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3203 Words
Jody — Jody ? Je me réveille en sursaut. La voiture s’immobilise devant la maison dont les fenêtres illuminées diffusent une douce lueur dans l’obscurité hivernale. Loras m’adresse un sourire discret : — Nous sommes rentrés. Le chauffeur nous ouvre la portière. Loras descend en premier et se tourne vers moi, la main tendue, pour m’aider. J’accepte volontiers, encore engourdie par le sommeil et les images troublantes de mon rêve. À peine avons-nous franchi le seuil que nous sommes accueillis par la mère et l’oncle de Loras. Thora se joint à nous et récupère nos affaires avec diligence. — La visite du Girton College s’est bien passé ? s’enquiert Jervey. — Oui, très bien, réponds sobrement Loras. — J’ai pu rencontrer Juliet et Vera avec qui je partagerai un petit logement, j’ajoute. — Vous allez occuper les mêmes appartements que Juliet Pembleton-Wittelsbach ? me demande la mère de Loras, visiblement surprise. Je lui réponds par l’affirmative. Son frère émet un ricanement sarcastique. — Gur math a thèid leat leis sin, marmonne-t-il. Sa sœur lui jette un regard réprobateur avant de reporter son attention sur nous : — Nous vous attendions. Des visiteurs inattendus se sont présentés pendant votre absence. Ils aimeraient rencontrer Jody. — De qui s’agit-il ? demande Loras fronçant les sourcils. — Monsieur et Madame Beauchamp, répond son oncle. Etant donné qu’ils venaient de loin, nous avons jugé bon de les inviter à rester pour le dîner et la nuit. — Vous avez bien fait. Mon cœur se serre alors que mon sang ne fait qu’un tour dans mes veines. Parmi la liste des personnes que je n’étais pas pressée de rencontrer un jour dans ma vie, mes grands-parents maternels occupent une place particulière : la seconde, juste après mon père. — Ils vous attendent dans le petit salon de l’aile ouest, précise sa mère. Loras pose un regard attentif sur moi, comme s’il cherchait dans mes yeux l’ombre d’un refus. Ses prunelles vert émeraude, douces, mais fermes, m’encouragent à me prononcer. — Allons les saluer, je soupire. J’attrape le bras qu’il m’offre galamment. Nous traversons les longs couloirs de la demeure aux murs boisés recouverts de tableaux anciens. Lorsque nous atteignons le petit salon, la porte est grande ouverte. Mon regard se pose sur un homme et une femme assis sur un canapé près de la cheminée, dos à nous. Loras s’éclaircit doucement la gorge pour signaler notre présence. Ma grand-mère tourne la tête avec grâce et darde son regard sur moi. Son visage à la fois doux et sévère s’illumine d’un sourire chaleureux. Mon grand-père, quant à lui, finit sa tasse de thé avant de lever des yeux qui reflètent les miens. Je prends une grande inspiration et m’incline légèrement. — Monsieur Beauchamp, Madame. Mes grands-parents se lèvent pour nous rejoindre. — Si je puis me permettre, ma chère petite-fille, vous êtes aussi ravissantes que votre mère à votre âge, me complimente mon grand-père en m’offrant une poignée de main chaleureuse. Je lui réponds d’un sourire timide, puis m’écarte afin de le laisser saluer Loras. Ma grand-mère en profite pour prendre sa place, et me détailler de la tête aux pieds. — Votre grand-père n’a pas tout à fait raison. Vous avez les yeux de votre mère, mais pour le reste, vous tenez davantage de votre père. (Elle lance une œillade furtive à Loras et mon grand-père, puis ajoute :) Venez, laissons ces messieurs discuter entre eux. Je la suis jusqu’au canapé placé face à la cheminée. Elle nous sert deux tasses de thé avant de reprendre : — Je me doute que notre présence ici doit vous surprendre, d’autant plus que jusqu’à présent nos contacts se faisaient par le biais de Lord et Lady Reece Senior, responsables de