Élisa
Les ruines encore fumantes de la maison derrière nous semblaient brûler dans mon esprit autant que dans la forêt. Le ciel sombre reflétait ma rage. Lorenzo avait cru nous effrayer, mais il venait de réveiller un feu bien plus dangereux : le mien.
Adrien et moi marchions rapidement, nos yeux scrutant chaque ombre autour de nous. L’explosion nous avait secoués, mais elle avait surtout réveillé quelque chose d’incontrôlable en moi : la soif de vengeance et la rage de toute une vie de douleurs.
— « On doit bouger », murmura Adrien. « Lorenzo ne va pas rester les bras croisés… il va riposter. »
Je hochai la tête, mes poings serrés. Chaque battement de mon cœur n’était plus peur mais détermination pure. La douleur de mon passé, la perte de mon père, tout ce que Lorenzo représentait… tout cela se transformait en une arme vivante.
Nous rejoignîmes un véhicule discret, prêt à partir. Mon regard ne quittait pas les alentours. Chaque mouvement, chaque silhouette pouvait être Lorenzo lui-même, prêt à frapper.
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Une fois en sécurité, Adrien sortit un plan de filature et des informations récentes sur Lorenzo et ses hommes. Les lieux où il avait été aperçu, ses contacts, ses méthodes… tout était sur la table.
— « On doit les suivre », dit-il. « Si nous ne prenons pas l’initiative, ils nous auront avant qu’on puisse réagir. »
Je souris, un sourire froid et dangereux :
— « Alors allons-y. Que chaque pas nous rapproche de lui… et qu’il goûte enfin ce qu’il a semé. »
Nous préparâmes notre filature avec minutie. Adrien au volant, moi à côté, les yeux rivés sur les rues, les silhouettes, les mouvements. Chaque véhicule suspect, chaque coin sombre, chaque signal devait être analysé. Je ne laisserai pas Lorenzo échapper à ce que je prépare.
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Après plusieurs heures de surveillance, nous repérâmes enfin une voiture qui semblait suivre un rendez-vous. Les hommes étaient armés et vigilants, mais nous avions appris à lire leurs mouvements. La rage qui brûlait en moi me donnait une précision presque mécanique : je voyais ce qu’Adrien ne voyait pas, je sentais les dangers avant même qu’ils n’arrivent.
Nous nous rapprochions, silencieux comme des ombres. Mon cœur battait fort, mais ce n’était pas la peur. C’était la soif de justice. Chaque seconde qui passait me rappelait que Lorenzo croyait pouvoir nous contrôler. Il allait apprendre que je ne recule devant rien.
Soudain, un mouvement suspect à l’avant nous fit freiner. Je sortis mon arme et la serrai contre moi, prête à agir. Adrien échangea un regard avec moi. Aucun mot n’était nécessaire. Nous étions prêts.
— « C’est le moment », murmurai-je.
Alors que nous nous approchions encore, le moteur d’une autre voiture démarra au loin. Des silhouettes armées surgirent, bloquant notre route. Le piège était là. Lorenzo savait. Il nous attendait.
Mon souffle se fit plus rapide, mais je restai calme. La flamme de ma haine me guidait, chaque muscle prêt à agir. Je ne laisserai pas cette fois passer l’opportunité de frapper.
Adrien et moi échangions un dernier regard, silencieux mais chargé de promesses : nous allons affronter Lorenzo, et cette fois, il ne pourra pas s’échapper.
Les silhouettes armées surgissaient de l’ombre, les moteurs vrombissant comme un avertissement. Lorenzo était là, invisible derrière ses hommes, mais sa présence glaciale se sentait à chaque mouvement.
Je sentis mon cœur battre, non pas de peur, mais d’excitation. La flamme de ma rage brûlait plus fort que jamais. Adrien me lança un regard, silencieux mais chargé de tension. Nous savions tous les deux que c’était maintenant ou jamais.
— « On y va ! » murmura-t-il.
Nous bondîmes hors du véhicule, armes en main, analysant chaque geste des hommes de Lorenzo. La pluie fine avait rendu le sol glissant, mais nous utilisions chaque ombre, chaque obstacle comme couverture. Je frappais avec précision, chaque coup porté avec la rage accumulée depuis la mort de mon père. Je n’étais plus une simple femme ; j’étais une arme vivante.
Adrien avançait à mes côtés, calculant chaque mouvement, mais soudain un coup partit. Un tir rapide l’atteignit à l’épaule. Il grimaça, serrant les dents, mais continua à avancer malgré la douleur. Mon cœur se serra en le voyant blessé, mais je savais que la panique ne nous sauverait pas.
— « On doit bouger ! » hurlai-je, tirant Adrien vers un abri.
Nous reculâmes en esquivant les balles, nos mouvements fluides et rapides. Chaque seconde comptait. Je sentais la colère guider mes gestes : chaque coup que je donnais, chaque ennemi que je neutralisais me rapprochait de Lorenzo, et de ma vengeance.
Adrien, malgré sa blessure, parvenait à riposter, mais je voyais la douleur dans son regard. Il serrait la mâchoire et continuait, parce que nous n’avions pas le choix. Ensemble, nous formions une unité implacable.
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La bataille dura plusieurs minutes, chaque instant chargé de tension. Les hommes de Lorenzo étaient nombreux et bien entraînés, mais notre rage, notre détermination et notre volonté de survivre nous donnaient l’avantage. Je sentais l’adrénaline transformer la peur en puissance.
— « Par là ! » criai-je, pointant un passage étroit entre deux bâtiments.
Adrien hocha la tête et nous nous faufilâmes à travers l’espace, les balles sifflant derrière nous. Nous tombâmes enfin dans une ruelle cachée, le souffle court, les vêtements déchirés, mais toujours debout. Adrien essuya le sang qui coulait de son épaule, grimaçant légèrement, mais ses yeux brillaient encore d’une détermination intacte.
— « On s’en est sortis… pour l’instant », murmura-t-il, essoufflé.
Je hochai la tête, le cœur battant à toute vitesse. Chaque fibre de mon corps criait vengeance, mais la prudence devait venir avant la confrontation finale avec Lorenzo. Mon esprit tournait déjà, planifiant nos prochains mouvements, nos prochaines attaques.
— « Lorenzo croit nous avoir coincés… » dis-je, le regard brûlant de rage. « Mais il ne sait pas à qui il a affaire. Chaque jour, ma soif de vengeance grandit… et cette fois, il va payer. »
Adrien me lança un dernier regard, silencieux mais complice. Nous savions que nous avions survécu, mais le véritable combat ne faisait que commencer. La chasse était lancée, et aucun des deux ne reculerait.
Nous disparaissions dans la nuit, laissant derrière nous le chaos, mais portant dans nos cœurs une promesse claire : Lorenzo ne restera pas impuni.