Chapitre 1

2507 Words
Dalida Carelle Diop Abidjan-Cocody Saint-Jean - Dalidaaaaaaaa??? Dalida si je crie ton nom encore, tu ne vas pas croire à ce qui va t'arriver, il ne faut pas te réveiller hein faut m'attendre je vi..... Je ne l'ai même pas laissé terminer que je saute du lit parce qu'elle est capable de venir lancer ses sandales sur moi pendant que je suis couchée. Je regarde mon horloge et je constate qu'il est 8 heures, pas de bol, j'ai encore sommeil. Faut dire que j'ai dormi tard à cause de mon frère Abdoul Madjid qui s'entêtait à me chanter une berceuse moi une fille de 22 ans vous y croyez vous ? J'étais obligée de l'écouter même si c'était un véritable calvaire, car sa voix est horrible, même sa femme qui était à côté était toute hilare, au lieu de me bercer, ça m'a carrément bousillé les tympans. Que puis-je faire si ce n'est que subir, c'est mon frère et je l'aime. Bon revenons à celle qui m'appelait, ma mère. Pour éviter les sandales, il vaudrait mieux que je me lève. Je pars me doucher afin de m'apprêter pour descendre déjeuner. 1 heure après, vêtue d'un jean bleu délavé et d'un t-shirt blanc, il est temps de descendre rejoindre ma mère. Du haut des escaliers, j'entends la voix de tante Mawa la meilleure amie de ma mère. Ah cette femme toujours fourrée chez nous, et ce, dès les matins avec pour même scénario, se plaindre de son mari ivrogne. - Boss deh ! Tes camarades se réveillent à 5 heures pour balayer la cour toi, tu dors jusqu'à 9 heures. C'est ta maman qui te laisse oh si c'était moi ta mère, tu allais comprendre. Tchruuuuu ! - Bonjour tout le monde ! Dis-je en m'installant. Je ne prends pas la peine de répondre à tante Mawa, vu que c'est toujours comme ça avec elle. Nous prenons le petit-déjeuner en silence bon si on ignore ses plaintes. Je ne lui souhaite pas cela, mais à cette allure elle risque d'avoir une crise cardiaque. - Tu as fini de faire tes valises ? Me demanda ma mère. - Faut pas elle va finir, c'est elle qui voyage non ? Tu lui demandes ça pourquoi même laisse la elle peut même partir avec un sachet bleu, répond tante Mawa à ma place. - Oui maman ma chambre est quasiment vide. J'ai donné les habits que je ne mettais plus à la fille de la voisine. - Tu donnes tes habits à la fille de la voisine alors que ma fille est là ? Koffi, tu vois ta fille ? - Tante Mawa j'avais pensé à les donner à ta fille mais je me suis rappelée de la fois où tu avais dit que je m'habillais comme une fille qui n'a pas de parents et que jamais tu ne permettrais à ta fille de porter le genre d'habits que je porte, vu que mon style n'a pas changé et comme la fille de ma voisine aime bien mon style je les lui ai donné, Répondis-je un chouïa agacée. Elle est toujours là à critiquer mes faits et gestes. Elle crie et chante partout que sa fille est exemplaire alors qu'elle s'habille avec des bouts de tissus des choses que je n'oserai jamais mettre. Elle est le genre de femme qui juge les enfants des autres alors que ce qu'elle a chez elle est trois fois pire. Je ne m'habille pas de façon vulgaire, car j'ai des formes ce qui veut dire que je dois faire attention aux habits que je porte, une petite erreur ça et devient sexy à outrance. Imaginez une fille svelte qui porte une robe minie bien plaquée et moi qui a des grosses fesses porter cette même robe ? Du coup, je fais toujours attention à mon habillement, je ne vois même pas ce qu'elle appelle s'habiller vulgairement. Elle n'ajoute plus rien et se contente de manger son repas en me lançant des tchruuuuu par-ci par-là. - Je t'ai pris un vol pour 23 heures, m'informe ma mère. - D'accord maman merci ! Toutefois, après le petit-déjeuner j'irai chez Josy histoire de passer une dernière journée ensemble. Josy, c'est ma meilleure amie, ma partenaire de crime. Notre amitié date de l'école primaire en ce temps je l'avais aperçu dans la cour de l'école avec les joues ruisselantes de larmes, le pain de madame était tombé, constatant qu'elle ne pouvait plus le manger elle s'est mise à pleurer, je suis donc allée vers elle et lui ai proposée un bout de mon pain. Et depuis nous sommes devenus les inséparables. Elle vit mal mon départ, parce que nous avons toujours étés présentes l'une pour l'autre, où tu vois Dalida, tu y verras Josy. Nous avons fait les quatre cent coups ensembles, grâce à notre amitié nos familles se côtoient. Elle venait dormir chez moi et vice-versa. Le premier téléphone que mon père m'avait offert, nous l'avions partagé en l'utilisant tour à tour jusqu'à établir un emploi du temps pour la garde. Rien qu'à