Chapitre 4

3111 Words
Mrs. Gardiner saisit la première occasion favorable pour donner doucement à Elizabeth l’avertissement qu’elle jugeait nécessaire. Après lui avoir dit franchement ce qu’elle pensait, elle ajouta : – Vous êtes, Lizzy, une fille trop raisonnable pour vous attacher à quelqu’un simplement parce que l’on cherche à vous en détourner, c’est pourquoi je ne crains pas de vous parler avec cette franchise. Très sérieusement, je voudrais que vous vous teniez sur vos gardes : ne vous laissez pas prendre, – et ne laissez pas Mr. Wickham se prendre, – aux douceurs d’une affection que le manque absolu de fortune de part et d’autre rendrait singulièrement imprudente. Je n’ai rien à dire contre lui ; c’est un garçon fort sympathique, et s’il possédait la position qu’il mérite, je crois que vous ne pourriez mieux choisir, mais, la situation étant ce qu’elle est, il vaut mieux ne pas laisser votre imagination s’égarer. Vous avez beaucoup de bon sens et nous comptons que vous saurez en user. Votre père a toute confiance dans votre jugement et votre fermeté de caractère ; n’allez pas lui causer une déception. – Ma chère tante, voilà des paroles bien sérieuses ! – Oui, et j’espère vous décider à être sérieuse, vous aussi. – Eh bien ! Rassurez-vous, je vous promets d’être sur mes gardes, et Mr. Wickham ne s’éprendra pas de moi si je puis l’en empêcher. – Elizabeth, vous n’êtes pas sérieuse en ce moment. – Je vous demande pardon ; je vais faire tous mes efforts pour le devenir. Pour l’instant je ne suis pas amoureuse de Mr. Wickham. Non, très sincèrement, je ne le suis pas, mais c’est, sans comparaison, l’homme le plus agréable que j’aie jamais rencontré, et, s’il s’attachait à moi… Non, décidément, il vaut mieux que cela n’arrive pas ; je vois quel en serait le danger. – Oh ! cet horrible Mr. Darcy ! – L’estime de mon père me fait grand honneur, et je serais très malheureuse de la perdre. Mon père, cependant, a un faible pour Mr. Wickham. En résumé, ma chère tante, je serais désolée de vous faire de la peine, mais puisque nous voyons tous les jours que les jeunes gens qui s’aiment se laissent rarement arrêter par le manque de fortune, comment pourrais-je m’engager à me montrer plus forte que tant d’autres en cas de tentation ? Comment, même, pourrais-je être sûre qu’il est plus sage de résister ? Aussi, tout ce que je puis vous promettre, c’est de ne rien précipiter, de ne pas me hâter de croire que je suis l’unique objet des pensées de Mr. Wickham. En un mot, je ferai de mon mieux. – Peut-être serait-il bon de ne pas l’encourager à venir aussi souvent ; tout au moins pourriez-vous ne pas suggérer à votre mère de l’inviter. – Comme je l’ai fait l’autre jour, dit Elizabeth qui sourit à l’allusion. C’est vrai, il serait sage de m’en abstenir. Mais ne croyez pas que ses visites soient habituellement aussi fréquentes ; c’est en votre honneur qu’on l’a invité si souvent cette semaine. Vous connaissez les idées de ma mère sur la nécessité d’avoir continuellement du monde pour distraire ses visiteurs. En toute sincérité, j’essaierai de faire ce qui me semblera le plus raisonnable. Et maintenant, j’espère que vous voilà satisfaite. Sur la réponse affirmative de sa tante, Elizabeth la remercia de son affectueux intérêt et ainsi se termina l’entretien, – exemple bien rare d’un avis donné en pareille matière sans blesser le personnage qui le reçoit. Mr. Collins revint en Hertfordshire après le départ des Gardiner et de Jane, mais comme il descendit cette fois chez les Lucas, son retour ne gêna pas beaucoup Mrs. Bennet. Le jour du mariage approchant, elle s’était enfin résignée à considérer l’événement comme inévitable, et allait jusqu’à