Encore une fois pour ne pas changer de d'habitude, je coure partout dans la maison à la recherche de mes satanés clés de voiture !
Mais où est ce qu'elles sont encore passées ?!
Jamais là quand on en a besoin d'celle là !
C'est fou ça quand même !
Je commence vraiment à penser qu'il y a des petits lutins qui ont élus domicile chez moi et qui s'amusent chaque jours à me faire tourner en bourrique !
Je tourne ma tête vers le canapé.
Et ma fille aussi elle veut me faire devenir dingue
Abby : " Louise, s'il te plait dépêche toi ou maman va encore arriver en retard au travail, et tu sais bien que maman se fait gronder par son méchant patron quand ça arrive !"
Ce petit démon a décidé ce soir de n'en faire qu'à sa tête.
Je m'époumone depuis trente minutes maintenant mais c'est comme si je parlais à un mur.
Pourtant, je suis sûre que même mes voisins dure de la feuille m'ont entendu, mais visiblement, pas ma fille.
Faut croire que le dinosaure qui fait des cabrioles en chantant à la télé est plus intéressant que moi.
Remarque, pour éveiller son intérêt je devrais peut-être penser à me mettre à la chanson moi aussi.
Ça pourrait être drôle.
Je ravale rapidement le sourire qui tente de prendre possession de mes lèvres rien qu'en imaginant la scène et me reconcentre sur mon mini moi.
Quelle fichue caractère cet enfant !
Louise est un amour de petite fille de presque six ans en temps normal, je vous assure, mais aujourd'hui allez savoir pourquoi, elle a décidé de me faire devenir chèvre !
Cette fois, je prend les choses bien en mains.
Je m'approche de la télé et j'attrape la télécommande qui était bien gentiment posé à côté de ma fille et j'appuie fermement sur le bouton pour l'éteindre.
Elle se retourne vivement pour me regarder avec de gros yeux ronds.
Je la fixe et lui dis d'un ton ferme
Abby : " Maintenant Louise tu vas chercher tes chaussures s'il te plait."
Ces yeux parcourent rapidement ma personne, puis s'arrête sur mes pieds.
Elle me pointe ensuite de son petit doigt
Louise : " Et toi, pourquoi t'as pas mis tes chaussures maman ?"
Je baisse la tête et regarde mes pieds à mon tour en gigotant mes orteils.
En effet, dans mon empressement, il se pourrait que j'ai unpeu oubliée de mettre les miennes.
Et pour ma fille, malheureusement, ce n'est pas passer inaperçu.
Sachez que Louise voit tout, entend tout et dis absolument tout.
Allez Abby, si tu ne veux pas perdre la face devant un petit monstre d'un mètre 20, trouve vite quelque chose à dire, sinon t'es f****e ma grande
Abby : " Oui c'est vrai.
Et je suis contente que tu l'es remarquée.
C'était pour te montrer qu'à force d'attendre après toi, maman n'a plus toute sa tête.
Donc maintenant s'il te plaît, obéis ma chérie veux tu ?"
Ma fille se décide enfin à se lever du canapé, non sans lâcher un long soupir, et part finalement chercher l'objet de la discorde.
Des fois, elle me rend folle.
Il y a six ans et demi, quand j'ai su que j'étais tombée enceinte, je ne vais pas vous mentir, j'ai eu un énorme mouvement de panique.
Je ne savais pas quoi faire.
Je venais d'avoir dix sept ans, j'étais encore une gamine, du coup j'étais totalement perdue.
D'autant plus que je venais à peine de me séparer du géniteur.
Gentille comme je suis j'ai tout de même voulu lui faire part de la nouvelle, histoire qu'il soit quand même au courant qu'il allait devenir père.
Nous n'étions peut-être plus ensemble, mais si il voulait faire parti de la vie de son enfant, qui étais-je pour l'en empêcher ?
J'ai moi même grandit sans mon père, je sais ce que ça fait.
