LA PREMIÈRE PERLE DE SANG« Le s**e et la mort se mélangeaient. Tout n’était que confusion. » Rick Moody, Tempête de glace L’incision, minuscule, respire à peine. Les lèvres en frémissent, incrédules. Elles hésitent, semblent attendre. Deux doigts pressent la petite plaie, délicatement, jusqu’à ce qu’en sourde la première perle. Elle enfle, tremble, précaire, s’immobilise enfin, dans le silence d’un sanglot. Sa main tendre la cajole. Un murmure lui souffle réconfort. Dans leur chambre parme, deux corps s’étendent, tièdes et nus sur le lit ; deux corps distants, côte à côte, aux regards caressants. Nul ambre, pas d’olivâtre, ici : deux peaux pâles, laiteuses et un peu grasses ; glabres et grasses, ointes. Entre elles, tombée d’une main fébrile, immaculée, la lame repose au milieu d’un d

