Dalida Carelle Diop
Dakar - Sénégal
Cela fait maintenant 1 an que je vis à Dakar. Je me suis habituée aux trains de vie des Dakarois et j'en suis même devenu une. La bonne nouvelle, je comprends le Wolof. Bon disons que quand on parle, je comprends, mais quand je parle, ça donne envie de rire du fait de mon accent, mais un jour, j'y arriverai parfaitement sans que ça ne fasse rigoler quelqu'un.
À la maison, tout va bien enfin presque, car ma belle-mère et ma sœur éprouvent une haine sans nom à mon égard. Le comble, c'est qu'elles font comme si tout allait bien lorsque mon père et les autres sont présent, mais derrière eux, c'est un autre visage qu'elles affichent.
Quelle belle paire d'hypocrites !
Tout cela a commencé du côté de ma belle-mère lorsqu'un jour pendant le petit-déjeuner mon père avait mentionné que je lui rappelais ma mère vu que je suis ce qu'on dirait sa copie conforme. Depuis ce jour, je suis devenu la rivale de ma belle-mère qui me fait vivre la misère aidée gentiment de ma sœur. Je sais que ma mère est mon père s'aimaient toujours lorsqu'ils divorçaient seulement que ma mère avait conclu que l'amour seul ne suffisait pas au grand malheur de mon père. Même si je ressemble à ma mère, une chose que je n'ai pas décidé, est-ce une raison pour me haïr à ce point ? En plus juste pour ça ? C'est tellement bête comme raison.
Ma sœur, je ne la comprends pas et je ne l'ai jamais comprise, depuis toute petite, elle a toujours eu ce sentiment d'animosité à mon égard quand bien même que j'essayais de me rapprocher d'elle, je ne recevais que des injures ou des gifles de sa part. Même lorsqu'elle faisait des bêtises dans la maison, elle me les mettaient sur le dos et mes parents finissaient par me gronder.
Nos parents ne se doutaient de rien, vu que devant eux, elle jouait le rôle de la petite fille modèle.
Maintenant, que j'y pense, elle est née hypocrite même, une très bonne actrice.
Son comportement m'a beaucoup attristé par le passé, et ce, jusqu'à maintenant, parce que je ne peux pas comprendre comment ma sœur peut me haïr de la sorte. Mais bon, j'ai juste déduit que l'on pouvait haïr sans raison.
Ma mère et Josy me manquent, ça a été difficile aux débuts mais j'ai su tenir bon. Grâce aux réseaux sociaux, nous arrivons à combler ce manque.
Aujourd'hui, c'est dimanche, je dois aller à la plage avec soda, la seule amie que je me suis faites ici. Je me sape donc dans une belle robe blanche en col bateau avec une ceinture noir Gucci a la taille qui marque ma forme. J'accompagne le tout avec des accessoires, me maquille sobrement, me parfume et je me dirige dans le bureau de mon père afin de l'avertir que je sors. Je toque et ouvre après qu'il m'ait permis de le faire. Je le trouve en grande conversation avec mon frère.
- Bonjour mes amours, papa, je sors, j'ai une sortie détente avec soda.
- Kay, togal !
(viens, assieds toi !) Eh, j'ai fait quoi encore ? Je fais donc ce qu'il me demande avec un peu d'appréhension.
- Tu comptes faire quoi de ton diplôme ? Me questionne-t-il.
Hay quelle histoire de diplôme matin la !
- Papa, je n'ai pas encore réfléchi sur la question.
- Pas encore réfléchi ? Ok, je t'explique un truc ma fille; Ici, JE suis riche pas vous. J'ai construit mon empire à la force de mon courage et de ma détermination, j'essaie de transmettre les mêmes valeurs à mes enfants. Je ne ferai pas de vous des paresseux qui compteront sur l'héritage familial. Demande à tes frères, ils se sont offert leurs voitures à la sueur de leur front, mes 5 franc ne sont pas rentrés dedans bien que j'en ai les moyens. Ma philosophie, c'est : travail et gagne ton pain ! Je vous assure juste le nécessaire, mais le reste vous incombe. Donc, je te donne 2 mois pour trouver un boulot ou un stage. C'était tout, tu peux donc partir.
Je restais là la bouche en Ô.
Hein deux mois ? Je fais ça comment moi ? Ou du moins il peut....je viens d'avoir une idée .
- Deux mois pa c'est peu mais tu pourrais au moins me recommander à quelqu'un n'est ce pas ? Histoire de me faciliter la tâche vu tes relations, avoue que c'est une bonne idée hein ? Alors, t'en dis quoi ? Proposé-je.
Et là Madjid éclata de rire.
Il ris pourquoi lui? Il y'a quoi de drôle dans mon discours ?
- Tu ne connais pas ton père toi, il ne t'aidera en rien, nous lui avons tous tenu cette même proposition quand on était dans la même situation et il a refusé. Je travaille certes pour lui, mais sans traitement de faveur malgré que je sois son fils. Je reçois des menaces de virement quand je commets quelques erreurs. Moi, j'ai tenu bon, mais Erkan non. Après quelques mois il a monté son propre business qui est sa salle de sport, m'explique-t-il.
