Des milliers de questions se bousculaient dans ma tête, même si, une fois encore, tout était calme. Je me demandais si un jour, elle déciderait de m’emporter dans l’eau avec elle pour y rester. Et si à ce moment-là, je refusais ? Que ferait-elle ? Je me suis souvenu de l’histoire de mon père que mon oncle m’avait racontée. Tout cela m’inquiétait au plus haut point. Je n’avais d’autre choix que de rester calme et de lui obéir. Je tenais plus que tout à rester en vie, du moins jusqu'à ce que mes parents viennent me chercher.
Plusieurs jours passent sans qu’il ne m’arrive quelque chose d’anormal, ou même que je le remarque. Mais tout de même, j’étais devenu très méfiant.
Et en parlant de méfiance, cette fille de ma classe dont Kaï-Lani avait pris possession, je ne la percevais désormais différemment, elle me faisait peur. Je la regardais pratiquement toutes les minutes et même toutes les secondes. Eh bien entendu, à force, elle avait fini par le remarquer et un jour, pendant que j’étais perdu dans mes pensées, sans que je ne la voie arriver, elle est venue me parler.
- DANIELLE : Bonjour Dilane, comment tu vas ?
Avant de lui répondre, j’observais attentivement ses yeux au point de m'y perdre. Puis, elle dit :
- Heho ! Dilane ?
Moi, je voulais absolument être certain que ce n'était pas Kaï-Lani en face de moi, et après quelques secondes, je ne remarquai rien dans son regard, donc Kaï-Lani n'était pas là. J’étais au moins sûr que là, il s’agissait de Danielle elle-même. Alors, je lui réponds enfin :
- DILANE : Bonjour Danielle, je vais bien merci et toi ?
- DANIELLE : Tu es sûr que ça va ? Bref, moi, je vais bien. Et je ne sais pas, mais si tu as quelque chose à me dire, fais-le maintenant puisque je suis devant toi. Au lieu de toujours me regarder d’un air étrange. Excuse-moi, mais c’est déjà gênant. Vraiment gênant. Mes copines m’agacent déjà avec ça. Donc, dis-moi.
- DILANE : Non, en fait, je ne te regarde pas ! C’est juste une coïncidence.
- DANIELLE : Euh… Non, mon cher. C’est bien plus qu’une coïncidence. Depuis le jour où tu es venu me remettre un bijou qui ne m’appartenait pas, j’ai l’impression que tu veux me parler depuis. Ou du moins que tu me surveilles même.
- DILANE : Euh… Oui en fait, tu avais raison sur le bijou ! Il ne t’appartenait pas.
- DANIELLE : Ah bon ?! Et dans ce cas, il appartenait à qui ?
- DILANE : Ma… Ma tante !
- DANIELLE : Sérieux ?! Ta tante ? Et comment tu expliques le fait qu’après l’avoir retrouvé, tu penses seulement qu’il est à moi…
- DILANE : Bon d’accord… Tu as raison… En fait je… Je… Je voulais…
Je ne savais comment lui répondre, mais heureusement, voilà Junior qui entre dans ma salle, puisque c’était la pause et vient directement vers moi en m’appelant.
- JUNIOR : Hey Dilane !
Il est là et s’assoit sur la table.
- JUNIOR : C'est comme si je te dérange bro. Salut ma belle.
- DANIELLE : Oui, bonjour.
- DILANE : Non, en fait, j’étais sur le point de sortir pour la cantine… Tu viens ?
Je profite pour fuir cette conversation qui ne faisait que de plus en plus m’enfoncer. Mais Junior aussi n’allait pas me laisser.
- JUNIOR : Eh bah didonc Dilane… Tu n’as je perdu de temps hein. Elle est bien mignonne cette fille. Comment elle s’appelle ?
Je suis perdu dans mes pensées. Il le remarque et me tapote.
- DILANE : Hein ?! Quoi ?! Qu’est-ce que tu as dit ?
- JUNIOR : Euh… J’ai demandé comment s’appelle la fille avec qui je t’ai trouvé. Tu es sûr que ça va ? Je te trouve bizarre ces derniers jours. Tu as encore vu cette chose ?