dire d’un ton désagréable qu’elle « souhaitait qu’ils fussent heureux ». Le mariage devant avoir lieu le jeudi, miss Lucas vint le mercredi à Longbourn pour faire sa visite d’adieu. Lorsqu’elle se leva pour prendre congé, Elizabeth, confuse de la mauvaise grâce de sa mère et de ses souhaits dépourvus de cordialité, sortit de la pièce en même temps que Charlotte pour la reconduire. Comme elles descendaient ensemble, celle-ci lui dit : – Je compte recevoir souvent de vos nouvelles, Elizabeth. – Je vous le promets. – Et j’ai une autre faveur à vous demander, celle de venir me voir. – Nous nous rencontrerons souvent ici, je l’espère. – Il est peu probable que je quitte le Kent d’ici quelque temps. Promettez-moi donc de venir à Hunsford. Elizabeth ne pouvait refuser, bien que la perspective de cette visite la séduisît peu au premier abord. – Mon père et Maria doivent venir me faire visite en mars. Vous consentirez, je l’espère, à les accompagner, et vous serez accueillie aussi chaudement qu’euxmêmes. Le mariage eut lieu. Les mariés partirent pour le Kent au sortir de l’église, et dans le public on échangea les propos habituels en de telles circonstances. Les premières lettres de Charlotte furent accueillies avec empressement. On se demandait naturellement avec curiosité comment elle parlerait de sa nouvelle demeure, de lady Catherine, et surtout de son bonheur. Les lettres lues, Elizabeth vit que Charlotte s’exprimait sur chaque point exactement comme elle l’avait prévu. Elle écrivait avec beaucoup de gaieté, semblait jouir d’une existence pleine de confort et louait tout ce dont elle parlait : la maison, le mobilier, les voisins, les routes ne laissaient rien à désirer et lady Catherine se montrait extrêmement aimable et obligeante. Dans tout cela on reconnaissait les descriptions de Mr. Collins sous une forme plus tempérée. Elizabeth comprit qu’il lui faudrait attendre d’aller à Hunsford pour connaître le reste. Jane avait déjà écrit quelques lignes pour annoncer qu’elle avait fait bon voyage, et Elizabeth espérait que sa seconde lettre parlerait un peu des Bingley. Cet espoir eut le sort de tous les espoirs en général. Au bout d’une semaine passée à Londres, Jane n’avait ni vu Caroline, ni rien reçu d’elle. Ce silence, elle l’expliquait en supposant que sa dernière lettre écrite de Longbourn s’était perdue. « Ma tante, continuaitelle, va demain dans leur quartier, et j’en profiterai pour passer à Grosvenor Street. » La visite faite, elle écrivit de nouveau : elle avait vu miss Bingley. « Je n’ai pas trouvé à Caroline beaucoup d’entrain, disait-elle, mais elle a paru très contente de me voir et m’a reproché de ne pas lui avoir annoncé mon arrivée à Londres. Je ne m’étais donc pas trompée ; elle n’avait pas reçu ma dernière lettre. J’ai naturellement demandé des nouvelles de son frère : il va bien, mais est tellement accaparé par Mr. Darcy que ses sœurs le voient à peine. J’ai appris au cours de la conversation qu’elles attendaient miss Darcy à dîner ; j’aurais bien aimé la voir. Ma visite n’a pas été longue parce que Caroline et Mrs. Hurst allaient sortir. Je suis sûre qu’elles ne tarderont pas à me la rendre. » Elizabeth hocha la tête en lisant cette lettre. Il était évident qu’un hasard seul pouvait révéler à Mr. Bingley la présence de sa sœur à Londres. Un mois s’écoula sans que Jane entendît parler de lui. Elle tâchait de se convaincre que ce silence la laissait indifférente mais il lui était difficile de se faire encore illusion sur les sentiments de miss Bingley. Après l’avoir attendue de jour en jour pendant une quinzaine, en lui trouvant chaque soir une nouvelle excuse, elle la vit enfin apparaître. Mais la brièveté