Hmm ! S'il leur a fait le même discours c'est que ma requête est peine perdue.
- Ok papa, j'essaierai, me ravisé-je avant de me lever pour sortir.
Je pars donc rejoindre ma copine chez elle. Soda est la fille de maison de notre voisine, une dame extrêmement gentille. Vu qu'elle ne travaille pas aujourd'hui, je vais la rejoindre chez elle.
Je n'ai pas de voiture, car comme mon père la dis il est riche moi non. Du coup pour mes déplacements, j'emprunte sois le bus ou le car-rapide. Non mais franchement mon père et sa philosophie. Normalement on peut se permettre ce genre de pensée chez les blancs là-bas, il oublie qu'on est en Afrique, et qu'ici relation est mieux que diplôme. Franchement quoi recommandations ou pas l'essentiel, tu travailles. Je vais faire comment moi, j'espère que Dieu m'aidera sinon ce n'est pas bon deh !
J'arrive chez Soda quelques minutes après. Je trouve sa mère dans la cour avec son chapelet en main.
- Salam aleikoum yaye !
(bonjour maman) !
- Aleikoum Salam, sama dome na ka sey wadjour ? Mba gneupa ngui tchi diam ?
(Que la paix soit sur toi, ma fille et tes parents ? J'espère qu'ils vont bien ) ?
- Gneupeu ngui tchi diam. Santeu yallah rek. Na ka sa yaram bi mba yangui nopalakou ?
(Tout le monde va bien, je rends grâce à Dieu. Et ta santé, j'espère que tu te reposes) ?
- Sheut boulko wakhati, instant yi mangui meni kou am 20 ans.
(eh m'en parle plus actuellement j'ai l'énergie de quelqu'un qui a 20 ans).
- Ah Kone bakhna parce que mane damay seuysi fi deh ak sougnou djeukeur !
(ah c'est bien alors parce que moi je compte venir m'installer dans mon foyer avec notre mari).
Je la taquine toujours sur le fait que son mari le père de soda, est mon mari donc elle ma rivale.
- Gneuweul soy jiguene, mangui lay khar fii. Tchip sof ba dai !
(Viens si tu es femme, je t'attends ici. Tchru trop ennuis).
- Kholal kharal rek ndiguama guiss fi ak samay bagages. Ana sama sœur ?
(Regarde, attends seulement, tu me verras avec mes bagages. Où es ma sœur) ?
- Moungui ci neg bi.
(elle est dans la chambre)
Je rejoins Soda dans la chambre, celle-ci est en train de fouiller dans ses affaires.
- Ma petite naka sa dougouda
(comment vont les affaires ) ?
- Tchip laisse moi tranquille et installe toi, je m'habille et on part, les autres sont déjà sur place.
Hein!! Autres qui ?
- Comment ça autres sont déjà sur place ? Je croyais qu'on y allait à deux ?
- Oui, mais j'ai eu des amies qui organisaient une sortie. Donc j'ai décidé de faire une pierre deux coups, tu rencontres de nouvelles personnes et on profite. En plus, plus on est nombreuses, plus on est folles.
- Hummm ! J'espère que tes potes son cool parce que tu me connais, au moindre faux pas je vais tout gnagami (mélanger) là-bas ! L'averti-je.
- Eh Dali pardon ne va pas avec ton esprit de gnak là-bas. Ne t'en fais pas, j'ai bien choisi mon cercle d'amis.
Sur ce une fois prête nous nous rendons à la plage. Les plages à Dakar sont magnifiques de plus l'ambiance est toujours au rendez-vous.
L'on se dirige vers un groupe de 4 personnes. Elles sont toutes étudiantes exceptée une qui est coiffeuse.
1 heure après l'on s'est retrouvées dans une conversation animée, le feeling est vite passé, je me suis tout de suite sentis à l'aise avec elles. Nous parlions de tout et de rien en riant aux éclats.
- Regardez-moi tous ces beaux mecs ! Siffle une.
- Tu n'es pas possible toi, depuis quand une fille siffle un homme, s'insurge Soda.
- S'il est beau que veux tu que je fasse ? Lou djeune manoul apprécié nitt mo kay apprécié ( ce qu'un poisson ne peut pas apprécier c'est l'être humain qui doit l'apprécier.) Rétorque-t-elle. Attendez, observez les passants si c'est votre genre, vous dîtes wahou.
On dirait une adolescente rire, j'attends de voir leurs genres.
- Regardez celui-là, il est hot !
- Trop musclé d'en haut et mince d'en bas. Ce n'est pas mon genre, dis une.
- Moi, je n'aime pas les muscles, j'adore les mecs sveltes, argumente une autre. Et toi Dali, c'est quoi ton genre ?
- Je n'ai pas trop de critères en plus souvent, tu tombes amoureuse d'une personne à l'opposé de ton mec idéal. Mais je dirai que j'aime les hommes de teint noir bien ciré et grand de taille. Les histoires de muscles la, c'est disons facultatif mais c'est pas pour autant qu'il doit avoir un gros ventre hein, ricané-je.
