Cette mort ne me touche pas ou si peu. Je ne ressens rien, seulement de l'embarras et l'inconfort de ma situation. Le mot "tristesse" m'est étranger. Je suis froid. Ce n'est pas normal. Je ne suis pas normal. Même pas un sentiment de soulagement ! Non. Rien. Une indifférence absolue. Un événement parmi d'autres qui ne me touche pas. Il y a quelque chose de raté en moi, c'est sûr. Cela, précisément, me fait souffrir plus que le reste. Sentiments de honte et de culpabilité mêlés. Encore ! Je pourrais au moins faire semblant, forcer une larme à sourdre. Ce serait bienséant et cela me réconcilierait avec moi-même. Mais je suis sec, désespérément sec. Et vide. Marie est déjà au chevet de ma mère. La porte d'entrée, restée entrebâillée, s'ouvre doucement et dans l'encadrement se tiennent le cur

