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Cœur d'Esclave, Sang Royal

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Blurb

Et si une esclave pouvait conquérir le cœur d’un roi… en se faisant passer pour une princesse ?Dans un royaume où les masques sont plus précieux que la vérité, Aurelia, ancienne esclave, endosse malgré elle le rôle de princesse lors d’un rassemblement royal. Déterminée à échapper à un passé de chaînes et d’obéissance, elle entre dans un monde d’intrigues, de devoirs et de promesses dorées. Mais derrière les dorures, le danger rôde.Face à elle se dresse Erik, le redoutable Roi Dragon, maître d’un royaume forgé dans le feu et le sang. Fasciné par cette prétendue princesse qui ne se comporte comme aucune autre, il est loin de se douter que la femme qui trouble ses nuits n’est pas celle qu’elle prétend être. Entre méfiance, attirance et secrets, leur relation devient un jeu dangereux où chaque regard peut trahir, et chaque geste, sauver… ou condamner.Alors que les complots de cour se nouent, que la guerre menace d’éclater et que les prétendants se multiplient, Aurelia devra choisir entre la liberté qu’elle a toujours rêvé d’atteindre… et l’amour qu’elle n’avait jamais osé espérer.Déguisement, passion, loyauté et trahison s’entrelacent dans ce récit palpitant où le mensonge peut être une arme, mais la vérité, une révolution.