- C'est vrai, les hommes noirs sont trop beaux. Nous continuâmes notre discussion seul soda était réservée sur le sujet. Elle ne s'est pas prononcée, mais bon peut-être qu'elle est juste timide concernant les hommes.
Nous sommes restées à la plage jusqu'au soir, il est temps pour nous de nous séparer. Je me suis bien amusée ma journée fût belle.
Arrivée dans mon quartier, je décide d'emprunter une ruelle que j'ai l'habitude de prendre vu que c'est un raccourci. Alors que je marchais, juste au tournant, je me heurte à un mur alors que je farfouillais dans mon sac à main à la recherche de mon téléphone. Sur l'effet du choc, je tombe sur mes fesses.
Aie ! Depuis quand il y a un mur ici ? Non mais les gens construisent n'importe comment ce n'est pas possible, on ne prévient même pas et on plante un mur en pleine ruelle. Demain, j'irai me plaindre à la mairie. C'est quoi ce comportement ?
Et là, une voix grave superbement roque me sorti de mes pensées.
- Madame, vous-allez bien ?
Demanda l'inconnu.
Je relève les yeux prête à faire voir mon comportement sauvage, et là, le choc.
Je reste là, la bouche ouverte à contempler sans vergogne ce spécimen sortie tout droit des films Américains. En fait, il n'y avait aucun mur, je me suis simplement heurtée à ce méga apollon qui transpire la classe et la virilité. Si je savais qu'après notre discussion à la plage, je serais tombée sur un Dieu grec, j'aurais crié que oui, j'adore les muscles parce que son physique est juste wahou !
Mamamia, bon Dieu !
Il doit faire au moins 1m90 avec sa petite barbe bien entretenue, ses lèvres mamamia ! Et ce costume qui met son corps si parfait en valeur mamamia !
Ça fait combien de fois que je répète mamamia d'ailleurs ? On peut être beau comme ça ?
- Madame ?! Répète-t-il visiblement impatient. Je me relève donc de ma chute et lui répond.
- Euh... Tout en continuant de le regarder Dieu ! Qu'il est beau !
Patisankana !
Essaie de te reprendre Dali ce n'est pas le moment, il faut lui répondre le soir sur ton lit, tu pourras mieux fantasmer sur lui.
- Oui oui, ça va, je ne regardais pas où j'allais veuillez m'excuser, lui dis-je.
- Tâchez de faire plus attention la prochaine fois ! Rétorque-t-il de manière froide.
Il fait sa loi sur qui lui et puis quelle prochaine fois même ? Peut importe, je laisse passer, je ne vais pas répondre. C'est sa beauté qui m'intéresse d'abord.
Mais waouh il est beau !
Oui, je sais je ne fais que répéter qu'il est beau, mais...tout à coup, une pensée me vient à l'esprit. Et si c'était un djinn ? Je me souviens que ma mère m'avait dit un jour que les djinns était dotés d'une grande beauté et celui que j'ai en face de moi là, beauté dors chez lui deh ! Je suis donc face à un djinn.
S'il est le diable, moi je suis trop jeune, je ne veux pas mourir comme ça. Sans qu'il ne puisse comprendre, je me mis à courir.
J'accélère mes pas jusqu'à ce que j'arrive chez moi toute haletante. Merci à mon marathon. Faut dire que je ne suis pas du tout sportive, j'ai essayé une fois le footing et j'ai démissionné.
Je remarque Erkan devant la porte qui me regarde avec incompréhension alerté par mon attitude.
- Il y a quoi Dali ? Qu'est-ce-qui t'es arrivée ? Pourquoi tu es ainsi essoufflée ? Quelqu'un t'a agressée ? Demande-t-il la voix teintée par l'inquiétude.
- Noohhhh... J'essais de reprendre ma respiration et repris. Rien de tout ça, j'ai croisé un djinn dans le couloir là-bas, dis-je en pointant le coin du doigt.
- Hein !? Un quoi ? Voyons Dali qu'est-ce que tu racontes encore ? Et il se mit à rire.
- Oui, vas-y moque toi, je verrai bien comment tu aurais fait à ma place. Marre-toi bien !
- Qu'est-ce-qui se passe ? Demande Binta ma belle-sœur qui vient d'arriver. Erkan lui explique et elle se mit aussi à rire.
- Hahahahaha !
Je les laisse dans leurs fou rire et entre dans la maison.
Qu'ils ne me croient pas s'ils veulent moi, je le dis cet homme n'avait rien de réel, c'était un djinn. Je remercie Dieu de lui avoir échappé, sinon qui sait où je serai en ce moment même. Je ne prendrai plus cette ruelle comme raccourci, peut être, c'est leur lieu de réunion, on ne sait jamais. Prudence Dali !
N'empêche que ce fût trop un beau djinn. Je pars me coucher avec les pensées remplis de ce bel Américain.