penser à toutes ces choses, une tristesse s'empare de moi. J'ai conscience que les choses seront différentes avec mon départ, mais on s'est promis de ne pas laisser la distance nous séparer. Mon téléphone sonne, en parlant du loup, on voit sa queue. Je prends une voix grave et décroche. " Ici sa Seigneurie Dalida 1er du nom qui est à la pareille ? Je sais très bien que c'est elle, c'est juste une manière de la charier. " Tchruuuuu arrête de raconter ta vie. Je dis tu viens à quelle heure? " Bonjour à toi aussi Josy j'ai bien dormi. " Genre tu es trop civilisée ? Tu viens a quelle heure ? Si tu parles pas moi je ne sort plus et sa Seigneurie de mon œil va sortir seule. '' Lol pardon tu es trop agressive en si bon matin. Mais bon je sais que tu as faim. Attend moi pardon je finis de manger et j'arrive. " Ta intérêt ! Et elle raccroche sans me laisser rajouter un mot c'est tout elle. - Ta mauvaise camarade la, vraiment tu n'as pas de bonne fréquentation. Encore elle ! - Tu sais que ta fille marche avec Ablo ? Il paraît même que c'est son petit ami, elle écarquille les yeux face à mon information avant de reprendre contenance. Ablo, c'est le petit drogué du quartier. - Tu mens ! Menteuse, ma fille ne sait même pas qui es Ablo. - D'accord demain passe dans son fumoir, tu trouveras ta "sainte" fille là-bas, répliqué--je en appuyant bien sur le mot sainte. Elle voulait me répondre, mais ma mère l'entraîne en haut alors qu'elle me lance un dernier regard noir. Ma mère ne se mêle jamais de nos joutes verbales, vu qu'elle connaît le tempérament de chacune de nous deux. Je débarrasse rapidement, fais la vaisselle, embrasse ma mère et je rentre dans la chambre pour prendre une petite sacoche. Je finalise mon habillement du jour avec Lunettes de soleil sur les yeux, des sandales Chloé aux pieds, car il fait extrêmement chaud, je n'ai pas envie d'encombrer mes pieds avec des baskets ou des talons même si j'avoue que j'adore les talons. J'applique un léger maquillage et me plaça devant le miroir afin de voir le résultat. Validé, me voici prête pour chez Josy. *** J'arrive chez Josy et entre dans la cour, j'y trouve son grand frère Jean-Marc en pleine réflexion. - Bonjour Jean-Marc ! Josy est là non ? - Tu ne connais plus route de sa chambre ? Tchrrr ! Ekieeee lui la n'est pas de bonne humeur mieux je trace mon chemin. Je le laisse avec ses problèmes et rejoins ma Josy que je trouve étalée en étoile de mer sur son lit même pas apprêtée. Voyez vous ça ! Madame me presse alors que je la trouve en pagne sur son lit. - Tu étais pressée, on dirait diarrhée alors que tu n'es même pas prête ! C'est quel comportement ça ? - Je me suis déjà lavé ma copine, je t'attendais pour m'habiller. Elle se lève et enfile une longue robe volante avant de s'occuper de sa touffe de cheveux crépus, elle a des cheveux nappy et ça lui va vraiment bien. Je l'observe se maquiller avec soin. Contrairement à moi, Josy est une pro en maquillage elle a même un compte YouTube où elle met des tutoriels qui obtiennent les quelques mille vues. Je patiente donc en manipulant mon téléphone. Elle me lance un allons et nous nous dirigeons vers la sortie. En nous voyant arrivées, Jean marc nous toise et lance : - Vous partez charger Abidjan non ? Si on vous demandes pays là c'est pour vous ? Un jour vous allez voir dans cette maison, beugle-t'il. Mon amie me prend la main et nous quittons le salon sans lui répondre. Mais c'est mal connaître Jean-Marc qui crie derrière nous. - Regardez comment elles vont la bas on dirais pantalon et sac à main. Tchrr ! Il nous compare à ça car Josy est grande comparé à moi, 1m80 pour elle alors que moi je mesure 1m69 vous comprendrez pourquoi j'adore les talons. Elle tire mon bras et on sort de la cour. - Il a quoi jean-Marc quand j'ai demandé après toi il m'a mal parlé et maintenant ça ? Voulu-je savoir alors que nous marchions vers l'arrêt de bus. - Ma chère sa petite amie l'a quitté hier donc il nous voit tous en ses ennemis. Depuis hier il ne fais que lancer des injures dans la maison même quand tu lui demandes s'il a faim, il t'insulte, m'explique-t-elle en riant. Je la suivie dans son fou rire tellement l'attitude de Jean-Marc était drôle, je le plains ce gar. Nous avons commencé à parler de tout et de rien en finissant par les dernières histoires du quartier et sa relation amoureuse. Josy sort avec Hamed un mec qui habite dans la cité où je vis. C'est un coureur de jupon que dis-je ça même, c'est petit, quand tu cherches le mot infidel sur Google tu y verras sa photo. Il ne la