de sa visite, et surtout le changement de ses manières, lui ouvrirent cette fois les yeux. Voici ce qu’elle écrivit à ce propos à sa sœur : « Vous êtes trop bonne, ma chère Lizzy, j’en suis sûre, pour vous glorifier d’avoir été plus perspicace que moi quand je vous confesserai que je m’étais complètement abusée sur les sentiments de miss Bingley à mon égard. Mais, ma chère sœur, bien que les faits vous donnent raison, ne m’accusez pas d’obstination si j’affirme qu’étant données ses démonstrations passées, ma confiance était aussi naturelle que vos soupçons. Je ne comprends pas du tout pourquoi Caroline a désiré se lier avec moi ; et si les mêmes circonstances se représentaient, il serait possible que je m’y laisse prendre de nouveau. C’est hier seulement qu’elle m’a rendu ma visite, et jusque-là elle ne m’avait pas donné le moindre signe de vie. Il était visible qu’elle faisait cette démarche sans plaisir : elle s’est vaguement excusée de n’être pas venue plus tôt, n’a pas dit une parole qui témoignât du désir de me revoir et m’a paru en tout point tellement changée que lorsqu’elle est partie j’étais parfaitement résolue à laisser tomber nos relations. Je ne puis m’empêcher de la blâmer et de la plaindre à la fois. Elle a eu tort de me témoigner tant d’amitié, – car je puis certifier que toutes les avances sont venues d’elle. Mais je la plains, cependant, parce qu’elle doit sentir qu’elle a mal agi et que sa sollicitude pour son frère en est la cause. Je n’ai pas besoin de m’expliquer davantage. Je suis étonnée seulement que ses craintes subsistent encore à l’heure qu’il est ; car si son frère avait pour moi la moindre inclination, il y a longtemps qu’il aurait tâché de me revoir. Il sait certainement que je suis à Londres ; une phrase de Caroline me l’a laissé à entendre. « Je n’y comprends rien. J’aurais presque envie de dire qu’il y a dans tout cela quelque chose de louche, si je ne craignais de faire un jugement téméraire. Mais je vais essayer de chasser ces pensées pénibles pour me souvenir seulement de ce qui peut me rendre heureuse : votre affection, par exemple, et l’inépuisable bonté de mon oncle et de ma tante. Écrivez-moi bientôt. Miss Bingley m’a fait comprendre que son frère ne retournerait pas à Netherfield et résilierait son bail, mais sans rien dire de précis. N’en parlons pas, cela vaut mieux. « Je suis très heureuse que vous ayez de bonnes nouvelles de vos amis de Hunsford. Il faut que vous alliez les voir avec sir William et Maria. Vous ferez là-bas, j’en suis sûre, un agréable séjour. À vous affectueusement. » Cette lettre causa quelque peine à Elizabeth, mais elle se réconforta bientôt par la pensée que Jane avait cessé d’être dupe de miss Bingley. Du frère, il n’y avait plus rien à espérer ; un retour à ses premiers sentiments ne semblait même plus souhaitable à Elizabeth, tant il avait baissé dans son estime. Son châtiment serait d’épouser bientôt miss Darcy qui, sans doute, si Wickham avait dit la vérité, lui ferait regretter amèrement ce qu’il avait dédaigné. À peu près vers cette époque, Mrs. Gardiner rappela à sa nièce ce qu’elle lui avait promis au sujet de Wickham et réclama d’être tenue au courant. La réponse que fit Elizabeth était de nature à satisfaire sa tante plutôt qu’elle-même. La prédilection que semblait lui témoigner Wickham avait disparu ; son empressement avait cessé ; ses soins avaient changé d’objet. Elizabeth s’en rendait compte mais pouvait constater ce changement sans en éprouver un vrai chagrin. Son cœur n’avait été que légèrement touché, et la conviction que seule la question de fortune l’avait empêchée d’être choisie suffisait à satisfaire son amour-propre. Un héritage