendu ? Tu as le même comportement que ta mère raison pour laquelle j’ai toujours douté de la paternité de mon frère. _ C’est bon tonton tu deviens ridicule. Laisse cet homme reposer en paix. _ Ne me parle pas sur ce ton. Tu te prends pour qui ? Tu es chez moi je te rappelle. Ta mère et toi allez vous faire voir ailleurs. _ Hum, je m’étais promis en venant ici que j’allais rester polie. Mais vu que tu cherches tant à sortir mon côté sauvage comme le tien, eh bien je vais te servir. Maman avait raison de nous interdire de t’approcher. Tu es vraiment ignoble. Tu n’as que le mot sorcellerie dans la bouche, est-ce parce que c’est toi le sorcier de la famille qui mange tes frères ? _ Pardon ? _ Tu m’as bien compris. Tu es un sorcier. Tes deux frères sont morts, tu es le seul en vie. Et subitement tu es devenu riche. Tu ne vas pas me faire croire que ce sont tes deux maigres boutiques qui t’ont rendu riche. Bon on va dire que le cerveau derrière ton succès peut venir de ta femme parce que toi seul tu ne peux pas réfléchir, ta tête est vide. Oui c’est vide parce que tu es bête et stupide. _ C’est pas possible. Tu oses m’insulter, moi ton oncle. Le grand frère de ton père. _ Non, tu as dit que ce n’est pas mon père donc tu n’es rien pour moi. Abruti que tu sois. Tu me vois encore ici tu m’appelles folle. Reste dans ta grande maison que tu as construite avec le sang de tes frères. J’espère que tu vas rester vivre sur terre. _ Sors de chez moi, petite peste. Enfant mal élevé. Demande à ta dévergondée de mère de te montrer qui est ton vrai père. Cette bonne à rien qui a tué mon frère, demande-lui lequel de ses amants est ton père. Et je prierai pour qu’elle crève. Prise de colère, Nabila va chercher une pierre et la vise sur la vitre d’une voiture, côté chauffeur. _ Oh non, tu n’as pas osé. Je vais appeler la police. _ Fait le et je dirais à tout le monde que tu m’as violée. Ta photo sera partout sur les réseaux sociaux, dans les médias. Espèce de pédophile. C’est la dernière fois que tu insultes ma mère devant moi. La prochaine fois ce cailloux sera sur ton gros front lisse qui fuit l’eau. Saleté. Mince, on respecte les salauds ils ne voient pas. N’importe quoi. Mes salutations à ta dévergondée de femme. Nabila tourne le dos et s’en va. Son oncle est dépassé par les événements. Il n’en revient pas que c’est sa nièce qu’il a vu grandir vient de lui a parlé sous ce ton. Il met les mains sur la tête, son étonnement est accablant. Même un mot il n’arrive pas à prononcer. Son verdict reste intact, cette fille n’est pas du sang de son frère il en a la preuve aujourd’hui. Il croise les doigts afin que celle qui a été sa belle-sœur pendant de longues années aille rejoindre son mari dans l’au-delà.
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