Rien qu’à mon regard, il comprend tout et me dit :
- JUNIOR : Raconte-moi tout, Dilane.
Je n’en pouvais plus de vivre dans cette perpétuelle angoisse alors, je finis par absolument tout lui raconter. Même la correction que j’avais reçue dans la salle de bain et les soins qu’elle m’avait procurés.
- JUNIOR : Mince ! Et depuis là, tu ne parles pas ? Tu voulais seulement d’abord mourir ?
- DILANE : Sincèrement… Je ne voulais pas causer de problème… J’ai voulu gérer ça moi-même, mais je ne savais pas que ça irait aussi loin.
Pendant que j’étais encore en train de lui parler, la sonnerie marquant la fin de la pause retentit et il me dit :
- JUNIOR : C’est la fin de la pause. Je vais passer te prendre à la fin des cours. Et on va régler ça.
Je n’avais même pas répondu, qu’il était déjà en train de partir. Il avait l’air furieux, mais je n’avais pas l’impression que c’était contre moi.
À la fin de la journée, on se croise et nous sommes en train de rentrer quand en chemin, il me dit :
- JUNIOR : Bon, j’ai un truc à faire. Rentre, je te rejoins à la maison. Si on te demande où je suis, dis que tu ne sais pas.
Et il continua vers la plage, je ne savais pas ce qu’il allait faire là-bas. Et j’étais d’ailleurs très loin de m’en douter.
J'arrive à la maison, et au portail, je croise ma tante qui, elle aussi, venait d'arriver, elle manque même de me bousculer en entrant. J'étais toujours en train de me demander quelle était son problème à elle.
Mon oncle était allongé sur le canapé de la véranda.
- ONCLE : Mais, tu n'es pas avec Junior ?
- DILANE : Non non tonton.
- ONCLE : Et il est parti où ?
- DILANE : Je ne sais même pas. On s'est à peine vu aujourd'hui.
- ONCLE : L'enfant là et les balades. J'espère que la journée était bien.
- DILANE : Oui oui.
- ONCLE : D'accord, vas-y te reposer, après tu dis à Marie-Louise de te donner à manger.
Au même moment qu'il le dit ma tante arrive aussi.
- TIFFANY : Il dit à Marie de le servir qu'elle est sa bonne ?
- ONCLE : Mais ça, c'est quel comportement de mauvais esprit ça...
Je ne voulais pas assister à leur chamaille, donc je suis parti.
J'étais dans ma chambre, couché sur mon lit en train de clavarder sur mon téléphone, ça faisait déjà un peu plus d'une heure que j'étais rentré. J'avais légèrement laissé ma porte entre rouverte quand, j’entendis des voix se rapprocher.
- MARIE LOUISE : La dernière fois que tu es venue ici, tu es rentrée sans même me dire au revoir. Hum ! Et le sort a alors voulu que ce soit moi encore qui vienne t’ouvrir notre portail cette fois.
- Je suis désolée, cette fois, je tâcherai de te dire au revoir quand je m’en irai.
J’avais directement reconnu cette voix, d’ailleurs mon cœur était déjà en alerte et justement, c’est Danielle qui entre dans ma chambre avec Marie-Louise.
- MARIE LOUISE : Dilane, ta petite amie qui ne dit pas au revoir est encore venue te voir.
Je n’avais pas eu besoin de la regarder longtemps pour comprendre que là, il s’agissait de Kaï-Lani, qui, une fois de plus avait pris possession du corps de Danielle.
Elle avait l’air naturelle et heureuse d’être là, mais dès le moment où ma cousine était sortie, elle entra dans une grosse panique.
- KAÏ-LANI : Dilane, cache-moi… Cache-moi, je t’en prie ! Ils ne doivent pas me retrouver, sinon ils vont m’anéantir pour de bon.
Je ne comprenais rien… C’était Kaï-Lani qui me demandait de l’aide… Quelques minutes après, c’était au tour de Junior d’entrer dans ma chambre sans même frapper.