Reprend ton cadeau

890 Words
Je ne voulais pas laisser passer ce jour sans lui remettre ce bijou. Je suis donc parti sans prévenir pour chercher la maison de cette camarade. Ce ne serait pas une tâche insurmontable. En effet, il arrivait parfois qu’on rentre à pied avec Junior, et je la voyais souvent entrer dans une maison à deux rues de chez nous. On habitait presque à côté l’un de l’autre. Je me suis rendu à son domicile et j’ai sonné. - Oui, c’est qui ? - DILANE : C’est Dilane. Camarade de classe de Danielle. Bizarrement, son prénom m’était revenu… Danielle. On ouvre le portail et c’est son petit-frère qui sort. - DILANE : Bonsoir, s'il te plaît, tu peux aller dire à Danielle que je suis là ? - D’accord… Je vais aller voir. Mais peut-être qu’elle dort hein. Quand elle est rentrée, elle semblait vraiment très fatiguée. - DILANE : Non ça va. Je vais l’attendre ici. Son petit frère est allé l’appeler. Je l’attends donc devant leur portail, qu’il a refermé avant de la chercher. Le portail s’ouvre à nouveau et je me retourne. C’est elle… Elle avait justement l’air de sortir du sommeil et ses traits étaient tirés. Quand elle me voit, la surprise se lit sur son visage. Surprise, sans doute parce que je faisais partie des dernières personnes qu’elle s’attendait à voir chez-elle. - DANIELLE : Bonjour ! Euh... Dilane ? C'est bien ton prénom non ? - DILANE : Oui… Oui, c’est moi ! - DANIELLE : Mais… Que puis-je faire pour toi ? Tu veux entrer ? Sa voix trahissait sa fatigue. Mais moi, je n’étais pas venu pour bavarder avec elle. Alors, je sors directement le bracelet de ma poche. - DILANE : Euh non… Je suis juste venu te rapporter ça. Je le lui tends. - DANIELLE : Okay… Qu’est-ce que c’est… Ça ? - DILANE : C’est à toi ! C’est ce que j’ai ramassé sur la plage. Elle le fixe du regard, sans l’effleurer. - DANIELLE : Bah non ! Il n’est pas à moi ! Tu te trompes de personne ! J’aurais dû me douter qu’elle n’était plus la même quand elle est sortie, son aura avait changé. Kaï-Lani ne la possédait plus. Danielle était déjà elle-même. Ma présence n’avait donc plus lieu d’être. - DILANE : Ah bon !? Excuse-moi, c’est vraiment idiot de ma part. Bon à plus ! - DANIELLE : Okay, on se voit en classe. Tu sais qu'on a une interro lundi non. - DILANE : Oui oui, je sais, bon à plus, il faut que j'y aille. Je sentais bien qu'elle voulait prolonger la conversation, mais j'étais déjà bien trop gêné, alors j'avais vite fait de partir. De retour dans ma chambre, je me suis précipité sur le lit et me suis jeté dessus. Je me perdais en conjectures sur la suite des événements. Une chose était sûre : tant que j’aurais ce bijou en ma possession, l’histoire ne pourrait pas se terminer. Je savais qu’elle finirait toujours par refaire surface, et ça, je ne le voulais plus jamais. Alors, une idée que je trouvais brillante me vint à l’esprit. Je suis sorti de ma chambre sans plus attendre et me suis dirigé vers la plage. Mon objectif était clair : lui rendre son bijou en le jetant dans l’océan. Arrivé sur la plage, je me suis placé à un endroit stratégique où les vagues ne pouvaient pas m'atteindre. J’ai alors élevé la voix et prononcé distinctement : - DILANE : Je n’en veux pas de ton cadeau ! Tiens, je te le renvoie ! Je lance le bijou de toutes mes forces le plus loin possible et fais demi-tour sans attendre. Je rentre chez moi. À peine entré, je tombe nez à nez avec Marie-Louise qui me dit : - MARIE-LOUISE : Ton ami là rentre seulement comme une voleuse ? Même pas un au revoir à celle qui l’a ouvert ? Le ton sec de ma réponse trahissait mon état d’énervement et de peur : - DILANE : Ce n’est pas mon ami. Empruntant l’escalier, je me suis dirigé vers ma chambre. Je me suis jeté sur le lit, mais une sensation désagréable me fit sursauter, comme si j’avais heurté un objet. En me levant pour en identifier la cause, j’ai découvert le bijou, gisant sur le lit. Sans réfléchir, je l’ai ramassé et me suis précipité à nouveau vers la plage pour le jeter. - DILANE : S’il te plaît, je t’ai dit que je ne voulais pas ! Alors COLLE-MOI UNE f****e PAIX ! UNE PAIX ROYALE ! Je l’ai jeté de toutes mes forces une nouvelle fois. Un nouveau lancer puissant, et le bijou a volé vers l’océan. Subitement, une vague colossale s’est abattue sur moi, me catapultant brutalement sur le sable. Je pensais pourtant être hors de portée des vagues. J’ai alors entendu pendant que j'étais encore par terre une voix fatiguée, celle d’un vieil homme, qui me disait : « On ne contrarie pas une sirène. Tu vas le regretter mon garçon. ». Puis, il s’en est allé. Trempé de la tête aux pieds, sans trop prêter grande attention aux bavardages d’un vieillard, je me suis empressé de rentrer chez moi et d’enfiler des vêtements secs. J’étais loin d’imaginer ce qui devait se passer cette nuit-là même.
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