Prologue_Le souffle d'Aelaryn
« Écoute, voyageur. Si tu entres dans Aelaryn, fais-le les pieds nus et le cœur nu. Car la forêt ne ment pas. Elle te regarde, elle t’écoute, elle sait. »
On ne prononce le nom d’Aelaryn qu’à voix basse.
Pas parce qu’on la craint… mais parce qu’on la respecte.
Aelaryn est plus qu’une forêt. Elle est la peau du monde, le dernier vestige d’un temps où les dieux marchaient sans nom, les bêtes parlaient sans langue, et les humains n’étaient que poussière et silence.
Ceux qui s’y perdent ne meurent pas tous.
Mais ils ne reviennent jamais les mêmes.
🌳 Les racines vivent
Sous les feuilles noires, le sol est vivant.
Les racines d'Aelaryn sont aussi vieilles que le ciel. Elles serpentent sous la terre, s’enroulent autour des morts, boivent le sang des vivants.
Elles murmurent dans la langue des temps anciens, une langue que seuls les Bhaken comprennent.
« Le sang nourrit la mémoire. »
– Premier précepte Bhaken.
⚔️ Les Bhaken_ les enfants de l'arbre
Peaux sombres, corps peints, yeux blancs.
Les Bhaken ne parlent pas.
Leur bouche est cousue le jour de leur première offrande. Ils parlent avec leurs gestes, leur regard, et parfois… avec le sang.
Ils croient que l’Arbre Unique–le Tronc Maudit – est le berceau des premiers dieux.
Et que tout ce qui y vit, doit leur être offert.
Leur chef porte un masque d’écorce et d’os.
Ils marchent dans l’ombre, pieds nus, lames d’obsidienne à la main.
Lorsqu’ils chassent… ils ne courent pas. Ils attendent. Ils écoutent.
Et quand tu entends le tambour, il est déjà trop tard.
🔥Les Ezzar _ Les Hurleurs du Feu
Nés du soleil, sculptés dans la douleur.
Les Ezzar peignent leur peau avec les cendres des anciens.
Leur cri est leur seule langue. Ils vivent au sud d’Aelaryn, là où la terre fume encore de l’ancien feu.
Ils dansent autour de la flamme, armés de lances faites de vertèbres.
Leurs femmes accouchent dans les cendres, et les enfants sont jetés dans le feu pour être "marqués".
Ils haïssent les Bhaken.
Mais devant les créatures, ils s’unissent. Car la forêt dévore sans choisir.
🐺 Les Draviths_ Félins de Brume
Ils n’ont pas de nom, mais les anciens les appellent Draviths.
Leur pelage change selon la lumière.
Dans l’ombre, ils sont invisibles.
Leurs yeux dorés brillent dans le noir, et leur souffle est plus chaud que le feu.
On ne les chasse pas. On les évite.
Une morsure, et la fièvre te dévore de l’intérieur.
🌬️ Les Kurnas_ Loup-Ailés
Nés du vent et de la colère.
Les Kurnas volent sans bruit.
On les entend… quand ils choisissent de tuer.
Leur hurlement perce le cœur, fait fuir les oiseaux, brise le sommeil.
Ils ne tuent que la nuit.
Et ceux qu’ils laissent en vie deviennent aveugles, car leurs yeux ont vu ce qu’ils ne devaient pas voir.
🩸Les Mères-Sangs_ Fleurs des Morts
Énormes, rouges, belles à mourir.
Elles sentent la vanille, le miel, la peau.
Mais elles boivent le sang.
Leur cœur bat doucement sous les pétales.
Elles te séduisent, t’enlacent, t’étreignent, t’étranglent.
Les Bhaken les vénèrent. Les Ezzar les brûlent.
🌲Le Tronc Maudit _ L'arbre des Silences
Au centre d’Aelaryn se dresse un arbre que nul ne grimpe.
Ou presque.
Ashar y vit.
Il n’a pas de nom, jusqu’à ce qu’elle le lui donne.
Il est né nu, tatoué, sans voix.
La forêt l’a pris, nourri, modelé.
Il est la chair d'Aelaryn.
Un jour, une étrangère viendra.
Pâle comme la lune. Les yeux pleins de feu.
Elle s'appelle Alyr.
Et ce jour-là, le silence d'Aelaryn prendra feu.