Si je pouvais éviter à mon enfant de vivre ce que j'ai moi même vécu, autant le faire.
Je voulais lui éviter les anniversaires en compagnie d'un seul parent.
Puis, lui éviter les fêtes d'école ou les autres enfants te demande sans cesse où est ton papa ?
Bien mal m'en as pris, parce que au final, j'avais bien raison à son sujet c'était réellement un pauvre type qui s'est empressé de disparaître de la circulation au moment exact où je lui ai annoncé que j'attendais son enfant et que j'avais décidé de le garder.
Cet enfoiré a même osé me poser la question à savoir si j'étais bien sûr que cet enfant était de lui !
A cette question, j'ai été à deux doigts de lui en coller une !
Okay d'accord, je n'ai peut-être pas une vie comme tout le monde mais en amour je suis droite comme un i.
Du coup, il s'est barré et bon débarras.
Par contre, je vous mentirais si je disais que je n'avais jamais été dépassé par mon nouveau statut de maman.
J'ai réellement eu des moments où j'étais à bout, mais genre carrément au fond du trou.
Les nuits blanches quand elle faisait ses dents étaient devenu mes pires cauchemars.
Heureusement, les mauvais jours sont une toute petite partie de nos vies par rapport au bonheur immense qu'elle me procure.
Son sourire prime sur tout le reste.
Ma fille est ma petite bouille de bonheur et d'amour, et c'est ça le principal finalement.
Elle est la prunelle de mes yeux et je la protégerai toujours quoi qu'il m'en coûte.
J'ai construis toute ma vie autour d'elle.
J'ai pris des décisions, j'en ai oubliée d'autres, mais à ce jour je ne regrette rien.
Elle réapparaît dans le salon, ces bottes en mains.
Elle est en mode grognon.
C'est fou quand elle a cette tête, c'est le portrait craché de son père.
Elle s'assoit par terre pour les enfiler
Abby : " C'est bon tu es prête ?
Mamie nous attend déjà.
Elle m'a dit qu'elle t'attendait pour que tu l'aides à préparer des cookies."
Ma fille lève son visage vers moi.
A l'énonciation du mot cookies, son sourire est instantanément réapparu.
C'est une vraie gourmande tout comme moi
Louise : " Et on pourra les manger après ?"
Abby : " Bien sûr ma chérie.
Tu m'en garderas unpeu de côté.
Et tu me les donneras demain quand je viendrais te chercher pour t'emmener à l'école, d'accord ?"
Louise : " D'accord."
Tout en parlant, je cherchais toujours activement mes clés.
Je les retrouve enfin....
Sous un coussin ???
Mais comment sont elles arrivées là ?
J'vous l'dis, j'ai des lutins chez moi !!
Bref peu importe...
Nous enfilons chacune notre manteau.
Je chausse mes talons et prend mon sac ainsi que ma tenue de travail.
J'attrape la petite main de ma fille et nous nous dirigeons gaiement vers ma voiture.
Malgré que je ne sois pas en avance, je prends tout de même le temps de bien l'attacher dans son rehausseur.
Et enfin nous partons pour cinq kilomètres de route.
Je n'ai pas voulu trop m'éloigner de chez ma mère quand je suis enfin partie de chez elle avec Louise.
Le travail que j'effectue actuellement, fait que ma fille doit dormir chez sa mamie cinq nuits par semaine, week-end compris.
Je ne voulais pas lui imposer trop de route chaque jours vu son jeune âge, pour se rendre à l'école.
Du coup, j'ai réussi à denicher une petite maison.
Elle ne paie pas de mine mais au moins c'est chez nous.
L'école est pile entre ma maison et celle de ma mère.
Nous arrivons enfin à destination.
Je suis à peine garée que Louise se détache et sort en courant de la voiture
Abby : " Louise !
Je t'ai déjà demander d'attendre que je te détache moi même pour sortir de la voiture !"
