Un diner chaleureux

836 Words
Le corps sans vie de ce poisson reposait à bord de la pirogue, sa silhouette argentée luisait sous les rayons du soleil. Ses nageoires en ruban ondulaient gracieusement, presque comme si elles dansaient au rythme des mouvements que faisait la pirogue sous l’effet des vagues. Sa peau lisse, dépourvue d’écailles, capturait la lumière, et lui conférant une aura presque surnaturelle. Dilane n’en était que plus que content. - DILANE (avec un air galvanisé) : Oh oh ohooo ! Tu as vu ça ? Mates moi un peu ce morceau, Junior ?! Ahahaaa, yes ! Pas mal pour un novice en pêche hein, n’est-ce pas ? Dit-il en faisant un jeu de sourcil. - JUNIOR : Ouais, ouais, on va mettle ça sur le compte de la chance du débutant. (Rapproche son regard de la prise). Mais je n’avais jamais vu un tel poisson. - DILANE : Ah bon ? En tout cas, j’espère qu’il est comestible. - JUNIOR : Il n’y a qu’une seule façon de le savoir. - DILANE : Je crois qu’on pense à la même chose… Rentrons vite. Je connais une recette que tu vas adorer. - JUNIOR : J’espère bien… Il ne faudrait pas le gaspiller. Nous avons alors très vite fait de rentrer afin de faire cuire ce poisson. De retour à la maison, l’excitation emplissait l’atmosphère alors que les frères, accompagnés de Marie-Louise, s’attelaient à la préparation du poisson. L’odeur saline de l’océan semblait toujours être accroché à leurs vêtements et se mêler aux effluves des herbes fraîches que Marie-Louise avait cueillies dans le jardin de sa mère. Le bruit régulier des couteaux sur la planche à découper rythmait la pièce, tandis que la vapeur parfumée qui s’échappait de la marmite emplissait l’air d’une promesse délicieuse. Après un peu plus de trente minutes d’attente qui leur parurent une éternité, le repas avec le poisson était enfin prêt. La vapeur tourbillonnante s’élevait de la marmite, libérant un parfum enivrant qui chatouillait leurs narines gourmandes. - DILANE : Voilà... C’est enfin le moment de vérité. - MARIE-LOUISE : Alors, qui goûte en premier ? - JUNIOR : Le pêcheur, naturellement. C'est sa prise. A lui l'honneur. - DILANE : Quoi ? Hein !? Mais... Pourquoi moi ? - JUNIOR : Bah… c’est ton poisson. C’est toi qui l’as pêché… Alors à toi l'honneur de le goûter en premier... En plus, c'est encore ta recette aussi. - DILANE : Mais... Mais... Mais... Une discussion animée éclata entre les deux frères devant la marmite fumante. Jusqu'à ce que Marie-Louise prenne la parole. - MARIE-LOUISE : Je ne sais pas ce que vous barbez trop dans mes oreilles là. Je vais goûter. Mais si je meurs à cause d’une intoxication alimentaire ici, vous en serez tous les deux responsables pour avoir laissé votre petite sœur goûter ce poisson qui semble absolument délicieux. Dilane et Junior regardent Marie-Louise qui prend un morceau et le met dans sa bouche. Les yeux rivés sur elle, ils se posent la même question : va-t-elle recracher ? Au bout de quelques secondes, Marie-Louise réagit. - MARIE-LOUISE : Oh mon Dieu ! Mais, qu’est-ce que c’est que ce... poisson ? (Elle reprend un morceau). Allez-y, goûtez ! Les palais de Dilane et Junior sont conquis par le goût du poisson. - JUNIOR : C’est incroyable… Je n’en crois pas... Ma langue. Je n’ai jamais mangé de poisson aussi bon. - DILANE : Moi aussi, c'est... C'est... Mince alors, je ne trouve pas le mot juste... Ahaha ! - MARIE-LOUISE : On sert ça pour le dîner. - DILANE : Ah oui, toute la maison doit goûter ça. Je n’arrivais pas à croire que j’avais pêché un poisson au goût si unique. J’étais néanmoins très heureux et, au fond de moi, j’espérais que Junior n’avait plus d’idée concernant Kaï-Lani en tête. Le soir venu, nous étions tous à table pour le dîner. - ONCLE : C’est encore quoi, ça ? D’où vient ce poisson ? - JUNIOR : On l’a pêché aujourd’hui, papa… - DILANE (se vantant) : Enfin, il veut dire par là que… J’ai pêché le poisson, tonton, pendant qu'il m'assistait. - ONCLE : Vraiment ? Donc, tu pêches déjà ? - JUNIOR : Oui, le vantard. Attention à ta tête, je la vois déjà grossir. Tout le monde se met à rire à table. Nous avions partagé ce repas tous ensemble dans une convivialité chaleureuse. Et, aussi étrange que cela puisse paraître, même ma belle-tante Tiffany avait été séduite et, pour la première fois, nous avions sympathisé malgré l’échange froid du matin. On aurait dit que ce poisson avait fait naître la bonne humeur chez tout le monde ce soir-là. Même après le dîner, nous étions restés jusqu’à tard dans la nuit à bavarder et à se raconter des histoires. Mais finalement, l’heure d’aller au lit arrive et tout le monde se dirige vers sa chambre. J’entre dans la mienne à pratiquement une heure passée. Et à peine avais-je verrouillé la porte que je ressentis la présence de Kaï-Lani.
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