Dalida Carelle Diop
Dakar - sénégal
Après 3 heures de vol me voici à l'aéroport Blaise Diagne de Dakar. Je suis le protocole afin de récupérer mes bagages et me dirigea vers la sortie. Je cherche des yeux mes frères qui devaient déjà être là, mais je ne les aperçois nul part.
J'espère juste qu'ils ne m'ont pas oublié quand même hein ?! Sinon hey je fais comment pour aller à la maison moi ?
Je sors mon téléphone pour tenter de les joindre. Mal chanceuse, aucun des deux ne décroche. Eh seigneur Dieu, si je savais j'aurai demandé à mon père de venir me chercher car avec les deux gamins que j'ai comme "grand frère" j'aurai dû m'attendre à cela. Madjid est plus que gamin et quand les deux sont ensemble, il contamine Erkan.
Puff!!
Je décide de m'asseoir à même le sol avec mes bagages comme support. Les gens me regardent bizarrement, mais quoi ? Je suis fatiguée et dépaysée, j'ai bien le droit de m'asseoir où qui me plaît non ? Ichh ! Je jure que mes frères vont m'entendre non mais quelle irresponsabilité !
Il est maintenant 5 heures du matin, je me fais réveiller par un agent de l'aéroport, je ne me suis même pas rendu compte que je m'étais endormi.
- Madame, vous allez bien ? Cela fait 2 heures de temps que vous êtes là avec vos bagages, n'avez vous pas de proches pour venir vous chercher ? Me demande-t-il.
Proche ? Hum, J'en ai plusieurs même.
- Désolée monsieur tout va bien... sauf que euh, je tourne de gauche à droite pour voir si par chance ils sont arrivés hélas rien, je me retourne alors vers l'agent. En fait, mes frères devaient venir me chercher, mais ça fait 2 heures que mon avion a atterri, et jusque-là, ils ne sont pas encore arrivés.
- Ah ok ! Ne restez pas ici, dehors, venez donc patienter dans la salle d'attente.
Je décide de me lever pour le suivre quand une voix retentit.
- Tu vas où avec ma sœur toi ?
Je me retourne et qui voilà mes chers frères, Abdoul Madjid qui sourit comme un zozo l'air plus que heureux de me voir, et Erkan l'auteur de la question qui foudroie des yeux l'agent comme si le mec avait l'intention de me v****r dans cet aéroport.
Les câlins, bisous et consort devront attendre parce que je suis trop en colère pour câliner qui que ce soit, si je ne parle pas, je risque d'avoir le goitre.
- Non mais vous êtes sérieux là ? Ça fait 2 heures que je vous attends, 2 heures, m'écrié-je en les foudroyant des yeux. Votre petite sœur quitte un pays pour venir dans un autre pays qui lui est inconnu, et vous au lieu de venir attendre que mon vol atterrisse, vous vous pointez 2 heures après bravo hein, vous êtes vraiment à féliciter. J'avais l'air d'une folle au milieu de cet aéroport avec mes valises, poursuivis-je. Ce monsieur que toi Erkan, tu regardes en chien de faïence voulais juste me rendre un service alors pas de ça s'il te plaît !
Peut-être que j'en disais trop et que c'est mal de parler ainsi à mes grands frères, mais mon cœur est trop chaud en d'autres termes, je suis en colère.
- Désolé petite sœur ! Me dis Erkan. Y a Madjid qui roulait comme un fou, on a été pris par des policiers.
- Moi, je roulais comme un fou ? Tu n'as même pas de permis actuellement. N'oublie pas qu'on te l'a arraché et tu te permets de critiquer ma conduite, dis même Dieu merci, tu es arrivé sain et sauf, s'indigne Madjid.
- Oui, c'est ça ! Toi qui parles, l'obtention de ton permis t'avais tellement surpris que tu étais parti distribuer du jus de bissap dans tout le quartier avec comme inscription sur les bouteilles, j'ai eu mon permis et tu parles mon œil de permis oui ! Rétorque erkan.
- Ce n'est pas grave au moins, j'ai le permis de conduire, le tien, il est où ?
- Bon bon ça suffit, j'ai compris l'histoire du permis. Peut-on rentrer maintenant ?
Ça aurait été d'autres personnes, on se serait jeté sur les bras, histoires de manifester la joie de nos retrouvailles, mais mes frères sont hors du commun.
Dehors, je pris le temps de les regarder, je n'en pouvais plus je leur sautais dessus pour un câlin à trois.
- Ah, vous m'avez trop manqué wallay !! En plus non mais vous êtes beaux. Erkan tu es devenu sacrement musclé. Popopo ça, ce sont mes frères, j'imagine que vous donnez goumin (chagrin d'amour) aux Dakaroise, ça, j'en suis sûr. Bon si j'enlève Madjid de l'équation car il est marié.
- Ma petite, c'est le résultat de mon acharnement à la salle de sport. Qui va se négliger, me répondit Erkan avec une fierté non feinte.