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Chapitre 1- Les chaînes invisibles
PDV DE AURÉLIA Le manoir se dressait comme une cage d'or, splendide et étouffante. Les dorures du hall d'entrée brillaient sous les premiers rayons du soleil, mais l'air était glacé, comme si l’hiver n’avait jamais quitté ces pierres. La beauté du lieu n’était qu’une façade – un masque recouvrant une réalité bien plus froide. J'avais appris à la connaître, cette maison. Ses couloirs silencieux, ses escaliers majestueux, mais si froids sous mes pieds nus, comme si la chaleur n’osait pas s’y installer. Chaque objet ici était précieux, chaque centimètre de sol paré de marbre sculpté. Mais malgré tout ce luxe, il y avait quelque chose de mortellement figé dans l’air. Je nettoyais les marches de marbre, comme chaque matin, un seau d'eau glacée à mes pieds. Le soleil peinait à percer la brume qui flottait encore sur les jardins. Au loin, je pouvais entendre les nobles de la maison passer, leur rire cristallin, leurs pas légers sur le parquet. Je savais que, dans leurs yeux, je n’étais qu’un ombre, une chose sans nom, à peine un souffle dans le vent. Des regards méprisants, parfois indifférents. Une invisible chaîne qui me liait à ce lieu et à son dédain, qui m’empêchait de m’en échapper. Je n’étais qu’un outil parmi tant d’autres, un éclat de poussière sous leur chaussure. Mais aujourd’hui, je n’étais pas en colère. Il y avait, à la place, une étrange paix qui m’envahissait, une force tranquille qui se cachait sous ma peau, comme une graine enfouie dans la terre, prête à éclore. Cela n’avait pas toujours été le cas. Il y avait eu des jours où j’avais ressenti l’envie de briser tout ce qui m’entourait, de m’échapper dans le monde, d’exister enfin. Mais cela semblait aussi lointain qu’un rêve d’enfant. Un rêve que j’avais enfoui au plus profond de moi. “Tu peux t’arrêter de faire semblant d’être utile, maintenant.” La voix m’arrêta net dans mon travail. Je tournais lentement la tête, et là, dans l’encadrement de la porte, elle se tenait. Isra, la princesse vénéneuse, parée de soie et de diamants, resplendissante dans sa robe d’apparat. Mais sous ses airs d’apparence divine, elle portait la cruauté comme une couronne. Ses yeux me transperçaient, et son sourire n’avait rien d’amical. “Qu’est-ce que tu fais là, à essayer de ressembler à une servante modèle ?” lança-t-elle avec un rictus de mépris. “Tu crois vraiment que ta présence peut éclipser la lumière ?” Je serrai les dents mais me contentai de baisser les yeux. C’était inutile de répondre. Je n’étais qu’une simple esclave à ses yeux, et je savais trop bien que mes paroles n’avaient aucun poids dans cette maison. Isra s’approcha et me toisa de haut, un air de dégoût sur son visage. "Tu m’as volé mon collier," dit-elle d’une voix acide. "Je suis certaine que tu l’as caché quelque part." Je savais bien que ce n’était pas vrai. Je n’avais rien pris, rien caché. Mais les accusations d'Isra étaient aussi communes que la pluie en hiver. Elle aimait rabaisser, tourmenter sans raison. Et aujourd'hui, il semblait que j’étais sa cible. “Je ne l’ai pas pris,” murmurais-je, les mots étouffés dans ma gorge. Isra éclata de rire, hautain et cruel. Elle me donna une gifle, rapide comme un serpent, et je sentis la chaleur de ma joue brûler. "Tu oses contester mes mots, misérable ?" Je baissai la tête. Pas une seule fois je ne répondis. J’étais devenue experte dans l’art de garder le silence sous la pression. Mais au fond de moi, un feu commença à naître. Un feu que je ne pouvais plus ignorer. --- Je montais les escaliers en marbre, mon cœur encore battant d’une rage contenue. Les couloirs étaient silencieux, et la brume qui persistait dans les jardins semblait se frayer un chemin à travers les fenêtres. Je n’étais pas allée dans cette aile de la maison depuis des mois. C'était une des zones interdites, un lieu où les nobles se réunissaient pour discuter de leurs affaires secrètes. Mais ce jour-là, une urgence étrange m’y poussa. Je me faufilai discrètement dans un couloir orné de tapisseries anciennes. En passant devant une porte entrouverte, j’entendis des voix. Des hommes. Des voix que je reconnaissais à peine, mais leurs propos me saisissaient d’un coup. “Le mariage royal... Une alliance avec le Roi Dragon, c’est ce que le Conseil veut, pour préserver le royaume d'Élarion. Il sera difficile à plier, mais il faudra bien y parvenir,” disait l’une des voix masculines, grave et autoritaire. Je me cachai derrière une colonne, retenant mon souffle. Je n’avais pas le droit d’écouter, mais mes jambes étaient comme paralysées. Le Roi Dragon ? Il n’était qu’une rumeur dans les couloirs, un homme impitoyable, inaccessible, le seul homme ayant réussi à dompter le Dragon de Feu. Mais l’idée d’une alliance royale... Cela faisait frémir l’air de la pièce. Cela voulait dire que quelque chose de grand était en train de se préparer, quelque chose de dangereux. J’entendis un autre murmure. “Nous devons nous assurer que cette alliance ne perturbera pas l’équilibre. Si ce Roi Dragon refuse, notre royaume, qui n'a jamais réussi à manipuler la magie, succombera en moins d'un jour...” Une bouffée de peur me traversa. Quel genre de pouvoir cette alliance cachait-elle ? Et pourquoi me semblait-elle liée à moi, à mon destin ? À ma situation d’esclave sans nom, sans place, sans avenir ? --- Mavis me trouva dans les cuisines quelques heures plus tard, en train de laver des pots en silence. Elle me regarda longuement, d’un air de complicité, avant de venir s’asseoir à mes côtés. “Tu penses à la vie, encore ?” me demanda-t-elle d’une voix basse, pleine de tendresse. Mavis était différente. Elle n’avait pas peur de rêver, de chercher quelque chose de plus que ce qu’elle nous avait été donné. Elle était une des rares servantes à voir au-delà des chaînes que nous portions. “Je veux m’échapper, Mavis,” murmurai-je. "Je ne veux pas finir comme eux, comme ces nobles. Je veux quelque chose de plus." Elle sourit, un sourire triste mais rassurant. "Tu sais, parfois, il faut lever les yeux pour voir la liberté, même si elle semble loin. Mais souviens-toi, tout le monde ne veut pas être libre." Je la regardai, ses yeux bruns pleins de secrets. Mavis était la seule à qui je pouvais parler ainsi, et je savais qu’elle m’encourageait à rêver, même si cela pouvait me coûter cher. --- La nuit tomba, et je me retrouvai seule dans mon grenier, dans ma petite chambre froide. La lune brillait par la lucarne, sa lumière argentée effleurant les poutres du toit. Dans ce silence, je fermai les yeux et laissai mon esprit vagabonder vers un autre temps, un autre lieu. Je fredonnais les paroles d'une chanson que j’avais apprise enfant, dans un jardin, avant d’être enfermée ici. Une pensée me parvint alors, presque un cri silencieux : Je ne resterai pas une ombre toute ma vie. Je savais que quelque chose était en train de changer. Quelque chose que je ne pouvais encore nommer, mais qui me pressait le cœur. Peut-être qu’un jour, la liberté viendrait, et elle serait la mienne. Mais pour l’instant, je restai là, à observer la lune et à rêver de ce qui peut-être n'arrivera jamais.

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