Altaïr
J’observe le plafond attendant qu’on vienne me chercher pour que je vois ma femme, cette semaine je voulais plus la voir que d’habitude, je sais pas pourquoi mais là j’avais vraiment envie de la voir, et quand elle est parti la semaine dernière, elle ne voulait pas partir, en général c’est toujours comme ça sauf que là elle ne voulait réellement pas partir, peut-être parce qu’elle s’inquiète pour moi, non mais en fait je sais très bien que c’est pour ça, j’ai résisté, personne est venu m’embêter et je n’ai cherché personne, de toute façon je ne suis pas là pour ça, mon seul but ce que j’ai ici c’est de partir.
Je sais pas mon cœur Joan il est con mais normalement il aurait déjà dû venir me chercher pour me dire qu’elle est là, je sais pas exactement à quelle heure j’ai rendez-vous avec elle tous les jours mais je sais que c’est à la même heure, et je sais très bien que normalement elle est déjà là assise en train de m’attendre où est en train d’arriver.
Quoi qu’il en soit elle est là normalement, sauf que là il n’est toujours pas venu, pourquoi ?
Je m’inquiète pas pour elle, je sais très bien qu’il n’y a pas de problème à l’extérieur, mais est-ce qu’elle va venir aujourd’hui ? Elle vient déjà toutes les semaines et a parlé un mois qu’elle a raté parce qu’elle était avec l’avocat, elle est toujours venu et toujours à l’heure d’ailleurs.
Peut-être qu’elle a un peu de retard, je vais me baser sur ça, j’ai pas envie qu’on me dit qu’elle ne peut pas venir, Ça va me faire un truc comme la première fois quand on m’a dit ça, j’avais la haine contre elle mais sauf que là je n’ai pas envie d’avoir la haine contre elle.
Camarade : Elle est comment ta femme ? Ça doit être une bombe non ?
Je hausse les épaules comme s’il me voyait. Ouais c’est une bombe, mais il n’a pas besoin de le savoir.
Camarade : Tu as de la chance d’avoir encore ta femme, si tu l’aimes profite d’elle.
Moi : Pourquoi tu me dis ça ?
Camarade : Moi on a tué ma femme et c’est pour ça que je suis si, je me suis vengé.
Je descends du lit superposé pour voir son expression faciale, je parle pas pourquoi avec lui mais je sais très bien que ce n’est pas une mauvaise personne comme les autres, il n’est pas là pour chercher la merde, il est là parce que là envoyer ici.
Moi : Elle te manque ?
Camarade : Ah si tu savais mon gars. *il sourit* Elle était parfaite, vraiment j’avais rien à dire sur elle, c’était la femme que tout le monde voulait avoir et comme par hasard c’est moi qu’il avait, elle aussi elle m’aimait, mais à cause de la merde que je veux, c’est elle qui en a payé le prix.
J’avale ma salive, si c’est à cause de la merde qu’il a fait, j’espère que ça ne va pas arriver à ma femme, c’est hors de question que j’apprends qu’elle a une balle dans le corps à cause de ce que moi je fais, et même ce n’est pas à cause de ça, je veux la protéger de tout ce qui peuvent la mettre en danger, je dois la protéger, il le faut pour que je la garde.
Camarade : Quand t’es amoureux et que t’as une femme à tes côtés, tu te sens plus fort, tu te dis que même si c’est pas facile dehors, chez toi c’est facile, parce qu’elle est là, elle est là pour toi et pour te soutenir. Moi j’avais ça, au travail est dans la merde que je veux est ce n’était pas facile, mais pourtant dès lors que je rentrais chez moi, j’oubliais tout parce qu’elle était là, toujours là souriante à me réconforter, j’ai bien fait de venger sa mort, je ne regrette pas et je ne regretterais jamais pour ça, je sais qu’elle aurait pas aimé mais c’est comme ça.
Moi : Tu te sens soulagé ?
Camarade : Ouais, si je peux pas l’avoir à mes côtés alors il ne peut pas vivre, on aurait pu régler ça comme des hommes mais là voulait ramener ma femme dedans alors qu’elle n’a rien à voir avec tout ça. J’espère que ça ne t’arrivera jamais, j’espère que tu ne verras jamais ta femme se prendre une balle dans la tête.
Mes poings ce sont tout de suite serrés, la douleur qu’il ressent je ne peux pas la ressentir et je ne veux pas non plus la ressentir, ça doit faire mal, déjà que je ne supporte pas quand elle a une petite égratignure, ça va être comment si je la vois avec du sang sur la tête parce que quelqu’un lui aurait tiré dessus ? Je ne serai pas moi-même, la haine que j’aurais contre cette personne je le ferais bien ressentir.
Moi : Pourquoi t’as pas arrêté de faire la merde quand tu t’es marié ?
Camarade : C’est ce que je voulais faire mais c’était plus compliqué que prévu, je te fais des dettes à des gens c’est pour ça.
J’espère qu’il ne parle pas de la même merde que moi, par chance je n’ai jamais touché à tout ce qui est drogue ou autre, ça ne faisait pas partie de mes plans et ça n’a jamais fait partie de mes plans.
Moi tout ce qu’il m’intéressait c’était les armes, il y a que ça qui me rapportait beaucoup, puis même si la drogue aurait pu me rapporter beaucoup, je n’aurais quand même pas touché à ça.