inattendu de dix mille livres était le principal attrait de la jeune fille à qui, maintenant, s’adressaient ses hommages, mais Elizabeth, moins clairvoyante ici, semblait-il, que, dans le cas de Charlotte, n’en voulait point à Wickham de la prudence de ses calculs. Au contraire, elle ne trouvait rien de plus naturel, et, tout en supposant qu’il avait dû lui en coûter un peu de renoncer à son premier rêve, elle était prête à approuver la sagesse de sa conduite et souhaitait sincèrement qu’il fût heureux. Elizabeth disait en terminant sa lettre à Mrs. Gardiner : « Je suis convaincue maintenant, ma chère tante, que mes sentiments pour lui n’ont jamais été bien profonds, autrement son nom seul me ferait horreur et je lui souhaiterais toutes sortes de maux ; or, non seulement je me sens pour lui pleine de bienveillance, mais encore je n’en veux pas le moins du monde à miss King et ne demande qu’à lui reconnaître beaucoup de qualités. Tout ceci ne peut vraiment pas être de l’amour ; ma vigilance a produit son effet. Certes, je serais plus intéressante si j’étais folle de chagrin, mais je préfère, somme toute, la médiocrité de mes sentiments. Kitty et Lydia prennent plus à cœur que moi la défection de Mr. Wickham. Elles sont jeunes, et l’expérience ne leur a pas encore appris que les jeunes gens les plus aimables ont besoin d’argent pour vivre, tout aussi bien que les autres. » Sans autre événement plus notable que des promenades à Meryton, tantôt par la boue et tantôt par la gelée, janvier et février s’écoulèrent. Mars devait amener le départ d’Elizabeth pour Hunsford. Tout d’abord, elle n’avait pas songé sérieusement à s’y rendre, mais bientôt, s’étant rendu compte que Charlotte comptait véritablement sur sa visite, elle en vint à envisager elle-même ce voyage avec un certain plaisir. L’absence avait excité chez elle le désir de revoir son amie et atténué en même temps son antipathie pour Mr. Collins. Ce séjour mettrait un peu de variété dans son existence, et, comme avec sa mère et ses sœurs d’humeur si différente, la maison n’était pas toujours un paradis, un peu de changement serait, après tout, le bienvenu. Elle aurait de plus l’occasion de voir Jane au passage. Bref, à mesure que le jour du départ approchait, elle eût été bien fâchée que le voyage fût remis. Tout s’arrangea le mieux du monde, et selon les premiers plans de Charlotte. Elizabeth devait partir avec sir William et sa seconde fille ; son plaisir fut complet lorsqu’elle apprit qu’on s’arrêterait une nuit à Londres. Les adieux qu’elle échangea avec Mr. Wickham furent pleins de cordialité, du côté de Mr. Wickham tout particulièrement. Ses projets actuels ne pouvaient lui faire oublier qu’Elizabeth avait été la première à attirer son attention, la première à écouter ses confidences avec sympathie, la première à mériter son admiration. Aussi, dans la façon dont il lui souhaita un heureux séjour, en lui rappelant quel genre de personne elle allait trouver en lady Catherine de Bourgh, et en exprimant l’espoir que là comme ailleurs leurs opinions s’accorderaient toujours, il y avait un intérêt, une sollicitude à laquelle Elizabeth fut extrêmement sensible, et, en le quittant, elle garda la conviction que, marié ou célibataire, il resterait toujours à ses yeux le modèle de l’homme aimable. La distance jusqu’à Londres n’était que de vingt-quatre milles et, partis dès le matin, les voyageurs purent être chez les Gardiner à Gracechurch street vers midi. Jane qui les guettait à une fenêtre du salon s’élança pour les accueillir dans le vestibule. Le premier regard d’Elizabeth fut pour scruter anxieusement le visage de sa sœur et elle fut heureuse de constater qu’elle avait