Elle ne m'écoute plus, elle a déjà refermer la porte.
Ma mère nous attend sur le palier.
Louise lui saute dans les bras.
Ma mère lui dépose un énorme bisou sur sa joue
Maman : " Ma puce tu es là enfin.
Entre vite il fait froid dehors."
Elles entrent toutes les deux dans la maison, tandis que moi je suis toujours entrain de décharger les affaires de ma fille.
Je l'admet, des fois je suis jalouse de leurs relation ultra fusionnel.
J'ai parfois l'impression que ma fille aime plus ma mère que moi.
Faut dire aussi que ma mère passe beaucoup plus de temps avec ma fille que moi.
Voyez par vous mêmes...
La journée elle est à l'école, le soir je suis au travail et la nuit elle dort chez ma mère.
En tout si je la vois trois heures par jour, c'est le grand maximum.
J'entre à mon tour dans la maison.
Encore une fois, elles m'ont complètement oubliées toutes les deux.
Je les entends déjà rire ensemble dans la cuisine.
Eh oh maman moi aussi je suis là !
Abby : " Coucou maman.
On est un peu en retard, Louise n'était pas très motivée aujourd'hui."
Ma mère tourne la tête vers moi
Maman : " C'est pas grave.
Ma petite Louise est arrivée maintenant c'est le principal."
Je vais ensuite déposer les affaires pour la nuit de Louise dans mon ancienne chambre, qui est maintenant devenue celle de ma fille.
Puis, je reviens dans la cuisine.
Je m'approche doucement de ma fille et la prend dans mes bras.
Il est déjà temps pour moi de partir.
Je lui fais un énorme câlin tout en lui donnant mes dernières recommandations
Abby : " Surtout tu restes bien sage et tu obéis à mamie.
Et n'oublie pas de te brosser les dents avant d'aller te coucher.
D'accord ma chérie ?"
Ma fiche hôche énergiquement la tête de façon affirmative
Louise : " Oui maman.
Travaille bien."
Je la serre encore plus fort et l'embrasse partout sur ses jolies boucles brunes
Abby : " Merci ma chérie.
A demain matin.
Je t'aime fort fort fort."
Louise : " Je t'aime aussi maman."
Encore un dernier bisou pour la route, puis je la redépose au sol.
Je me tourne ensuite vers ma mère
Abby : " Maman, surtout tu ne la laisse pas regarder la télé trop tard, sinon elle sera encore fatiguée demain."
Maman : " Oui oui."
J'ai beau dire n'importe quoi, ma mère fait ce qu'elle veut, je le sais très bien.
Elle dit oui là, mais ma fille va vouloir encore regarder un ou deux dessins animés de plus, ma mère cédera et comme d'habitude Louise finira au lit passé 22 heures.
Elles me rendent folle toutes les deux.
Je les salue une dernière fois de la main, puis repars en sens inverse.
Je monte en voiture et démarre.
Quand même, si on m'avait dit que ce serait ça ma vie aujourd'hui, jamais je n'y aurais crû.
Le trajet jusqu'à mon travail est relativement rapide.
En fin de journée, il n'y a plus trop de circulation sur la route.
J'évite les bouchons, c'est parfait.
C'est l'avantage de commencer sa journée de travail le soir jusque tard dans la nuit.
Après dix minutes, je me gare devant le bar ou je travaille.
Je baisse les yeux sur ma montre.
J'ai trente minutes d'avance finalement.
J'ai bien fait de pressé unpeu Louise.
J'ai juste le temps de me changer pour la première partie de mon service qui consiste à être serveuse jusqu'à 22h30.
J'enchaînerais ensuite avec mon deuxième boulot qui, heureusement se situe au même endroit.
Ah oui, c'est vrai j'ai oubliée de vous dire ça.
J'ai un métier plutôt spécial pour une maman célibataire...
Je suis une gogo danseuse...