Camarade : Je vois bien que tu l’aimes, à chaque fois que le gardien vient te chercher t’as un tout petit sourire sur les lèvres et quand tu rentres, t’as l’air d’être apaisé, j’étais pareil avant, en tout cas fait en sorte de ne plus jamais refaire la merde, déjà ça sert à rien, mais en plus de ça, ça peut mettre tes proches en danger et surtout quand tu as une femme.
De toute façon j’arrêté, j’ai fini de faire tout ce que j’avais à faire avant que je me fasse arrêter, c’est vrai que maintenant je ne peux pas effacer mon passé et à tout moment il peut resurgir mais tant qu’elle n’est pas en danger ça me va, je veux pas la mettre en danger, ça n’a jamais été mon but.
? : Altaïr !
Je tourne ma tête de faire la grille pour regarder mon gardien, je sais pas pourquoi je l’appelle mon gardien mais c’est peut-être parce qu’à chaque fois qu’il vient me chercher pour me dire qu’elle est là et pour m’accompagner, il me complimenter sur ma conduite, pourtant on a le même âge, mais à chaque fois qu’elle me dit ça, ça me fait du bien. Je l’aime bien, c’est pas quelqu’un de mauvais comme les autres gardiens.
Gardien : Ah aujourd’hui tu veux pas aller voir ta femme ?
Moi : T’es pas venu me chercher.
Gardien : J’ai envoyé Thibault venir te chercher.
Moi : Il n’est pas venue.
Il ouvre ma cellule et je sors de l’intérieur, je regarde mon camarade qui me fait un signe de la tête avant de partir, j’ai p****n de Thibault si je l’attrape à la sortie c’est sure que je vais lui faire des dingueries, donc ça fait que c’est elle qui est en train de m’attendre depuis tout à l’heure alors qu’elle est là en fait ? J’espère qu’on aurait quand même 30 minutes, déjà que ce n’est pas suffisant, je veux pas comment qu’on m’enlève mon temps.
Gardien : Ça fait longtemps qu’elle est là, la pauvre elle attend depuis déjà une heure.
Moi : Je pensais qu’elle était en retard.
Gardien : Non c’est Thibault qui t’a pas appelé, je vais régler ça t’inquiète pas.
Je regarde en face de moi en disant rien, j’espère qu’il va bien le démarrer, de base j’ai envie de le faire mais vu que je ne peux pas et que je dois garder mon calme, je préfère le laisser faire cette tâche, on verra pour plus tard, mais le plus important c’est que je vois ma femme pour la serrer dans mes bras, déjà je l’ai fait attendre pour rien du tout alors il faut au moins que j’ai le temps de profiter un minimum d’elle.
Quand ils ouvrent la salle, je vois Thibault en train de parler à ma femme, elle est pas en train de le regarder dans les yeux, et je crois même que si elle lève le regard, elle aurait des larmes aux yeux, je la connais par cœur donc c’est pour ça que je dis ça, quand elle a le regard baissé de cette façon c’est qu’elle n’est pas à l’aise et qu’elle a envie de partir.
Gardien : Tu fais quoi ici ? Je t’ai pas dit d’aller le chercher ?
Thibault : C’est bon, je voulais parler à cette jolie princesse qui n’a pas sorti un mot depuis que je suis là, tu crois que je lui fais peur Altaïr.
Dès lors qu’elle lève le regard c’est bien ce que je pensais, elle a les larmes aux yeux. Elle se lève et s’approche de moi rapidement.
Gardien : Sors d’ici, t’as rien à faire ici, regarde comment tu lui as fait perte du temps.
Thibault : Déjà elle a perdu du temps en venant voir un incapable comme lui, du coup je voulais lui parler un peu.
il me dit d’aller dans une autre salle pour régler ça avec lui, je prends ma femme et la ramène dans la salle en face, quand la porte est fermée, elle lève son regard sur moi avant de me faire un petit sourire.
Moi : Qu’est-ce qu’il s’est passé ?
Perla : Il est complètement fou je t’assure ! Il voulait qu’on fasse Lamour sur la table !
Je ferme les yeux quelques secondes pour me calmer, ce n’est pas de sa faute alors tranquille, elle est belle du coup je peux comprendre que les hommes b*****t sur elle, il lui a rien fait, c’est ça le plus important.
Moi : Il t’a pas touché quand même ?
Perla : Non mais il disait des choses vraiment très sale, même toi tu m’as jamais j’ai des choses comme ça, ça me dégoûte.
J’efface ses larmes en souriant, elle doit en avoir marre, à chaque fois où elle va c’est toujours comme ça, là je ne peux pas la portée j’allais être près d’elle, mais ça va bientôt venir, je serai bientôt avec elle et je ne la lâcherai plus.
Je prends son visage entre mes mains pour la regarder dans les yeux, en plus elle est trop belle aujourd’hui, enfin elle est de jour belle mais là j’aime beaucoup ce qu’elle me propose.
Moi : Tu me manquer, plus que les autres fois.
J’embrasse son front.
Moi : Tu me disais au début que tu étais en retard ou que tu allait pas venir.
Perla : C’est le gardien je t’assure, j’ai même été en avance.
Je la serre fort en mettant ma tête sur son cou, j’en peux plus de la voir qu’une fois par semaine, j’ai besoin de la voir plus souvent, j’ai envie de la voir mais je peux pas.
Moi : On va profiter de ce moment, à nous deux.
Altaïr.