bonne mine et qu’elle était aussi fraîche et jolie qu’à l’ordinaire. Sur l’escalier se pressait toute une b***e de petits garçons et de petites filles impatientes de voir leur cousine ; l’atmosphère était joyeuse et accueillante, et la journée se passa très agréablement, l’après-midi dans les magasins et la soirée au théâtre. Elizabeth s’arrangea pour se placer à côté de sa tante. Elles commencèrent naturellement par s’entretenir de Jane, et Elizabeth apprit avec plus de peine que de surprise que sa sœur, malgré ses efforts pour se dominer, avait encore des moments d’abattement. Mrs. Gardiner donna aussi quelques détails sur la visite de miss Bingley et rapporta plusieurs conversations qu’elle avait eues avec Jane, qui prouvaient que la jeune fille avait renoncé à cette relation d’une façon définitive. Mrs. Gardiner plaisanta ensuite sa nièce sur l’infidélité de Wickham et la félicita de prendre les choses d’une âme si tranquille. – Mais comment est donc cette miss King ? Il me serait pénible de penser que notre ami ait l’âme vénale. – Pourriez-vous me dire, ma chère tante, quelle est la différence entre la vénalité et la prudence ? Où finit l’une et où commence l’autre ? À Noël, vous aviez peur qu’il ne m’épousât ; vous regardiez ce mariage comme une imprudence, et maintenant qu’il cherche à épouser une jeune fille pourvue d’une modeste dot de dix mille livres, vous voilà prête à le taxer de vénalité ! – Dites-moi seulement comment est miss King, je saurai ensuite ce que je dois penser. – C’est, je crois, une très bonne fille. Je n’ai jamais entendu rien dire contre elle. – Mais Mr. Wickham ne s’était jamais occupé d’elle jusqu’au jour où elle a hérité cette fortune de son grand-père ? – Non ; pourquoi l’aurait-il fait ? S’il ne lui était point permis de penser à moi parce que je n’avais pas d’argent, comment aurait-il pu être tenté de faire la cour à une jeune fille qui n’en avait pas davantage et qui par surcroît lui était indifférente ? – Il semble peu délicat de s’empresser auprès d’elle sitôt après son changement de fortune. – Un homme pressé par le besoin d’argent n’a pas le temps de s’arrêter à des convenances que d’autres ont le loisir d’observer. Si miss King n’y trouve rien à redire, pourquoi serions-nous choquées ? – L’indulgence de miss King ne le justifie point. Cela prouve seulement que quelque chose lui manque aussi, bon sens ou délicatesse. – Eh bien ! s’écria Elizabeth, qu’il en soit comme vous le voulez, et admettons une fois pour toutes qu’elle est sotte, et qu’il est, lui, un coureur de dot. – Non, Lizzy, ce n’est pas du tout ce que je veux. Il m’est pénible de porter ce jugement sévère sur un jeune homme originaire du Derbyshire. – Oh ! quant à cela, j’ai une assez pauvre opinion des jeunes gens du Derbyshire ; et leurs intimes amis du Hertfordshire ne valent pas beaucoup mieux. Je suis excédée des uns et des autres, Dieu merci ! Je vais voir demain un homme totalement dépourvu de sens, d’intelligence et d’éducation, et je finis par croire que ces gens-là seuls sont agréables à fréquenter ! – Prenez garde, Lizzy, voilà un discours qui sent fort le désappointement. Avant la fin de la représentation, Elizabeth eut le plaisir très inattendu de se voir inviter par son oncle et sa tante à les accompagner dans le voyage d’agrément qu’ils projetaient pour l’été suivant. – Nous n’avons pas encore décidé où nous irons. Peut-être dans la région des Lacs. Nul projet ne pouvait être plus attrayant pour Elizabeth et l’invitation fut acceptée avec empressement et reconnaissance.
Free reading for new users
Scan code to download app
Facebookexpand_more
  • author-avatar
    Writer
  • chap_listContents
  • likeADD