Je suis certain que vous vous dites que ce monde n’est que cruauté et peut-être désolation. Permettez-moi de vous dévoiler que, pour l’avoir vu de mes propres yeux, je peux vous dire qu’on en a peur simplement parce que l’Homme a pour principe de se méfier de tout ce qui sort de l’ordinaire ou de l’habituel. Sinon, dans ce monde-là, ils nous voient comme nous les voyons, et vivent là-bas comme nous vivons ici. Et aussi prudent que nous le sommes face à eux, ils le sont tout aussi face à nous.
- KAÏ-LANI : Les voilà. Bon, tu m’attends ici, je vais t’annoncer.
Elle s’éloigne et se dirige vers un groupe de sirènes. Puis, quelques secondes plus tard, elle revient et me dit :
- KAÏ-LANI : C’est bon, tu peux venir… Suis-moi.
Je la suivis dans un ballet aquatique, fasciné par la grâce de ses mouvements et la beauté de ses amis sirènes et tritons qui m’accueillirent avec des sourires chaleureux. Des rires cristallins fusaient dans l’eau éclairée.
- Bienvenu parmi nous, Dilane, murmura une sirène. Ta présence est un cadeau.
- DILANE : Merci beaucoup.
- Je m’appelle Scylla.
- DILANE: Nice to meet you Scylla.
Elle retient sa main et le maintien dans son regard puis Kaï-Lani intervient avec la suite des présentations.
- KAÏ-LANI : C’est bon maintenant… Lâche sa main Scylla. Elle s’est Vashti et la timide là-bas c’est Aella.
- VASHTI : Ravi de t'avoir ici, elle nous a souvent parlé de toi.
- DILANE : Ah bon !?
- Bien trop souvent… Jusqu’à sa maladie. Dit une voix rauque derrière.
- KAÏ-LANI : Lui, c'est Glaucus et à côté de lui Nerée.
- DILANE : Enchanté les gars ! Dit-il nerveux. Vous semblez vouloir me taper.
- GLAUCUS : Quoi ? Mais non ! Détends-toi mon ami. Dit-il dans un rire.
Le temps s’était envolé au milieu de leurs rires et de leurs récits fascinants sur ce monde aquatique.
- C’est incroyable ! s’exclama Dilane, les yeux écarquillés d’émerveillement. Vous êtes tous si différents et pourtant vous semblez si unis. Tout le contraire des humains, croyez-moi.
- AELLA : L’océan nous rassemble, Dilane. Il est notre foyer, notre source de vie et d’inspiration.
- DILANE : C’est vraiment extraordinaire.
Je fus frappé par la chaleur des sourires qui m’accueillaient et la bienveillance qui se dégageait de chacun d’eux. Loin d’éprouver la moindre gêne, je me sentais comme chez moi,
- DILANE : Vos voix sont comme des mélodies envoûtantes !
S’exclama Dilane, subjugué par la beauté de ce nouveau monde.
- Viens danser avec nous, Dilane, et découvre la magie de notre monde ! l’invita une Vashti et Scylla.
Au rythme des claquements cadencés des nageoires des tritons, une valse aquatique se déroulait et j’y avais été entraîné par deux autres sirènes tout aussi magnifiques que Kaï-Lani.
Au bout d’un moment, Kaï-Lani s’approcha de moi et murmura à mon oreille :
- KAÏ-LANI : Il serait peut-être temps de rentrer.
Obéissant à ses paroles, je pris congé de tous avec un sourire chaleureux et nous quittâmes ce lieu. Sur le chemin du retour, je remarquai avec surprise qu’il restait encore un bon laps de temps avant l’aube. Mais avant que je puisse lui poser la question, Kaï-Lani prit la parole, un sourire énigmatique aux lèvres :
- KAÏ-LANI : Je voulais juste te présenter à mes amis… Mais tu n’allais quand même pas passer toute ta première soirée chez moi, entouré de mes amis ?
Son regard pétillait d’amusement.
- DILANE : Bien sûr que non ! Alors, où est-ce qu’on va maintenant ?
- KAÏ-LANI (de sa voix douce et mélodieuse) : Je t’emmène vers mon lieu secret, Dilane. Un lieu où la lune descend du ciel pour embrasser l’océan.
- DILANE (son cœur battant d’excitation) : Quoi ?! La lune descend ?
- KAÏ-LANI : Oui et on peut même la toucher.
- DILANE : Toucher la lune ?! Mais comment est-ce possible ça ?
- KAÏ-LANI (un sourire énigmatique illuminant son visage) : Tu verras. Ce soir, la lune est justement pleine et à son apogée, parée de sa splendeur la plus pure. Allez viens, suis-moi. On fait la course.
Elle s’élance dans une nageoire gracieuse, son corps ondulant, laissant derrière elle un sillage scintillant. Dilane, subjugué par sa beauté et son aura de mystère, se lance à sa poursuite, taillant l’eau avec une nouvelle vigueur.
- DILANE : Attends, Kaï-Lani ! Une course ? Mais c’est injuste ! Je ne connais même pas le chemin ! En je ne suis pas équipé comme toi.
- KAÏ-LANI (sa voix chuchotant à l’oreille de Dilane) : Alors, tu n’as qu’à essayer de me rattraper si tu en as les capacités.
En un éclair, elle s’éloigne, laissant derrière elle une traînée de bulles scintillantes et un sourire énigmatique gravé sur ses lèvres. Dilane, pantois, la regarde s’évanouir dans les profondeurs.
- DILANE (stupéfait) : Héééy ?! Comment as-tu fait ça ? Tu dois m’apprendre comment tu fais ça !
- KAÏ-LANI (avec un clin d’œil malicieux) : Rattrape-moi d’abord, et peut-être que je te le révélerai.
Ils se lancent dans une course poursuite aquatique, Kaï-Lani fendant les flots avec une grâce et une vélocité stupéfiante. Dilane s’efforce de suivre sa cadence, mais elle est plus rapide que lui, laissant derrière elle une vague d’écume scintillante.
Finalement, après un effort acharné, Dilane perd de vue Kaï-Lani et se retrouve tout seul.