- Sérieusement toi qui parles Dali, tu t'es vu ? Tu vois tes hanches ? C'est quoi toutes ces rondeurs ? M'accable de question Madjid. Petite, tu en avais, mais là quoi, c'est exagérer !
Je baisse les yeux sur ma forme par réflexe.
- Ayiii ! C'est de ma faute si j'ai hérité des formes de ma mère ? Lui demandé-je.
- hmmm!! Ki kay mom ak li yeup dagne Koy surveiller sinon dou bakh. (celle-là avec tout ce potentiel, on doit la surveiller sinon ça ne sera pas bon) Dit Madjid à son frère.
- Hey hey parlez français, moi, je ne comprends pas wolof. Leurs dis-je. Ils ne m'ont bien évidemment pas écouté et continuaient leurs conversations tout en conduisant.
Lahila Mohamed rassoullah ! Gouéé ! Je regarde la maison en face de moi et j'ai du mal à fermé ma bouche. Une mouche même pouvait y entrer. Je me retrouve en face d'une belle et grande maison, je sais que mon père est riche, mais quand je regarde cette bâtisse comparé à la où je vivais avec ma mère, c'est 12 heures et 20 heures tellement il n'y a pas photo. Certes, ma mère travail, mais elle n'est pas riche, nous avions toujours eux l'essentiel pour vivre et je remercie Dieu pour cela.
Je quitte mon épatement lorsque les portes du garage s'ouvrent seules pour que la voiture de mon frère puisse entrer.
Bah ça alors garage automatique même hein !
On entre dans le salon et je découvre mon père qui je pense vu la façon dont il a sauté de son canapé nous attendait. Il vient directement vers moi et m'attire dans ses bras pour une longue étreinte que je lui rendis avec mélancolie. Mon père me manquait atrocement je m'en rend plus compte en le sentant me serrer dans ses bras. Il se détache, me sourit et me regarde avec attention avant de dire :
- Sama dome bou jiguene bi, ey way ndeysane nékato Khalé.(Ma fille ! Seigneur, tu n'es plus une petite fille).
Euh on dirait qu'il a oublié que je ne capte pas du tout le Wolof. Bon, je sais juste comment dire bonjour, bonsoir, comment tu vas, à part cela, je suis dans le déni.
- Papa, je ne comprends pas ce que tu dis, mais bon ce n'est pas grave. Sache que tu m'as énormément manqué aussi. D'ailleurs, c'est pour toi que je suis là.
- Oui ! Et nous, on compte pour du beurre, s'offusque Madjid.
- Rhoorr, je vous aime tous !
- Ma fille, tu as effectué un long voyage, le mieux serait que nous allions nous coucher, demain inch'Allah, on aura le temps de mieux discuter, tu verras le reste de la famille. Viens que je te montre ta chambre.
Pas faux, parce que là, je meurs de sommeil.
Je me plante devant mes frères, leurs fit un dernier bisou et je suivis mon père. On monte les escaliers qui nous mènent dans un couloir où je remarque des chambres à chaque pas que nous faisons. Il s'arrête devant une porte et me tend une clé.
- Voici ta chambre, celle de Madjid est dans l'autre couloir pour Erkan au bout et la mienne dans l'autre angle. Repose toi bien ma fille !
- Merci papa, repose toi également !
J'ouvre la porte, tire mes valises que mes frères ont prises soin de faire monter, et je découvris ma chambre. Elle est belle avec des couleurs dans les tons belges et vert citron, j'ai même une douche à l'intérieur.
Parfait !
J'ouvre ma valise, prends un t-shirt qui m'arrive mi-cuisses, et je me dirige vers la salle de bain.
Je ressors quelques minutes après et plonge dans mon lit, la sensation est agréable. Je me retourne et me retourna, Mes pensées convergeant vers le reste de la famille que je n'ai pas encore vu d'ailleurs.
Comment ça sera demain ? J'espère que ma belle-mère sera aimable avec moi, je ne souhaite pas me faire piétiner par le mépris d'autrui. Ma sœur n'a pas un caractère agréable c'est déjà suffisant à supporter pour moi. Le père de mon paternel n'est plus de ce monde. Il ne reste que ma grand-mère, j'espère donc qu'elle m'appréciera. C'est dans ses questionnements intenses que je sombre dans un sommeil réparateur.
***
J'essaie d'ouvrir les yeux, mais l'effet des rayons de soleil rendent ma vue floue. Je remarque un enfant penché sur mon visage qui me fixe d'une drôle de manière. Je sursaute en essayant d'ouvrir la bouche pour lui demander qui il est, mais il me devança :
- Yow la kane ?
(T'es qui) ?
Ah ça je comprends.
- Je suis Karaba, Répondis-je, et toi ? Attends-tu comprends français, j'espère ? Parce que moi, je ne comprends pas bien wolof juste touti rek. ( un peu seulement).
