Perla
Après mon rendez-vous en prison, je vais directement chez mon père, enfin chez mon père, je vais plutôt chez les parents d’Altaïr plus mon père, il vit toujours chez eux, la mère d’Altaïr ne voulait pas du tout qu’il part et elle a un peu forcé à rester, il voulait respecter leur vie de couple mais elle a dit que ça ne la dérangeait pas qu’il soit avec eux et au contraire que ça lui ferait très plaisir.
Il a de la chance d’avoir un ami comme ça, c’est vrai que Marco me manques, lui aussi c’est l’un de ses amis qui est un croyable mais malheureusement il est au Mexique et je ne l’ai pas au téléphone.
Carlos aussi me manque, lui par contre je l’ai souvent au téléphone mais il me manque quand même, j’ai envie de l’appeler là par exemple, mais je sais très bien qu’il ne va pas répondre, je pense qu’il est en cours ou quelque chose comme ça, il est peut-être aussi en train de draguer une fille ou être avec ses amis, à cause du décalage d’horaire, c’est un peu compliqué de l’avoir au téléphone sans qu’il est occupé, après j’accepte, mais je n’ai pas le choix de toute façon.
Là par exemple j’ai très envie de l’appeler, le problème c’est que si je l’appelle et qu’il ne me réponds pas, il va m’appeler à un moment où ce serait moi qui ne serait pas disponible, on peut très bien parler en message sans qu’il y est de problème, mais j’ai aussi envie d’entendre sa voix.
J’ai une grosse envie d’aller au Mexique, c’est le pays où je suis née et où j’ai grandi, c’est vrai que ça n’a pas été facile pour moi et que j’ai vécu des moments difficiles là-bas, mais j’ai envie d’y aller, c’est mon pays quand même.
Après je pense surtout que rien n’est facile, ça a été très compliqué pour moi ça je ne vais pas dire le contraire, j’ai énormément souffert et je n’ai pas honte de le dire ni même de raconter mon histoire, si je m’en vais là-bas, Ça voudrait dire que j’abandonne mon mari, pour l’instant je ne peux pas y aller ça c’est sûr et certain, je peux pas laisser Altaïr dans la merde comme ça, je l’aime beaucoup trop pour le laisser seul en prison, il essaye de tout faire pour se canaliser, mais il me dit que c’est parce que je suis là avec lui.
J’ai peur qu’il craque, j’ai réellement peur de ça, je sais très bien que si il craque, ça va pas être bon pour lui, déjà que c’est compliqué de le faire sortir même si il s’en sort très bien, ça va être compliqué si on entend quelque chose de mal sur lui à l’intérieur de la prison, c’est ce que le procureur veut entendre, il attend juste qu’il fasse une bêtise pour ne pas accepter sa libération, il faut qu’il se canalise, il peut encore résister quelques mois même si je sais que c’est dur, ce n’est pas facile ça je le sais mais encore un peu, juste un peu.
Je me gare puis je sors de la voiture, c’est même pas ma voiture mais celle d’Altaïr, il ne sait toujours pas que je la prends depuis qu’il est enfermé, en réalité j’ai un peu peur de lui dire la vérité parce que je sais très bien que de base il n’aime pas que je touche à sa voiture, il préfère la conduite et que je lui tient compagnie sur le côté passager mais quand c’est moi qui veut conduire, c’est autre chose.
Quand j’arrive au salon et que je vois mon père, je souris avant de m’approcher de lui, j’embrasse sa joue puis je souris immédiatement, il est de bonne humeur, de toute façon c’est rare que je le vois énervé, ces derniers temps il est un peu malade alors ça m’inquiète un peu mais sinon tout se passe bien, je pense que ça va passer, il faut juste qu’il prend les médicaments et c’est bon je n’ai plus à m’inquiéter, après je m’inquiète beaucoup pour rien c’est pour ça aussi.
Papa : T’es belle quand tu souris, nan en fait t’es toujours belle je crois.
Moi : Comment ça tu crois ? Je suis toujours pas dans tous les cas.
Papa : C’est vrai, tu ressembles à ta mère.
Je souris en posant ma tête sur son épaule, j’aime bien l’idée du fait que je ressemble à ma mère plus qu’à lui, il ne l’a pas près de lui alors si je peux le rappeler sa femme, j’accepte volontiers.
J’ai tout pris de ma mère, que ce soit le caractère, le physique, et autres, tout vient d’elle, je n’ai rien après de mon père alors je suis contente quand même parce qu’elle n’est plus là mais je sais à quoi elle ressemblait.
J’espère que ça ne le rend pas trop triste, parfois je le vois énormément triste parce qu’elle n’est pas là et parce qu’il se sent seul, j’essaie d’être là pour lui mais je sais très bien que je ne pourrai pas combler son manque, c’est normal, il a besoin de sa femme, pas de la photocopie.
La vie est comme ça, il accepte sa mort et ils essayent de vivre sans elle, c’est difficile mais il arrive très bien, il a réussi à m’élever bien que ça a été compliqué pour nous deux, on est tous les deux gagnant dans tous les cas, je suis contente.
Moi : Je vais te chercher des médicaments, il faut que tu les prennes.
Papa : J’ai pas besoin de prendre un Doliprane, ça se voit très bien que je vais bien non ?
Moi : Bah t’as l’air quand même un peu fatigué.
Papa : Tu trouves ? Pourtant j’ai très bien dormi cette nuit, j’ai même pas eu du mal à me réveiller pour prier et ni même pour me rendormir ensuite.
C’est vrai qu’il a du mal pour se réveiller à prier, et pour se rendormir c’est pareil, au moins il se lève pour prier, c’est déjà ça.
Moi : Alors peut-être que tu as besoin de plus de repos comme ça, Ça t’a fait du bien non ?
Papa : Ouais, ça m’a fait du bien.
Moi : Alors tu dois dormir tôt, sinon tu prends le Doliprane.
Je rigole en hochant la tête, je souris en soufflant de soulagement, ma famille est auprès de moi quoi qu’il arrive, j’ai de la chance.
Perla.