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Les Poissons pleurent aussi

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Denis Farenc tente le tout pour le tout pour préserver la nature et la Méditerranée qu'il aime tant.

Denis Farenc, cadre à la retraite, entretient avec la Méditerranée un lien fort, qu’il transmet à ses petites-filles lors de mémorables sorties en bateau. Mais au fil des années, il observe la dégradation de cette mer mutilée par des pratiques humaines. Et que dire du reste de la région qui s’appauvrit irrémédiablement, d’où disparaissent les ressources et les savoirs ancestraux ? Plus alarmantes encore sont ces étranges maladies qui frappent ses proches. Brisé par ce qu’il voit et ce qu’il apprend, Denis, de nature placide et joviale, va peu à peu se révolter et commettre un acte aussi insensé que dérisoire. Une intrigue fascinante, un éclairage intimiste et poignant, ce roman, porté avec finesse par la beauté des paysages, laisse entendre les souffrances de notre planète.

Pierre Micheletti, médecin, parcourt tous les continents depuis trente ans. Observateur attentif des désordres de l’environnement, il sait que, si la réalité est mondiale, elle n’est pas pour autant exempte de déclinaisons locales. Et c’est en terre du Languedoc qu’il a choisi de situer son histoire. Il est vice-président d’Action Contre la Faim, après avoir dirigé Médecins du Monde (2006-2009).

Quel acte, dérisoire et insensé, Denis a-t-il commis ? Découvrez ce roman à l'intrigue fascinante et laissez-vous toucher par les souffrances de notre planète au bord de la Méditerranée.

EXTRAIT

Son masque à peine ajusté, Denis sauta palmes premières de la poupe de l’Antares. Il fallait attendre quelques instants, laisser le temps de se réchauffer à la pellicule d’eau glissée entre sa peau et la combinaison de néoprène. Il resta immobile pour que l’opération s’accomplisse sans retard. Peu à peu, un sentiment familier de bien-être le gagna, entouré du silence ouaté de l’immersion.

« Tu donnes le mauvais exemple à ton fils ! » lui aurait une nouvelle fois reproché Catherine à son retour, inquiète des plongées solitaires dont il était devenu friand. Avec l’expérience, il avait conçu une sorte de dépendance à leur égard. Un besoin de l’alchimie particulière que produisaient sur lui les sensations inhabituelles de l’apesanteur, du silence sépulcral et d’une palette de couleurs résumée par un dégradé de gris. En dehors de la découverte de la vie marine, la plongée est d’abord une expérience improbable des sens. Avant le voyage prévu à Toulouse, il avait besoin de cette rupture apaisante. Il avait confié la garde de Rose à Patricia, la femme de Jordi, qui accueillait ses propres petites-filles pour la journée.

CE QU'EN PENSE LA CRITIQUE

Un très beau roman, d'une grande portée philosophique, attachant dans sa construction et tellement d'actualité. - LaMuseEnParle, Babélio

À PROPOS DE L'AUTEUR

Médecin, Pierre Micheletti entreprend ses premières expériences à l'étranger en 1985. Il rejoint Médecins du Monde en 1987, tant que chef de mission au Guatémala, puis devient directeur des programmes en 1996, avant d’être élu à la présidence en 2006, responsabilité qu’il exercera jusqu’en 2009. Depuis, il est professeur associé à l’IEP de Grenoble et co-dirige les masters Organisations internationales et Politiques publiques de santé.

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Chapitre 1
Chapitre 1Ils étaient allongés à même le sol, dans l’angle le plus éloigné de l’unique fenêtre que comportait la pièce, les yeux clos. L’homme et la femme semblaient profondément endormis, bien que leur respiration fût saccadée, comme celle d’un couple adultère après une ardente rencontre trop longtemps différée. Debout, le troisième occupant du vaste bureau faisait d’incessants allers-retours entre la porte et la fenêtre, se gardant manifestement de placer sa silhouette dans l’embrasure de l’une ou de l’autre. Ses gestes étaient nerveux, désordonnés. La fenêtre était régulièrement balayée par des lueurs jaunes et bleues, mimant les lampes stroboscopiques des boîtes de nuit, à un rythme beaucoup plus lent toutefois que celles qui sévissent dans les night-clubs, décomposant les mouvements des danseurs les plus frénétiques. Le couple sentait mauvais, l’un d’entre eux avait dû s’oublier. L’homme ? La femme ? Les deux peut-être. Les pseudo-amants se cramponnaient l’un à l’autre, comme de vieux complices, eux qui peut-être ne s’étaient jamais fait la moindre papouille jusqu’à la veille encore. Seules les circonstances exceptionnelles devaient rendre acceptable à leurs yeux l’impudeur totale brusquement créée ce matin-là, brisant net les codes de bonne conduite apparente qui sont d’ordinaire l’apanage affirmé des cadres dirigeants. De nouveau, une voix – qui lui était à l’évidence familière – résonna, accentuant aussitôt la tension de l’homme debout, que traduisait un soliloque ininterrompu, indéchiffrable, constitué d’une litanie de mots rageurs ou d’onomatopées, chaque fois réamorcée par l’activation du puissant mégaphone extérieur. — Soyez raisonnable, sortez ! Ne vous entêtez pas, vous faites prendre des risques à tout le monde. Allons, ça ne vous ressemble pas, évitons un drame ! — La ferme, Gardiola ! Tu me fatigues. Où est le préfet ? Je t’ai déjà informé que je ne parlerai plus qu’avec lui ! Il faut te le dire comment ? — Il arrive ! Restez calme. Tout va rentrer dans l’ordre. Surtout pas de violence, pensez à votre famille. — Je m’en fiche de tes raisonnements. Je n’ai plus de famille, plus rien à perdre ! Et puis zut ! Ne cherche plus à établir le contact, tout cela te dépasse ! — D’accord, d’accord, mais ne perdez pas votre sang-froid, et pas de violence, hein ? Nous sommes d’accord là-dessus ? Se détournant, l’homme jeta un brusque regard vers le couple gisant sur le sol. Immédiatement, le sommeil factice parut plus profond. Le gardien avait pourtant saisi le regard subreptice de la femme. Il fit deux pas déterminés vers eux, les menaçant à nouveau – sans un mot, à quoi bon ? – de son arme préhistorique. Devant la notable accélération de leur respiration, il tourna les talons, rassuré, puis reposa l’engin contre le mur, au cas où… Son mouvement pendulaire entre porte et fenêtre avait à peine repris que le verre de celle-ci vola en éclats, fracassé par un objet étrange que l’homme n’eut pas le loisir d’observer plus avant. Il aurait su alors qu’il s’agissait de matériel de professionnels rompus à l’exercice. Le préfet devait être arrivé sur les lieux… La grenade avait deux fonctions : étourdissante et aveuglante. Elle fit son office : titubant, l’homme se déplaça à tâtons, prenant appui sur le mur pour contrer la soudaine privation de ses sens. C’est de la porte qu’il pressentait le plus grand danger. Il se dirigea donc vers elle. Il perçut de façon lointaine, ouatée, le coup de bélier qu’elle venait de subir avant de s’aplatir sur le sol, d’un bloc. À moitié halluciné – mais toujours debout –, l’homme vit entrer une créature monstrueuse : il ressentit aussitôt une violente douleur au niveau du thorax, comme une décharge électrique. Il se retrouva soudainement paralysé, groggy. Ce fut sa dernière perception avant de perdre connaissance.

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