— Vos regards ne trompent pas.
— Chut !
Puis le silence avait cassé l’ambiance. Je la regardais de haut en bas et du bas vers le haut. Elle avait du mal à me regarder à cause de Sasha. Elle fixait mes talons, je crois.
_« Elle me procure quelque chose que je n’arrive pas à expliquer, même si cela fait moins de 24 heures que je la connais. J’ai envie d’en savoir plus sur elle. J’ai envie de connaître ses peurs et ses défauts, de savoir si je vais l’aimer ou pas. Pour le moment, sa poitrine me fait baver, les contours de son corps me font perdre la tête. Au moins sur ces points, elle m’attire déjà sans trop forcer et elle le sait. Comment lui dire que j’ai encore besoin d’elle ce soir ? Voudrait-elle aussi ? »_
— Hey Nyra, tu rêves ou quoi ?
— Désolée les filles. Je monte me coucher, j’ai les idées perturbées.
— Oui, je vois ça ! Ton visage collé à sa poitrine, il y a de quoi.
— Sashaaa, criai-je.
— Laisse tomber. Il y a des fruits qui arrivent, profites-en.
— Merci, bb, dit Sasha.
*Sasha & Elena*
— Pourquoi tu aimes l’embêter comme ça, franchement ?
— T’inquiète pas, nous sommes toujours comme ça.
— Mais cela se voit que des fois elle se sent gênée, mais tu continues.
— C’est quoi ton problème, ma Loulou ? C’est mon amie, on se connaît bien.
— Oui, mais justement tu dois comprendre que ton amie a besoin de son espace, parfois. Même si vous êtes comme ça, elle a besoin…
— C’est bon, j’ai compris. Ne me donne pas tout un cours pour ça, tu veux bien ?
— Si, parce que tu es mon amie aussi. Et si jamais on se met ensemble, Nyra et moi, j’aurai vraiment besoin que de temps à autre tu me colles la paix.
— Ça va ! J’ai compris, dit-elle avec un air sérieux.
— Surtout, ne boude pas. C’est bien que tu le saches.
J’étais couchée sur mon lit, tête levée vers le ciel, téléphone en main. Je fixais le plafond sans aucune idée en tête. Je n’avais pas sommeil, j’étais juste comme ça, tête vide.
C’est le retour de George qui m’a soulevée du lit.
Sasha bondit sur son amoureux et l’embrasse avec délicatesse et tendresse.
— Tu m’as manqué, bb.
— Toi aussi, trésor.
Moi et Elena on se regardait avec la même envie, mais sans se toucher.
— Alors, dis-moi, mon pote.
— Comment tu as géré ces deux bombes ?
— Tu me connais bien. Je ne suis pas très bavarde. Avec Sasha dans les parages en plus, je t’en dis pas plus.
— _en riant_ : Elle me ressemble, pas vrai ?
— Exactement ! J’espère que mes nièces vont me ressembler, en tout cas.
— Vraiment ! Parce que toi et ta femme déjà, vous agacez.
— Mais n’empêche que vous êtes les meilleures comme amies.
— Voilà ! Et c’est ça qui compte.
— Moi, j’ai un creux. Et si l’on passait à table ?
— Bonne idée.
Il était 16 heures et il fallait qu’on reprenne un peu de force. Silvia nous avait concocté un repas simple et léger. C’était un vrai régal. J’étais assise près d’elle et on se frôlait presque. Je n’arrivais pas à me concentrer sur quoi que ce soit. Elle me fragilisait, ou plutôt, me déséquilibrait.
— Et si on allait au ciné après ??
— Il se fait tard.
— Ne vous inquiétez pas, j’ai ma salle de ciné ici.
— Dans ce cas, rendez-vous dans 2h car j’ai besoin d’une bonne sieste, les gars.
— Moi de même.
— Tu as sommeil, Nyra ?? me dit Elena.
— Non, pourquoi ??
— J’aimerais bien passer un peu de temps avec toi.
— D’accord. Comme tu veux. À la piscine dans deux minutes.
— Ououououh !
— La ferme, George ! dit Sasha.
— Allons donc faire ce que l’on sait bien faire, bb, dit George en tapant le fessier de sa nana.
*Elena & Moi*
J’étais allée me changer pour mettre un short et une chemise légère avant de redescendre à la piscine. Elle m’attendait déjà en bikini blanc, les cheveux au vent. Elle avait ce corps de sirène. Plus je m’approchais, plus mon cœur battait fort.
— Qu’est-ce que tu fais ?
— Rien, je bats des pieds dans l’eau.
— T’es si agréable à la vue. Plus je me rapproche de toi, plus mon cœur bat fort.
— C’est l’attirance physique.
— Moi, je pense que c’est l’amour.
— C’est faux, dit-elle en riant.
— Pourquoi, jusqu’à cet âge, tu n’es pas encore mariée ??
— Toi-même, regarde autour de toi. C’est pas évident, ça ??
— Quoi ? Je comprends pas.
— Il m’a fallu des années de sacrifices pour que je puisse me bâtir ainsi. Ce que tu vois, ce n’est pas beau ??
— Bien sûr que oui.
— Voilà, j’avais pas le temps avant. Mon temps, c’était de me faire de l’argent, encore de l’argent et surtout beaucoup d’argent. Aujourd’hui j’ai ce que j’ai toujours voulu et il est temps pour moi de trouver avec qui partager ma vie.
— Mais vous pourriez le faire à deux, si jamais tu étais en couple.
— Ce que tu dis est peut-être vrai, mais j’ai jamais vu les choses ainsi. Je me suis toujours dit qu’on aurait des plans différents, des visions avec des doutes et tout. Je ne voulais pas trop y penser. Maintenant j’ai tout, j’ai juste besoin d’amour et de vrai.
— Choquant ! Mais tu faisais des coups d’un soir.
— Pourquoi, j’ai l’air ??
— Oui ! Je le pense si fort.
— C’est pas faux, mais je regrette.
— Je vois.
— Tu penses qu’on ferait un beau couple, à deux ?
— Ouais, mais il y a encore la gêne.
— Laquelle ??
— La distance risque d’être difficile.
— Mais tu peux…
— Vas-y, finis.
— Non, je n’ai pas le droit de dire ça.
— Sois libre de me parler. Dis-le.
[À suivre...]