votre éducation et de votre sécurité. — Jusqu’à mes quatorze ans, lorsque feu Lord Pembleton Senior a pris la décision d’encadrer mon transfert de la Maison de Travail à la Children House, je complète d’une voix mesurée. — Et son intervention est tombée à point nommé. À l’époque, Loras venait de subir un grave affront. Sa fiancée, après lui avoir fait les yeux doux et juré un amour éternel, s’est enfuie en Amérique à bord du Titanic avec un autre homme. Leur trahison leur a coûté cher puisqu’ils ont tous les deux sombrés avec le navire. — Vous êtes au courant pour Abigail ? je souffle, surprise. — Bien sûr. Cette affaire a fait grand bruit dans la bonne société à l’époque. Le pauvre Loras en a été profondément affecté. J’ai même entendu dire qu’il n’a pas eu d’autre prétendante depuis. Sa voix se fait plus basse, comme une confidence. Je tourne la tête vers Loras, assis près d’une fenêtre aux rideaux de brocart, en pleine partie d’échecs avec mon grand-père. Tous deux semblent absorbés, inconscients de notre discussion. Je recentre mon attention sur ma grand-mère, qui ne me quitte pas des yeux. — Du peu que je sais, Loras n’a pas manqué d’aventures intéressantes, je rétorque à voix basse, en prenant une gorgée de thé. — Les frivolités de la jeunesse masculine, commente-t-elle avec un soupir. Ce besoin primaire de flatter leur ego avant de s’engager dans les liens matrimoniaux. C’est ce qui s’est passé entre vos parents. Je plisse les yeux, suspicieuse : — Je croyais que mes parents n’avaient jamais été mariés. — Et c’est exact. Une simple histoire d’amour que vos grands-parents paternels et nous avons tenté d’étouffer dans l’œuf. Malheureusement, ils ont été plus rusés que nous. Votre père n’a révélé à votre mère qu’il était promis à la fille du Comte et de la Comtesse de Sinclair qu’après avoir compromis sa réputation. Un frisson désagréable me court le long de l’échine. — Que s’est-il passé ensuite ? je la questionne. — Nous les avons séparés et avons fait en sorte de limiter les dégâts. Dès que votre mère a commencé à montrer des signes de grossesse, nous nous sommes isolés à la campagne pour préserver le secret. Nous l’avons suppliée à deux reprises d’accepter deux propositions de mariage convenables – l’une de la part d’un baronnet prêt à l’épouser, à condition que nous vous gardions avec nous, et l’autre de la part d’un homme de la gentry anglaise qui aurait accepté de vous adopter – , mais elle n’en a fait qu’à sa tête, affirmant qu’elle ne pouvait se marier sans amour. Elle marque une pause pour boire une gorgée de thé. Je l’imite, attendant la suite. — Vous êtes nées quelques mois plus tard, et nous avons pris les choses en main. Votre mère a été consignée à ses appartements, tandis que nous vous avons confiée à une nourrice. Ensuite, votre grand-père a rendu visite à Lord et Lady Reece qui ont accepté que leur fils – bien que marié entre temps – , vous reconnaisse comme sa fille. Chose qui n’a bien évidemment pas plu à votre mère avec ses idées saugrenues. — Comment cela ? Ma grand-mère émet un rire amer : — Pendant sa grossesse, notre chère fille s’est entichée d’un paysan et a planifié une fugue avec lui. Lorsqu’elle a su par sa femme de chambre et confidente que votre père vous avait reconnue, elle a fait parvenir une missive à ce jeune homme et a profité de la nuit pour vous enlever et s’enfuir avec lui. Je hoche la tête, les informations s’imbriquant dans ma mémoire. Bien que je ne les aie jamais rencontrés, étant donné qu’elle avait interdiction de les emmener lors de ses visites semestrielles, je sais que ma mère a eu quatre autres enfants après moi : Rory, Patrick, Annie et Hope. — Je ne vais pas vous mentir, je suis soulagé que vous n’ayez pas grandi parmi cette famille de paysans, conclut ma grand-mère attirant mon attention. — J’ai grandi entourée des enfants similaires, je rétorque légèrement sur la défensive. — Car c’était là le moyen le plus rapide pour vous sauver d’une vie miséreuse comme celle de votre mère. — Et quelles sont ces dites chances, selon vous ? je la questionne avec défiance. — Eh bien…(Un sourire énigmatique éclaire son visage tandis qu’elle lance un coup d’œil furtif en direction de Loras.) En plus du fait qu’il n’a aucun intérêt amoureux, ni aucun engagement officiel à l’heure actuelle, j’ai ouïe dire que vous ressembliez fortement à son ex-fiancée… Je la fixe outrée par son sous-entendu. — Vous n’êtes pas… Elle lève une main sans me laisser le temps de finir : — Nous sommes des femmes Jody. Il est de notre devoir de faire des choix raisonnables et d’assurer notre avenir. (Je tente de protester, mais elle ne m’en laisse pas l’occasion.) Lord Reece, Lady Reece, votre grand-père maternel et moi-même souhaitons que vous attiriez les faveurs de Loras et que vous l’épousiez. Nous ferons tout ce qui est nécessaire pour y parvenir. Sans plus attendre, elle se lève et m’enjoint à en faire de même. — Messieurs, nous vous verrons au dîner, lance-t-elle à l’attention de mon grand-père et de Loras. Nous quittons le petit salon et arpentons les couloirs jusqu’aux escaliers menant aux étages supérieurs. A mon plus grand étonnement, ma grand-mère parvient à me guider jusqu’à sa chambre sans difficulté. Aussitôt que nous sommes dans la pièce, elle appelle Thora et une autre domestique, Joy. A peine nous ont-elles rejointes que ma grand-mère donne ses ordres : — Resserrez ce corset et aidez ma petite-fille à enfiler ceci : Elle déplie une longue robe de velours sombre sur fond de satin crème et doré, au corsage baleiné en pointe – qui s’agrafe et se lace dans le dos – , avec un corsage et des mancherons soigneusement drapés de tulle bouillonné ainsi qu’un jupon de panneaux ouverts sur un tablier de satin doré à longue traine. — Plus serrer le corset, commente-t-elle. (Thora me lance un regard d’excuse dans le miroir avant de tirer sur les lacets de mon corset d’un geste sec.) Encore. (Je serre les dents pour ne pas protester, mais la pression me coupe le souffle.) Patience ma chère, il faut souffrir pour être belle. — C’est suffisant, je proteste. Une lueur réprobatrice traverse son regard. — Thora, poussez-vous, ordonne-t-elle. Ma servante s’exécute sans broncher et m’attrape les mains, tandis que ma grand-mère la remplace. Les lacets entre ses doigts, elle tire d’un coup sec, resserrant davantage le corset. Ses gestes précis emprisonnent mes côtes à un point tel que je crains qu’elles ne se brisent. Un mélange de douleur et de frustration me submerge alors que je serre les mains de Thora à m’en blanchir les jointures. — Beauté et élégance ne sont pas question de confort, mais de discipline. Dans un dernier geste tortueux, elle lâche les lacets, satisfaite de son œuvre et recule d’un pas pour admirer son travail. Curieuse, j’observe mon reflet dans le miroir de la coiffeuse, et laisse échapper un cri surpris en voyant la manière dont cet outil de torture fait ressortir mes formes, en particulier ma poitrine. — Magnifique ! s’exclame ma grand-mère. Quelques ajustements, et le tout sera parfait. Thora, terminez la préparation. Joy, venez avec moi. La douce et timide Joy obtempère. Seule avec ma servante, je m’assois devant la coiffeuse. — Un demi-chignon et une légère touche de maquillage ? me propose-t-elle. Je hoche la tête, reconnaissante pour sa douceur. Trois quarts d’heure plus tard, ma grand-mère revient , vêtue et coiffée élégamment, mais sobrement. — Vous êtes ravissante mon enfant, me complimente-t-elle en ajustant une mèche rebelle. — Merci, Madame. Elle s’approche de moi et, un sourire de connivence aux lèvres, passe un bras autour du mien. Le gong du dîner retentit au rez-de-chaussée. — Ce soir Lord Pembleton n’aura d’yeux que pour vous. ** Une fois dans la salle à manger, nous retrouvons Wynn, Maberly, Rosalie, la mère de Loras, Jervie, mon grand-père et Loras. Le majordome, un certain Leech, assisté de deux valets de pied, nous installe autour de la table. L’ordre des sièges est soigneusement orchestré : l’oncle de Loras, Maberly et mon grand-père à droite, la mère de Loras, Wynn, ma grand-mère et Rosalie à gauche. Je m’apprête à m’asseoir à côté de Rosalie, mais la voix de Loras m’interrompt : — Jody, je vous en prie, asseyez-vous à l’autre extrémité de la table, face à moi. Je m’exécute sous le regard appuyé qu’il me lance, conscientes que les convives m’observent. Tous installés, le service débute avec une précision presque chorégraphiée. Le repas se déroule au rythme des conversations, et du tintement des couverts contre la porcelaine. Je m’efforce d’y prendre part tant bien que mal, malgré mon corset qui me rappelle cruellement sa présence à la moindre bouchée. Heureusement, Rosalie et mon grand-père me questionnent sur mes premières impressions de Londres et du Girton College, ce qui m’aide à détourner mon attention de mon inconfort. La soupe et l’entrée terminées, les domestiques débarrassent les assiettes pour nous servir le plat principal, qui se compose de poisson sur son lit de légumes avec du riz. Loras profite de cette courte pause pour se lever doucement, son verre à la main. Les conversations se taisent et tous les regards convergent vers lui. — Chers invités, je ne serai pas long, promis. (Quelques rires polis fusent.) J’aimerais simplement profiter de ce repas pour porter un toast en l’honneur d’une personne très spéciale parmi nous ce soir, et qui apporte avec elle une fraîcheur et une lumière particulière. (Il marque une courte pause, ses yeux plongés dans les miens, avant de poursuivre :) Jody, puissent les années compliquées passées être derrière vous, et puissent celles à venir nous offrir de nombreux repas et autres événements en votre douce et lumineuse présence. Qu’ils soient tous aussi joyeux et mémorables que l’impact que vous avez eu sur ceux qui ont eu la chance de vous connaître jusqu’à maintenant. A Jody ! Les convives lèvent leurs verres et répètent en chœur : — A Jody ! Nous prenons une gorgée, puis reposons nos verres. Loras et moi échangeons un long regard. Je sens le feu me monter aux joues, mais refuse de lâcher son regard la première. — Jody, mon petit ? m’appelle gentiment mon grand-père. (Je cligne des paupières et tourne la tête vers lui.) Vous devriez manger encore un peu. — Et finir de nous raconter la visite du Girton College, ajoute Rosalie. Je hoche la tête et reprends ma fourchette, coupant machinalement un morceau de viande et faisant comme si de rien n’était, malgré les papillons dans le creux de mon ventre et mon corset tel un étau qui m’opprime la poitrine. ** À la fin du dîner, qui se conclut par une délicieuse bûche au chocolat et du très bon café, nous laissons le rangement aux bons soins du majordome, des valets de pied et autres domestiques, et nous regroupons dans le saslon. Mon grand-père, Jervie, Wynn et Loras se retirent vers la table sur laquelle sont posés les alcools forts. La mère de Loras prend un livre et s’assoit confortablement près du feu. Rosalie, Maberly, et ma grand-mère, quant à elles, s’installent à la table de bridge tout en discutant des derniers ragots sociaux. Je m’approche d’elles, mais reste debout. Du coin de l’œil, j’aperçois Loras m’observer de temps à autre, assis sur l’un des canapés en compagnie des hommes et de sa mère. — Vous ne vous asseyez pas Jody ? me demande Rosalie. — Oh, non. Je préfère rester debout un moment. Le dîner était…copieux. Maberly manque de s’étouffer avec sa salive, comme si je venais de dire la pire bêtise qui soit. — Vous avez raison de vous moquer du comportement de ma petite fille, approuve ma grand-mère. (Avant d’ajouter à mon attention, d’un ton réprobateur :) Une Lady digne de ce nom ne se plaint pas. Il va falloir que nous reprenions vos leçons de maintien. Je m’apprête à lui répondre, mais Loras apparaît à mes côtés au même moment : — Mesdames, nous salue-t-il en inclinant brièvement la tête. Si vous le permettez, je vais raccompagner Jody à sa chambre. La journée a été longue et celle de demain promet de l’être tout autant, il faut qu’elle se repose. Sans attendre de réponse, il place délicatement ma main autour de son bras et m’entraîne hors de la pièce, sous les regards furtifs des quelques convives. Un sentiment de soulagement et de gratitude m’envahit tandis que nous regagnons ma chambre dont Loras referme la porte d’un mouvement ferme. Je tourne la tête vers lui, absorbée par son regard irrité, mais tout de même hypnotisant. — Mon pauvre ange, je vous ai vue peiner toute la soirée avec cet outil de torture bien trop serré, rouspète-t-il en s’approchant de moi. Avant que je ne puisse faire le moindre mouvement, il s’attaque aux lacets de mon corset avec une précision troublante. Ses doigts effleurent ma peau, me procurant un doux frisson le long de la colonne vertébrale. Je ferme les yeux, prise dans un tourbillon de sensations exquises et contradictoires. Les nœuds se délient un à un. Je prends une profonde inspiration, libérée de mes entraves. Loras se penche vers moi alors que le dernier nœud cède sous ses gestes. Je rejette la tête en arrière, mon regard tourné vers le sien. Les bras de Loras se referment autour de ma taille dans une étreinte chaude et sensuelle. Je me blottis un peu plus contre lui, soulagée. Les lueurs tamisées de ma chambre ajoutent une touche douce et délicate à cet instant de flottement. — Je suppose que cette idée de corset inhumainement trop serré venait de votre grand-mère ? me demande-t-il la voix rauque. (Je hoche la tête.) Quelle harpie ! — Loras ! je le réprimande gentiment en riant. Une lueur de connivence traverse son regard : — Enfin, je suppose qu’il nous faut la remercier pour sa décision stupide, car grâce à elle, nous pouvons profiter de ces quelques minutes rien que tous les deux. Son visage près du mien, il m’embrasse d’une caresse fugace, ses lèvres effleurant les miennes. Je frissonne. Mon cœur bondit dans ma poitrine. Peu désireuse que ce moment cesse, je glisse une main derrière sa nuque pour approfondir notre b****r, plus puissant, plus pressant. Loras se colle à moi, faisant tout disparaître autour de nous. Je gémis malgré moi, perdue dans l’intensité de notre étreinte. Le souffle court, je romps notre b****r, les joues en feu, mon être entier vibrant du désir entre nous. Sans lâcher mon regard, il remonte lentement ses mains le long de mon buste, et retire les manches de ma robe qu’il fait glisser le long de mes bras. — Vous serez mieux ainsi, murmure-t-il la voix saccadée. Dans un dernier frôlement de sa bouche sur la mienne, il se détache de moi, sa contenance soudainement retrouvée. — Je vais chercher Thora pour le coucher. (Il me caresse une dernière fois des yeux, l’ombre d’un sourire sur les lèvres, puis se dirige vers la porte qu’il ouvre dans un drôle de silence.) Nous continuerons plus tard. A peine ai-je le temps de saisir ses derniers mots, qu’il quitte la pièce, me laissant seule avec mes sens en ébullition. ** ** ** ** **
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