Il glousse et me répondit :
- Je vais à l'école Karaba, je comprends le français en plus, papa me parle français souvent. Il fait mine de réfléchir avant de reprendre la parole. Ah oui, tu es la fille de papa qui était en Côte d'Ivoire et donc ma sœur.
Ravie, qu'il me considère comme sa sœur. C'est déjà un bon point.
- Bingo Sherlock, c'est bien moi ! D'en bas, j'entends une voix crier :
-ablay, ablay fo nek, kay ndeki.
(Ablay, ablay tu es où viens prendre le petit-déjeuner). Cela doit être ma belle-mère.
- Yaye m'appele il est 10 heures Karaba viens déjeuner au salon, m'ordonne le dénommé Ablay avant de sortir de ma chambre.
Il est autoritaire le petit.
Comme me l'a ordonné le chef Ablay je me lève afin de m'apprêter à descendre.
Vêtu d'un jogging Adidas, et d'un t-shirt, je décide d'aller rejoindre les autres. Il faut que je range mes affaires dans le dressing, je ne peux décidément pas toujours trainer en jogging, me fis-je la réflexion tout en descendants. Arrivée, je constate que tout le monde est attablé.
- Bonjour tout le monde !
- Bonjour ! Me répondit-ils en chœur sauf Madjid qui est concentré à regarder sa femme. Je pars faire un bisou à mon père et à ma grande mère, puis m'installa sur la place libre.
- As-tu bien dormis ? Demande spontanément mon père.
- Oui papa, le lit est très confortable ! C'est d'ailleurs ablay qui m'a aidé à sortir de mon sommeil, répondis-je
- Ah ! Tu as eu le temps de connaître ce petit chenapan ! Ajoute-t-il.
- Oui et il est adorable !
- Ne te fais pas un avis si vite, c'est un petit diable, pour le moment il ne te montre que le bon côté, argumente ma belle-mère.
- Ha bon ! Ça ne m'étonnerait pas ! Il a seulement hérité ce côté diablotin de ses grands frères.
- Hé ! S'indignent-ils.
- Ne faites pas les étonnés on sait tous que vous êtes de grands diables, réplique ma grand-mére.
J'éclate de rire suite à ses paroles et nous continuâmes de prendre le petit-déjeuner dans une atmosphère familial.
Suite à un copieux repas, l'on se dirige tous vers le grand salon, car mon père voulait s'entretenir avec tout le monde.
- Vous êtes tous là ce matin, car en tant que le patriarche de cette famille, je me dois de vous entretenir sur certains points pour la bonne entente au sein de cette maison. Voici ma fille Dalida que vous connaissez tous ! Après des années auprés de sa mère, elle a décidé de nous rejoindre ici à Dakar.
Il se tourne vers moi et me dit :
- Je te souhaite encore la bienvenue ma fille ! Sache que tu es dans ta famille. Voici ta belle-mère qui est bien évidemment ma femme. Je voudrais que tu lui voues le même respect que tu as a l'égard de ta mère. Je voudrais que tu lui voues le même respect que tu as a l'égard de ta mère, tes frères que voici n'ont jamais dépassé la limite avec elle donc j'aimerais que tu en fasses de même. Ablay, je voudrais que tu le considères comme ton frère et non ton demi-frère car en matière de sang il n'y a pas de différence à faire ni de demi-mesure. Vous êtes tous mes enfants et je vous aime et vous traite de la même manière retiens bien ça. J'acquiesçais face à tout ce qu'il disait.
- Coumba, voici ta fille ! Tu sais et je sais moi et toi avons déjà eu une conversation. J'ajouterai juste encore que je veux, tu la considères comme ta fille, je veux que tu partages avec elle la même complicité que tu partages avec mon autre fille Anta. Elle n'a que toi ici. Ici, tu es sa mère, je compte sur toi pour te comporter comme t'elle.
- Merci chéri ! Et tu n'as pas de soucis à te faire sur l'harmonie de cette famille.
- Yaye (maman) as-tu quelques choses à ajouter ? Demande mon père à sa mère.
- Dara dome ! Contane rek ci gneuw weum bi !
(rien fils, je suis seulement contente de sa venue) ! Dit-elle avec le sourire.
Uhmm celle-là ! Tu n'aimes pas la mère, mais tu aimes ses enfants. Du moment où elle m'accepte ça me va.
- Ok, sur ce, je serai dans mon bureau, dit-il en se levant suivi de sa femme et de sa mère.
Je reste donc avec mes frères, ma belle sœur Binta et ma sœur qui ne m'a pas adressé la parole depuis mon arrivée chose que je lui rends d'ailleurs.
Tu ne m'aimes pas, je ne t'aime pas point !
Nous avons commencé à établir un programme pour la journée. Ils ont l'intention de me faire visiter et j'en suis toute oui.
Population de Dakar recevez Dalida la touriste.