XIVOui, Mlle Gilberte avait son secret. Un secret bien simple, d’ailleurs, chaste comme elle, et de ceux qui, selon l’expression des bonnes femmes, doivent réjouir les anges. Le printemps de cette année ayant été d’une rare clémence, Mme Favoral et sa fille avaient pris l’habitude d’aller chaque jour respirer le grand air à la place Royale. Elles emportaient leur ouvrage, crochet ou tapisserie, de sorte que cette distraction salutaire ne diminuait en rien le produit de leur semaine. C’est pendant ces promenades que Mlle Gilberte avait fini par remarquer un jeune homme, un inconnu, qu’elle rencontrait, toujours au même endroit. De haute taille et robuste, il avait grand air sous ses modestes vêtements, dont la propreté recherchée trahissait une gêne qui veut être respectée. Il portait