respecte pas et la trompe sous son nez, j'ai essayé de lui faire entendre raison, d'ouvrir ses yeux, mais madame est trop amoureuse et donc aveugle, cependant je ne me décourage pas un jour, elle va ouvrir ses deux gros yeux-là pour me dire que j'avais raison. Après une longue journée où nous avons visité tous les centres commerciaux et les rues de la ville, nous voici installées dans un parc où elle engage rapidement le sujet auquel je m'attendais. - Ta belle-mère sait que tu viens t'installer avec eux ? Me questionne-t-elle. - Je pense que oui normalement son mari devrait l'informer. - Uhmm ! Tu ne crains pas la cohabitation ? Je veux dire ici, tu as vécu avec ta mère, or là-bas, tu vas te retrouver dans une grande famille. Certes, tes frères y sont, mais il y a ta belle-mère et son enfant dans oublié ta fabuleuse, grande mère paternelle qui je précise déteste ta mère sans encore oublier ta peste de sœur celle-là, j'ai toujours rêvé de la frapper, peste-t-elle. - Je sais tout cela, j'y ai longuement réfléchi aussi, mais je ne serai pas totalement dépaysée, mes frères seront là et tu sais qu'ils ont toujours été des amours avec moi. Par contre ma sœur, je l'ignorerai, j'ai grandi, je ne suis plus la Dalida d'avant, car si elle me cherche, elle va me trouver, tu as oublié comment on m'appele au quartier ? - La palabreuse, répond-elle en souriant, mais je ne peux m'empêcher d'être inquiète pour toi. - Moh souvent quand t'es pas folle, tu deviens sensible hein, il ne faut pas pleurer mon cœur, la taquiné-je. T'inquiètes pas pour moi Josy, tu sais bien que je ne suis pas du genre à me laisser faire en plus l'enfant de ma belle-mère n'a que 5 ans, il ne me créera pas de soucis t'inquiète ma puce. Je la pris dans mes bras dans une longue étreinte, les passants nous regardaient d'un air curieux disons deux filles qui se câlinent en plein rue ce n'est pas fréquent en Afrique, mais bon je m'en fou. *** Il est 19 heures, mes bagages sont chargés dans le coffre de la voiture de ma mère, elle a tenu à ce que nous arrivions tôt a l'aéroport. J'ai toujours détesté les pleurs dans les films lorsque deux personnages devaient se dire au revoir, mais je sens que j'aurais du mal à retenir mes larmes. Déjà que mon cœur est lourd en chargeant la voiture de mes valises quand sera t'il du moment où je dirai au revoir à ma mère et ma meilleure amie ? Après de longs moments à dire au revoir aux voisins qui étaient sortis me souhaiter un bon voyage, me voici dans la voiture en route pour l'aéroport. Je regarde à travers les vitres cette ville qui m'a vu naître et grandir, ces belles lumières qui égayent la nuit d'Abidjan et ses grands immeubles au bord de la lagune tel l'on se croirait à Manhattan, la gastronomie n'en parlons pas, l'alloco, l'attieke, le foutou, le foufou, l'igname, les klaklos, le garba, etc. Plein de trucs, sans oublier la bonne humeur des Abidjanais, le brouhaha des rues, les taquineries, les insultes dans les rues, l'ambiance des voitures en communs, les palabres de quartier toutes ces choses qui font le charme de cette ville et qui me manqueront. Je sens des larmes couler sur mes joues que j'efface rapidement, je ne veux pas mettre plus ma mère dans la tristesse. Tellement prise dans mes pensées, je n'avais pas remarqué que nous étions arrivés à l'aéroport Félix Houphouët-Boigny. Je descends avec mes bagages aidé de Josy et nous pénétrions au sein de l'aéroport. Après de longues conversations avec mes accompagnatrices, il est l'heure pour moi d'embarquer. - Maman ne soit pas triste ce n'est qu'un aurevoir je reviendrai, tu sais que je ne peux pas vivre sans toi ma djarabi (chérie en malinké), dis-je en essayant de lui tirer un sourire. - Oui mon bébé seulement, je ne peux m'empêcher d'être triste ne t'en fais pas pour moi. Fait un bon voyage ma petite fleur, tu m'appelles quand tu arrives et tu fais attention à toi n'oublie pas les conseils que je t'ai prodigués, applique les et comporte toi bien, respecte ceux que tu trouveras là-bas, mes prières t'accompagnerons toujours ! - Merci ma djarabi aie confiance en moi, je l'embrasse sur le front et la serre dans mes bras, elle va cruellement me manquer. Je me tourne vers Josy pour faire de même, mais celle-ci court vers la sortie sûrement guidée par ses émotions. Je ne peux pas la rejoindre, même si j'aurais aimé aller m'assurer qu'elle va bien, car je risque de rater mon vol. Je demande donc à ma mère de lui parler et je m'éloigne après un dernier regard chargé de tristesse.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD